La santé par la science, la santé par l'esprit

Le bahaïsme est une religion abrahamique et monothéiste, proclamant l’unité spirituelle de l’humanité.


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Message Sujet: La santé par la science, la santé par l'esprit

Message Titre du message: La santé par la science, la santé par l'esprit

Message Ecrit le 17 Oct 2016, 08:39

Par Docteur Farhan YAZDANI

http://www.bahai-biblio.org/centre-doc/ ... esprit.htm

1. Une science dans son enfance

Puisque la foi baha'ie prône la complémentarité entre la science et la religion, il n'est pas étonnant de lire cette injonction dans l'Aqdas, le livre des lois de Baha'u'llah:

"En cas de maladie, consultez des médecins compétents ; nous n'avons pas rejeté l'usage des moyens matériels ; au contraire, nous l'avons confirmé par cette Plume dont Dieu a fait l'aurore de sa cause glorieuse et resplendissante." (1)

Ce qui est significatif, c'est la place d'honneur accordée par une religion à la science médicale, en tête de toutes les sciences:

«Cette connaissance est la plus importante de toutes les sciences, car elle est le meilleur moyen donné par Dieu - celui qui donne la vie à la poussière - pour préserver les corps des hommes. Il l'a placée au premier rang de toute science et de toute sagesse» (2)

Cette obligation de consulter un médecin, faite aux baha'is dans l'Aqdas, le livre des lois spirituelles de Baha'u'llah, est également soulignée par Abdu'l-Baha, Son fils et interprète de ses écrits de 1892 à 1921. Par exemple, dans une lettre à un croyant il dit de façon catégorique:

«... tu m'as écrit au sujet de ta mauvaise vue. Selon les écritures divines explicites, les malades doivent s'adresser à un médecin. Ce décret est décisif et tous sont tenus de l'observer : ... tu dois consulter le plus habile et le plus notoire des spécialistes des yeux.» (3)

Et encore ailleurs:

Conformément au décret explicite de Baha'u'llah, nul ne doit se détourner de l'avis d'un médecin compétent. Il est impératif d'en consulter un, même si le malade lui-même est un praticien éminent et renommé. En bref, il s'agit pour vous de préserver votre santé en consultant un médecin hautement qualifié. (4)

De nombreuses injonctions de Shoghi Effendi, le gardien de la Foi baha'ie de 1921 à 1957 insistent également sur ce même thème :

«... Vous devez toujours avoir présent à l'esprit les instructions de Baha'u'llah impliquant qu'en cas de maladie, si bénigne soit-elle, nous devons toujours solliciter l'aide et le conseil du plus compétent des médecins.» (5)

«... Vous avez sûrement bien agi de lui conseiller d'emmener sa fille à l'hôpital et de lui procurer le meilleur traitement que la science médicale puisse offrir, aussi critique et désespéré que les médecins aient pu juger son cas. Ce faisant, vous vous êtes conformé pleinement au conseil si souvent et si tendrement donné par Baha'u'llah : en cas de maladie nous devons invariablement consulter et suivre le traitement des médecins compétents et consciencieux.» (6) Cependant, quant à la définition de la "meilleure médecine" disponible et de la "compétence" on note qu'une certaine souplesse est de mise :

«Dans les enseignements Baha'is il est rendu très clair qu'en cas de maladie on doit solliciter le meilleur conseil médical disponible. Naturellement, ceci laisse l'individu libre de choisir ce qu'il considère comme une bonne opinion médicale». (7)

Cette souplesse ne fait aucune dérogation quant à la nature "scientifique" de la médecine :

« Il n'y a pas de "guérisseur" Baha'i... Baha'u'llah dit qu'il faut consulter les meilleurs médecins, autrement dit, ceux qui ont étudié un système médical scientifique... tant que votre guérison n'est pas en contradiction avec ces principes ; tant que vous n'essayez pas de remplacer le médecin habituel... mais que vous essayez simplement de donner votre genre d'assistance par des suggestions constructives... le Gardien ne voit pas de mal à ce que vous continuiez votre aide aux autres...
La prière, sans doute, aidera le monde, mais ce dont il a besoin, c'est d'accepter le système de Baha'u'llah afin de construire l'Ordre Mondial sur une nouvelle fondation : une fondation divine.» (8)

* Les Armées de la Confirmation Divine

Nous examinerons plus loin la notion de "scientifique", mais la foi baha'ie nous verrons d'abord, ne néglige en rien la dimension spirituelle de l'individu tout comme les besoins spirituels de la société dont dépend la survie de chaque individu. Cette double appartenance de la vie humaine, une vie matérielle élaborée sur une "fondation divine" mérite attention afin de mieux comprendre l'interface entre la vie de l'esprit et celui du corps. La réponse se trouve dans l'action !

