"Laïcité, Inch'Allah !" (Tunisie)

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rayaan

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Message Sujet: "Laïcité, Inch'Allah !" (Tunisie)

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Message Ecrit le 13 Jan 2014, 19:06

Un bel article sur la corruption des femmes musulmanes par l'empire coliniale français.

Ayons les femmes, le reste suivra

En 1959, Frantz Fanon, psychiatre et écrivain, figure de l’anticolonialisme écrivait un livre qui fit date « L’an V de la révolution algérienne ». Dans l’extrait qui suit, il y décrit le processus de destruction de la société algérienne au travers du dévoilement de la femme.

Avec le voile, les choses se précipitent et s’ordonnent. La femme algérienne est bien aux yeux de l’observateur : « Celle qui se dissimule derrière le voile. »

Nous allons voir que ce voile, élément parmi d’autres de l’ensemble vestimentaire traditionnel algérien, va devenir l’enjeu d’une bataille grandiose, à l’occasion de laquelle les forces d’occupation mobiliseront leurs ressources les plus puissantes et les plus diverses, et où le colonisé déploiera une force étonnante d’inertie. La société coloniale, prise dans son ensemble, avec ses valeurs, ses lignes de force et sa philosophie, réagit de façon assez homogène en face du voile. Avant 1954, plus précisément, depuis les années 1930-1935, le combat décisif est engagé. Les responsables de l’administration française en Algérie, préposés à la destruction de l’originalité d’un peuple, chargés par les pouvoirs de procéder coûte que coûte à la désagrégation des formes d’existence susceptibles d’évoquer de près ou de loin une réalité nationale, vont porter le maximum de leurs efforts sur le port du voile, conçu en l’occurrence, comme symbole du statut de la femme algérienne. Une telle position n’est pas la conséquence d’une intuition fortuite. C’est à partir des analyses des sociologues et ethnologues que les spécialistes des affaires dites indigènes et les responsables des Bureaux arabes coordonnent leur travail. A un premier niveau, il y a une reprise pure et simple de la fameuse formule : « Ayons les femmes, le reste suivra. » Cette explicitation se contente simplement de revêtir une allure scientifique avec les « découvertes » des sociologues.

Sous le type patrilinéaire de la société algérienne, les spécialistes décrivent une structure par les occidentaux comme une société de l’extériorité, du formalisme et du personnage. La femme algérienne, intermédiaire entre les forces obscures et le groupe, paraît alors revêtir une importance primordiale. Derrière le patriarcat visible, manifeste, on affirme l’existence, plus capitale, d’un matriarcat de base. Le rôle de la mère algérienne, ceux de la grand-mère, de la tante, de la « vieille » sont inventoriés et précisés.

L’administration coloniale peut alors définir une doctrine politique précise : « Si nous voulons frapper la société algérienne dans sa contexture, dans ses facultés de résistance, il nous faut d’abord conquérir les femmes ; il faut que nous allions les chercher derrière le voile où elles se dissimulent et dans les maisons où l’homme les cache. » C’est la situation de la femme qui sera alors prise comme thème d’action.

L’administration dominante veut défendre solennellement la femme humiliée, mise à l’écart, cloîtrée… On décrit les possibilités immenses de la femme, malheureusement transformée par l’homme algérien en objet inerte, démonétisé, voire déshumanisé. Le comportement de l’Algérien est dénoncé très fermement et assimilé à des survivances moyenâgeuses et barbares. Avec une science infinie, la mise en place d’un réquisitoire-type contre l’Algérien sadique et vampire dans son attitude avec les femmes, est entreprise et menée à bien. L’occupant amasse autour de la vie familiale de l’Algérien tout un ensemble de jugements, d’appréciations, de considérants, multiplie les anecdotes et les exemples édifiants, tentant ainsi d’enfermer l’Algérien dans un cercle de culpabilité.

Des sociétés d’entraide et de solidarité avec les femmes algériennes se multiplient. Les lamentations s’organisent. « On veut faire honte à l’Algérien du sort qu’il réserve à la femme. » C’est la période d’effervescence et de mise en application de toute une technique d’infiltration au cours de laquelle des meutes d’assistantes sociales et d’animatrices d’œuvres de bienfaisances se ruent sur les quartiers arabes.