Pour mieux éclairer notre compréhension de cette interface nous proposons d'étudier les propos du Dr Youness Afroukhteh, surnommé "Youness Khan" ou encore "Jinabé Khan". Commençant sa carrière comme un employé de banque, il devint secrétaire d’ ‘Abdu’l-Baha durant neuf ans (1900-1909) avant de se voir envoyer par Lui à Beyrouth pour faire des études. Alors qu'il se trouvait un penchant pour la philosophie et il lui manquait les bases pour des études scientifiques, il accepta à l'âge de 35 ans les conseils d'Abdu'l-Baha et s'engagea dans les études de médecine. Transi par des hésitations, les encouragements du Maître lui firent penser à la confiance inconditionnelle d'Abraham face à la demande invraisemblable du Seigneur lui réclamant le sacrifice de son fils. Imprégné de cette assurance, il s'inscrivit dans la prestigieuse école de médecine française de Beyrouth. De cette expérience insolite il écrit dans ses mémoires:

«Je savais avec certitude que j'avais réussi mes études de médecine et qu'en fait j'étais devenu un médecin talentueux... Le Maître exposa Son approche et commença à me donner des instructions spécifiques quant à la manière d'attirer la confirmation Divine et de renforcer les pouvoirs de la persévérance.
Concernant la puissance créée par la concentration de mes forces en un point unique et l'application d'une seule idée, sans être encombré par d'autres, il m'a donné de merveilleux exemples dont je ne me souviens plus. Cependant, quant à l'importance de la persévérance, dans l'accomplissement de n'importe quelle tâche, je L'ai entendu réitérer une exhortation que j'avais fréquemment entendue de Ses lèvres : «Dans toute entreprise, la confirmation divine dépend entièrement de l'action. Persévère, afin que les armées de la bonté divine puissent t'assister," étaient ses mots. Je me souviens même, qu'en prenant Dieu à témoin, Il a dit : "Les armées de la bénédiction divine sont en place derrière cette fenêtre même, attendant que tu agisses. Si tu n'entres pas dans l'arène du service, à quoi peuvent servir les armées de la confirmation divine ? Si le commandant de l'armée reste indolent et passif, comment l'armée peut-elle remporter la victoire ?» (9)

Alors que les moyens matériels lui faisaient totalement défaut, avec en poche les 10 Livres qu'Abdu'l-Baha lui avait donnés, un pécule à peine suffisant pour quelques jours, il s'engage et devant lui les obstacles s'effacent de jour en jour alors qu'il se distingue parmi tous les élèves.

Ainsi, si l'action sans motivation peut conduire à l'échec, la motivation seule sans un engagement dans l'action ne peut rien obtenir. C'est la motivation, générée par la prière, la méditation, la foi et la persévérance, alliée à l'action, qui attire les moyens matériels qui conduisent à la réussite.


2. La Complémentarité

La passivité contemplative n'est nullement de mise dans la Foi baha'ie; on qu' ‘Abdu'l-Baha parcourait le sentier spirituel avec des pieds pratiques. La phrase d'ouverture de l'Aqdas nous rappelle que la reconnaissance de la Manifestation Divine et l'application de ses préceptes sont deux devoirs inséparables, et dans la courte prière obligatoire nous attestons avoir été créés pour connaître Dieu et pour l'adorer. Lorsque nous savons que notre prochain est fait à l'image de Dieu, nous comprenons qu'adorer Dieu est synonyme d'adorer et servir son prochain. Du reste, le Christ nous apprend que les deux premiers commandements, celui qui nous enjoint d'aimer Dieu, et celui qui prône l'amour de notre prochain, sont identiques. Or la compétence professionnelle est une forme d'adoration, et Abdu'l-Baha décrit le service à l'humanité comme en étant la forme la plus élevée. (10)

Ainsi, les prières doivent être traduites en action : agir sans inspiration peut faire des dégâts et s'inspirer dans la prière, sans s'engager dans action est une perte. La maxime anglo-saxonne dit : «Do your very best, and then let God do the rest». (11) .

Trop souvent, ayant découvert un moyen de soin efficace, nous faisons l'erreur de vouloir l'appliquer "à toutes les sauces". On voit des personnes partisanes de tel ou tel type médecine, à l'exclusion des autres. Or les divers moyens de guérison sont complémentaires et pas toujours interchangeables. L'avion, la pirogue, le vélo, le train, et le taxi sont tous des moyens de transport efficaces, mais chacun est adapté à un usage précis. L'avion et le vélo ne conviennent pas aux mêmes circonstances. Parfois même, une étape du voyage se ferait en train, puis l'autre en avion pour finir en taxi. Il en est de même pour la santé: la chirurgie, la diète et la spiritualité sont des moyens essentiels et complémentaires, mais insuffisants.

Nous ne pouvons établir scientifiquement une action directe de spiritualité sur la vie matérielle pour produire des miracles, mais nous pouvons aisément considérer que la prière et l'attitude pieuse peuvent servir d'aiguillons qui poussent les scientifiques à investir leurs compétences dans la voie de service à l'humanité au lieu de les engager dans la voie d'ambitions égoïstes ou des armes destructrices.

Le récit de Juliette Thompson sur le repas de midi d'Abdu'l-Baha un mardi 23 avril 1912, nous éclaire à ce sujet. Mme Agnes Parsons chez qui recevait pour ce repas avait été membre de l'église "Christian Scientists" avant de devenir baha'i. Ainsi, elle amena la question de la suggestion mentale en tant que remède aux maladies physiques. Le Maître répondit que certaines maladies, telles la tuberculose et la folie qui provenaient d'une cause spirituelle comme, par exemple, le chagrin, pourraient être guéris par l'esprit. Mais Mme Parsons insista, en demandant si les cas physiques extrêmes, comme les fractures ne pourraient aussi guérir par l'esprit. Un grand bol de salade avait été placé devant le Maître qui était assis en tête de table, …. En riant il répondit:

"Si tous les esprits dans l'air se confédéraient, ils ne pourraient créer une salade! Néanmoins, l'esprit de l'homme est puissant. L'esprit de l'homme peut prendre son essor dans le firmament de la connaissance, découvrir les réalités, octroyer la vie, recevoir les Bonnes Nouvelles Divines." Il ria à nouveau en ajoutant: "N'est pas cela plus important que de fabriquer de la salade?" . (12)

Ainsi, si l'esprit n'agit pas directement sur la matière, l'inspiration et la confirmation divine qui en découlent peuvent conduisent à la connaissance qui est à l'origine des "miracles" de la science. Il en découle que les démarches des hommes de science doivent se situer dans le cadre d'une inspiration spirituelle; Baha'u'llah exprime cela ainsi :

«Tout ce que le médecin ou chirurgien compétent prescrit doit être accepté et observé, mais ils doivent être ornés de l'ornement de justice. Cependant, s'ils sont dotés de compréhension divine, ce serait certainement préférable...» (13)

En ce concerne l'attitude du malade, la complémentarité se traduit dans ce qu'une lettre de Shoghi Effendi résume ainsi en quelques mots:
« ... suivre leurs instructions et laisser le reste dans les mains de Dieu.» (14)

'Abdu'l-Baha attire notre attention sur le fait que si les soins sont entre les mains des médecins, le résultat, lui, est entre les mains de Dieu :

«On doit obéir au commandement de Dieu et se soumettre à l'opinion médicale. Vous avez entrepris ce voyage pour observer son commandement et non pour guérir, car la guérison est dans la main de Dieu, et non dans la main des médecins.» (15)

Voilà une notion bien étrange pour ceux qui ne consultent qu'en cas de maladie, et alors, uniquement pour le seul motif d'obtenir une guérison et qui par voie de conséquence sont déçus, voire revendicatifs lorsque les soins ne produisent pas les effets escomptés ! Cette obligation de consulter est bien une obligation de moyens, non assortie d'une obligation de résultat. Y aurait-il alors d'autres motifs à la consultation que la guérison?