C’est d’abord le siège des femmes indigentes et affamées qui est entrepris. A chaque kilo de semoule distribué correspond une dose d’indignation contre le voile et la claustration. Après l’indignation, les conseils pratiques. Les femmes algériennes sont invitées à jouer un « rôle fondamental, capital » dans la transformation de leur sort. On les presse de dire non à une sujétion séculaire. On leur décrit le rôle immense qu’elles ont à jouer. L’administration coloniale investit des sommes importantes dans ce combat. Après avoir posé que la femme constitue le pivot de la société algérienne, tous les efforts sont faits pour en avoir le contrôle. L’Algérien, est-il assuré, ne bougera pas, résistera à l’entreprise de destruction culturelle menée par l’occupant, s’opposera à l’assimilation, tant que sa femme n’aura pas renversé la vapeur. Dans le programme colonialiste, c’est à la femme que revient la mission historique de bousculer l’homme algérien. Convertir la femme, la gagner aux valeurs étrangères, l’arracher à son statut, c’est à la fois conquérir un pouvoir réel sur l’homme et posséder les moyens pratiques, efficaces, de destructurer la culture algérienne.

Encore aujourd’hui, en 1959, le rêve d’une totale domestication de la société algérienne à l’aide des « femmes dévoilées et complices de l’occupant », n’a pas cessé de hanter les responsables politiques de la colonisation.

Le travail d’approche est également réalisé dans les établissements scolaires. Assez rapidement, les enseignants, à qui les parents ont confié les enfants prennent l’habitude de porter un jugement sévère sur le sort de la femme dans la société algérienne. « On espère fermement que vous au moins serez assez fortes pour imposer votre point de vue.. ». Des écoles de « jeunes filles musulmanes » se multiplient. Les institutrices ou les religieuses, à l’approche de la puberté de leurs élèves, déploient une activité véritablement exceptionnelle. Les mères sont d’abord touchées, assiégées et on leur confie leur mission d’ébranler et de convaincre le père. On vante la prodigieuse intelligence de la jeune élève, sa maturité ; on évoque le brillant avenir réservé à ces jeunes avidités, et l’on n’hésite pas à attirer l’attention sur le caractère criminel d’une éventuelle interruption de la scolarité de l’enfant. On accepte de faire la part des vices de la société colonisée et l’on propose l’internat à la jeune élève, afin de permettre aux parents d’échapper aux critiques « de voisins bornés ». Pour le spécialiste des affaires indigènes, les anciens combattants et les évolués sont les commandos chargés de détruire la résistance culturelle d’un pays colonisé. Aussi, les régions sont-elles répertoriées en fonction du nombre d’« unités actives » d’évolution, donc d’érosion de la culture nationale qu’elles renferment.

Les hommes algériens, pour leur part, font l’objet des critiques de leurs camarades européens ou plus officiellement de leurs patrons. Il n’est pas un travailleur européen qui, dans le cadre des relations interpersonnelles du chantier, de l’atelier ou du bureau, ne soit amené à poser à l’Algérien les questions rituelles : « Ta femme est-elle voilée ? Pourquoi ne te décides-tu pas à vivre à l’européenne ? Pourquoi ne pas emmener ta femme au cinéma, au match, au café ? »

Avec l’intellectuel algérien, l’agressivité apparaît dans toute sa densité. Le fellah, « esclave passif d’un groupe rigide » trouve une certaine indulgence devant le jugement du conquérant. Par contre, l’avocat et le médecin sont dénoncés avec une exceptionnelle vigueur. Ces intellectuels, qui maintiennent leurs épouses dans un état de semi-esclavage, sont littéralement désignés du doigt. La société coloniale s’insurge avec véhémence contre cette mise à l’écart de la femme algérienne. On s’inquiète, on se préoccupe de ses malheureuses, condamnées « à faire des gosses », emmurées, interdites.

En face de l’intellectuel algérien, les raisonnements racistes surgissent avec une particulière aisance. Tout médecin qu’il est, dira-t-on, il n’en demeure pas moins arabe… « Chassez le naturel, il revient au galop »… Les illustrations de ce racisme-là peuvent être indéfiniment multipliées. En clair, il est reproché à l’intellectuel de limiter l’extension des habitudes occidentales apprises, de ne pas jouer son rôle de noyau actif de bouleversement de la société colonisée, de ne pas faire profiter sa femme des privilèges d’une vie plus digne et plus profonde… Dans les grandes agglomérations, il est tout à fait banal d’entendre un Européen confesser avec aigreur n’avoir jamais vu la femme d’un Algérien qu’il fréquente depuis vingt ans. A un niveau d’appréhension plus diffus, mais hautement révélateur, on trouve la constatation amère que « nous travaillons en vain »… que « l’Islam tient sa proie. »

En présentant l’Algérien comme une proie que se disputeraient avec une égale férocité l’Islam et la France occidentale, c’est toute la démarche de l’occupant, sa philosophie et sa politique qui se trouvent ainsi explicitées. Cette expression indique en effet que l’occupant, mécontent de ses échecs, présente de façon simplifiante et péjorative, le système de valeurs à l’aide duquel l’occupé s’oppose à ses innombrables offensives.

Les forces occupantes, en portant sur le voile de la femme algérienne le maximum de leur action psychologique, devaient évidemment récolter quelques résultats. Cà et là il arrive donc que l’on “sauve” une femme qui, symboliquement, est dévoilée.

Ces femmes-épreuves, au visage nu et au corps libre, circulent désormais, comme monnaie forte dans la société européenne d’Algérie. Il règne autour de ces femmes une atmosphère d’initiation. Les Européens surexcités et tout à leur victoire, par l’espèce de transe qui s’empare d’eux, évoquent les phénomènes psychologiques de la conversion. Et de fait, dans la société européenne, les artisans de cette conversion gagnent en considération. On les envie. Ils sont signalés à la bienveillante attention de l’administration.

Les responsables du pouvoir, après chaque succès enregistré, renforcent leur conviction dans la femme algérienne conçue comme support de la pénétration occidentale dans la société autochtone. Chaque voile rejeté découvre aux colonialistes des horizons jusqu’alors interdits, et leur montre, morceau par morceau, la chair algérienne mise à nu. L’agressivité de l’occupant, donc ses espoirs, sortent décuplés en voie de dislocation après chaque visage découvert. Chaque nouvelle femme algérienne dévoilée annonce à l’occupant une société algérienne aux systèmes de défense en voie de dislocation, ouverte et défoncée. Chaque voile qui tombe, chaque corps qui se libère de l’étreinte traditionnelle du haïk, chaque visage qui s’offre au regard hardi et impatient de l’occupant, exprime en négatif que l’Algérie commence à se renier et accepte le viol du colonisateur. La société algérienne avec chaque voile abandonné semble accepter de se mettre à l’école du maître et décider de changer ses habitudes sous la direction et le patronage de l’occupant.

Mais également il y a chez l’Européen cristallisation d’une agressivité, mise en tension d’une violence en face de la femme algérienne. Dévoiler cette femme, c’est mettre en évidence la beauté, c’est mettre à nu son secret, briser sa résistance, la faire disponible pour l’aventure. Cacher le visage, c’est aussi dissimuler un secret, c’est faire exister un monde du mystère et du caché. Confusément, l’Européen vit à un niveau fort complexe sa relation avec la femme algérienne. Volonté de mettre cette femme à portée de soi, d’en faire un éventuel objet de possession.

Cette femme qui voit sans être vue frustre le colonisateur. Il n’y a pas réciprocité. Elle ne se livre pas, ne se donne pas, ne s’offre pas. L’Algérien a, à l’égard de la femme algérienne, une attitude dans l’ensemble claire. Il ne la voit pas. Il y a même volonté permanente de ne pas apercevoir le profil féminin, de ne pas faire attention aux femmes. Il n’y a donc pas chez l’Algérien, dans la rue ou sur une route, cette conduite de la rencontre intersexuelle que l’on décrit aux niveaux du regard, de la prestance, de la tenue musculaire, des différentes conduites troublées auxquelles nous a habitués la phénoménologie de la rencontre.

L’Européen face à l’Algérienne veut voir. Il réagit de façon agressive devant cette limitation de sa perception. Frustration et agressivité ici encore vont évoluer de façon permanente.

L’agressivité va se faire jour, d’abord dans des attitudes structuralement ambivalentes et dans le matériel onirique que l’on met en évidence indifféremment chez l’Européen normal ou souffrant de troubles névropathiques.

Il faut signaler l’attitude fréquente, principalement des Européennes, à l’égard d’une particulière catégorie d’évoluées. Certaines femmes algériennes dévoilées, avec une rapidité étonnante et une aisance insoupçonnées réalisent de parfaites occidentales. Les femmes européennes ressentent une certaine inquiétude devant ces femmes. Frustrées devant le voile, elles éprouvent une impression analogue devant le visage découvert, ce corps audacieux, sans gaucherie, sans hésitation, carrément offensif. La satisfaction de diriger l’évolution, de corriger les fautes de la dévoilée est non seulement retirée à l’Européenne, mais elle se sent mise en danger sur le plan de la coquetterie, de l’élégance, voire de la concurrence de cette….

Novice muée en professionnelle, catéchumène transformée en propagandiste, la femme algérienne met en question l’Européenne. Cette dernière n’a d’autre ressource que de rejoindre l’Algérien qui avait avec férocité, rejeté les dévoilées dans le camp du mal et de la dépravation. « Décidément, diront les Européennes, ces femmes dévoilées sont tout de même des amorales et des dévergondées. » L’intégration, pour être réussie, semble bien devoir n’être qu’un paternalisme continué, accepté.

Phoenixpb

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Message Ecrit le 13 Jan 2014, 19:06

rayaan a écrit:Sur des échantillons de 2000 à 3500 personnes. C'est sûr que si tu interroge 3000 personnes qui fréquentent des milieux très occidentalisé ( grosses entreprises, banques, universités ) tu aura ce genre de résultat.
J'te fais le même sondage sur 100000 personnes à la sortie des mosquées et je suis sûr que le resultat est different.


Probablement, j'ai aussi trouvé que le panel de personnes était trop faible.

yacoub

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Message Ecrit le 28 Déc 2016, 09:25

Brest : Le tunisien Mbarki égorge son frère en plein jour dans l’enclave musulmane de Pontanézen

Posted by La Rédaction on 25th décembre 2016 | 942 views

BREIZATAO – NEVEZINTIOU (25/12/2016) Après l’attaque au couteau devant l’hôpital Morvan il y a quelques jours (voir ici), Brest a une nouvelle fois été le théâtre d’une attaque à l’arme blanche la veille de Noël. La victime, un tunisien de confession musulmane, a été égorgée à mort par son frère dans l’enclave allogène de Pontanezen.

Le Télégramme (source) :

“ Les faits se sont déroulés peu après 13 h ce samedi, dans le quartier de Kerbernard, derrière le centre commercial du Phare de l’Europe, à Brest. Âgé de 27 ans, Fadel Mbarki a reçu un coup de couteau à la carotide. Il se trouvait alors sur le palier de son immeuble situé au 26 rue Léon-Nardon. L’auteur du coup serait son frère, de huit ans son aîné.


Et encore :

“ Le témoin a alors immédiatement appelé le 17. Des passants se sont attroupés. Une ambulance privée qui passait par là s’est spontanément arrêtée et les ambulanciers ont tenté de lui prodiguer les premiers soins en attendant l’arrivée des pompiers, du Smur et de la police. Les secours n’ont pu le réanimer. Le frère de la victime était à genoux à côté de lui, en pleurs, quand les enquêteurs sont arrivés sur place. Il a été conduit au commissariat central et placé en garde à vue.


L’esprit de Noël semble se dissiper à mesure que la démographie des quartiers de la ville se modifie. C’est dans le même quartier de Pontanezen qu’officie le prédicateur salafiste Rachid Abou Houdeyfa.

yacoub

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Message Ecrit le 02 Jan 2017, 11:16

Trilinguisme en Tunisie : un sujet qui dérange

Depuis des années, je m’occupe en tant que linguiste et philologue de la langue parlée par mes étudiants tunisiens.
Un sujet qui n’a jamais pu être abordé sérieusement et « pacifiquement » à cause de la dictature qu’on a vécue pendant 23 ans sous le régime Ben Ali.
Un sujet qui dérange énormément tous les panarabistes convaincus, mais comme tous les sujets dérangeants, ceci mérite une analyse approfondie et honnête.
Le problème de la langue est une priorité de notre gouvernement.
Mais de quelle langue parle-t-on ?
La complexité linguistique en Tunisie touche profondément à la politique, au niveau culturel de nos jeunes et aux innombrables défaillances du système éducatif.
Partons donc du principe que chaque peuple peut avoir une, deux, voire trois langues officielles et/ou maternelles. Prenons l’exemple des Maltais, des Belges, des Suisses, des Luxembourgeois et d’un nombre considérable de peuples africains.
La langue maternelle est celle avec laquelle nous nous exprimons tous les jours, parlée sur tout le territoire national et avec laquelle j’exprime tous mes états d’âme : la joie, l’amour, mais aussi la rage, les chagrins…
Ma langue est celle que j’utilise quotidiennement et sans aucune imposition, avec mes parents, mes amis, mes professeurs, mes collègues de bureau etc.
Nous les Tunisiens, utilisons dans tous ces circonstances là, notre langue maternelle qui est le TUNISIEN.
Oui j’ai bien dit le tunisien ou l’arabe tunisien pour faire plaisir à ceux ou celles qu’en lisant mon article, commencent à faire des grimaces en signe de désaccord.
Le Tunisien est une langue. Le Tunisien n’est pas un dialecte.
Tous les critères linguistiques sont respectés, car le Tunisien possède toutes les règles propres à une langue avec sa propre grammaire, que beaucoup ignorent ou veulent bien ignorer.
La langue est le miroir de tout peuple et de toute nation. La langue vit grâce aux apports extérieurs qui en font leur richesse.
La langue reflète notre identité culturelle et l’appartenance à une région géographique et/ou à un régime politique.
Si nous prenons l’exemple des pays du Maghreb, nous pouvons nous rendre compte que chaque pays possède sa propre culture à laquelle tient énormément et que grâce à celle là, il peut se différencier des autres.
Cette différence culturelle s’exprime essentiellement par sa langue.
A titre d’exemple citons le Maroc ou l’Algérie qui ont une culture et une langue propre à eux qui les rendent différents de la Tunisie.
Pourquoi alors on continue à refuser notre langue tunisienne et nous nous obstinons à considérer comme seule langue maternelle, la langue arabe ?
Une des innombrables réponses est sans aucun doute le panarabisme et sa dictature.
Ce mouvement politique, culturel et idéologique fortement séculier qui vise à unifier les peuples arabes, se proposant comme le défenseur de l’identité arabe.
Mais de quoi parle-t-on ?
Unification des peuples arabes ?
Défense de l’identité arabe ?
Vous avez déjà vu les peuples arabes unis ?
Vous avez déjà vu une unité politique, culturelle et idéologique entre les pays arabes ?
Tout ça relève du faux et surtout après le 14 janvier où le soulèvement des masses arabes et notamment tunisienne ont souligné encore une fois cette différence culturelle et linguistique.
Rappelez-vous que notre « mot d’ordre révolutionnaire » a été DEGAGE.
Nous nous sommes exprimés donc dans notre deuxième langue, qui est le français.
Notre voisin, la Libye ne s’est exprimée ni dans cette langue-là, ni sa façon de lutter contre le dictateur a été la même.
Sa démarche pour la conquête de la démocratie a été et continue à être totalement différente de la nôtre.
Et pourtant on est des voisins !!!
Pour revenir maintenant au système éducatif, le manque d’une identité linguistique crée un grand problème au niveau culturel et identitaire chez nos jeunes.
Cette recherche de l’identité expliquerait donc à mon avis, les incompétences linguistiques de nos étudiants, qu’une fois arrivés à l’Université n’ont aucune maîtrise de l’arabe, leur langue soi-disant maternelle, ni du français, leur deuxième langue.
L’écolier, le lycéen, l’étudiant, doivent avoir la possibilité de s’exprimer, d’écrire et d’étudier dans leur vraie langue maternelle, le tunisien et aussi le français.
Ce sont les seules deux langues en Tunisie, qui ne sont pas statiques et qui évoluent tous les jours avec l’apport de néologismes liés à l’informatique, à la science, à la médecine etc.
La langue arabe classique, est par contre statique, liée au religieux et ne respecte pas le principe fondamental de la linguistique, c’est à dire l’évolution.
Notre système éducatif a un besoin urgent d’être adapté aux exigences de nos jeunes auxquels on a imposé une arabisation sauvage et indiscriminée, dévalisant leurs cerveaux de toute sorte de connaissance et d’esprit critique.
Il s’agit d’une spoliation du savoir voulu expressément par le régime dictatorial qui a su créer une masse d’analphabètes diplômés, nuls en arabe, nuls en français et privés de toute forme d’esprit critique et d’analyse.
Je me demande comment peut-on avoir un bon niveau culturel et linguistique quand nos étudiants se trouvent face à trois langues « nationales non déclarées ».
Ils parlent leur langue, le tunisien, mais celle ci n’est pas officielle, on les oblige à écrire en arabe littéraire qui a tous les caractéristiques d’une langue étrangère, et on leur fait suivre des cours en français.
Cette dernière, le français, demeure la langue de la culture, de l’élite, de l’informatique, mais aussi de l’enseignement et passeport pour l’Europe pour tous les désireux de continuer leurs études sur le vieux continent.
Nous sommes tous responsables de la baisse du niveau culturel et intellectuel.
Le nouveau gouvernement doit remédier à tout cela et se mettre dès maintenant au travail.
Nous les universitaires, ne pouvons plus tolérer cette schizophrénie linguistique qui voit des matières enseignées en arabe littéraire au collège, pour passer ensuite au lycée en français.
Il faut donc se décider une fois pour toutes et choisir entre l’hypocrisie du panarabisme et l’incompétence, optant ainsi pour une arabisation généralisée de notre système, ou bien le développement de l’esprit critique et d’analyse propre à une démocratie qui passe par une francisation complète de l’enseignement, arrêtant définitivement de considérer le français comme la langue du colonisateur.
Celles-ci ne sont que de réflexions désuètes et stupides.
Il faut donner au français et au tunisien le statut qu’ils méritent si on veut vraiment avancer dans la lutte contre l’ignorance et l’illettrisme.
Alfonso Campisi est Maître de conférences en Philologie romane, Directeur du département d’Italien à l'Université de Tozeur ISEAH – Tunisie

yacoub

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Message Ecrit le 04 Jan 2017, 10:43

Convertie à l’hindouisme, Samira Karkar sera inhumée selon le rite musulman

02 Jan 2017 | 14:48 SOCIETE, Tunisie 5

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La veuve de feu Salah Karkar, co-fondateur du mouvement islamiste tunisien, décédée le 30 décembre 2016, sera enterrée au carré musulman du cimetière municipal d’Annecy (France).

Le corps de Samira Karkar née Labidi, qui s’était convertie à l’hindouisme en 2005, ne sera pas incinéré, comme elle l’a souhaité de son vivant, mais inhumé selon le rite musulman. C’est ce qu’a indiqué son fils, Jaafar Karkar, qui vit en Hollande, cité par « Akherkhabaronline ».

Rappelons que Salah Karkar, cofondateur du Mouvement de la Tendance islamique (MTI), devenu Ennahdha, avait purgé 3 ans de prison (entre 1981 et 1984), avant d’être condamné à mort en 1987, et de partir en exil, en France.

Le 15 janvier 2005, il a été victime d’un accident vasculaire cérébral qui lui a laissé de lourdes séquelles. La même année, son épouse, Samira Karkar, s’est convertie à l’hindouisme.

Rentré le 19 juin 2012 en Tunisie, Salah Karkar a assisté, un mois après, au congrès d’Ennahdha et a été élu membre du conseil de la choura. Trois mois plus tard, le 20 octobre, il a rendu le dernier souffle et a été enterré au cimetière de son village natal, dans le Sahel tunisien.

On ne respecte pas la volonté de la morte.


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