L'une des réponses peut se trouver dans le principe baha'i de loyauté envers les institutions humaines. Aussi inexpérimentées et aussi imparfaites que soient ces institutions, la volonté des baha'is est de s'intégrer, de coopérer, et de soutenir afin de les faire évoluer. Exception faite des cas extrêmes des sociétés totalitaires, où les baha'is, sans pour autant s'engager dans un combat politique, refusent de compromettre leurs principes, les baha'is soutiennent la société, pour la faire évoluer, au lieu de la rejeter, s'en isoler ou de faire dissidence.

Il s'agit bien là d’un trait fondamental de la Foi de Baha'u'llah : L'unité qui est la finalité de cette Foi, ne signifie pas l'abandon de ce monde défaillant, avec ses institutions fragiles, sa trame déchirée et sa science imparfaite, pour construire un monde idyllique ailleurs, à l'écart de celui-ci, dans un monde, sectaire et parallèle. Bien au contraire, l'unité signifie s'intégrer de façon solidaire à la société où l'on vit, et sans pour autant devenir complice de ses dérives, la soutenir et la servir en mettant en œuvre le miracle de la transformation contenu dans le verbe de Dieu. Cette intégration ne signifie pas un compromis avec son idéal, mais la persévérance dans l'application des idées qui font avancer ce monde. A l'amour et les suggestions constructives peut s'ajouter, lorsque nécessaire, un appel aux institutions et à la justice. Pour reprendre l'image du Christ, les baha'is cherchent à servir le monde à la façon du levain qui se mêle à la pâte pour la faire monter.

Si aujourd'hui les défaillances de la science médicale sont tant visibles, et si de nombreux patients s'en détournent pour choisir des procédés dits "alternatifs", c'est justement en raison des failles laissées dans le domaine spirituel et humain par une médecine qui a fait des progrès spectaculaires sur le plan technique. Ce sont ces mêmes victoires qui maintenant font attendre des "miracles" à médecine. Dire qu'une science est imparfaite relève du pléonasme; c'est souligner la vérité essentielle selon laquelle toute science est en évolution et en devenir perpétuel. La médecine est encore et toujours dans son enfance. Elle a besoin, plus que toute autre science, de se remettre constamment en question, mais aussi d'être soutenue, afin de progresser. Ce qu’Abdu'l-Baha disait au sujet d'un individu est tout aussi vrai pour une science :

«L'insatisfaction de soi est un signe de progrès. ... Si une personne a mille qualités, elle ne doit pas les regarder, mais plutôt chercher ses propres défauts et imperfections... une personne habitant un palais somptueux... oubliera les ornements dès qu'elle découvre un mur ou le plafond lézardé, et sans tarder commencera à le réparer. Par contre, la perfection absolue est inaccessible à l'homme.» (16)

Sans pour autant nous réjouir de nos malheurs, nous devons admettre que les progrès de la médecine proviennent des patients qui se confient à elle. Sans les maladies que les patients apportent à la science, comment la médecine pourrait-elle avancer ?

De la médecine scientifique, celle qui observe, recueille des données, vérifie les paramètres, entreprend des études, compare les résultats, publie ses réussites et ses échecs et qui se met continuellement en question, naît le progrès. En 1950, une personne sur quatre pouvait espérer survivre à un cancer, aujourd'hui une personne sur deux qui peut espérer la guérison. En 100 ans, la mortalité infantile à la naissance a baissé de 150 pour mille à 5 pour mille. Ces progrès sont obtenus grâce aux études scientifiques, mais aussi à ceux qui ont fait confiance à la science.


3. Les moyens spirituels

Notre plaidoyer en faveur de la médecine scientifique n'exclut en aucun cas les autres moyens de soins complémentaires, et notamment les moyens spirituels de guérison. L'un ne peut remplacer les autres; le praticien sage, doit considérer l'ensemble des moyens à sa disposition pour le bien-être de son patient. Une fois que la science a fait sa contribution, on doit s'aider des autres moyens et les écrits baha'is ne manquent pas de récits à ce sujet.

A titre d'exemple, Youness Khan témoigne de la transition à Akka, de la médecine traditionnelle vers la médecine scientifique naissante qui faisait son apparition en Terre Sainte; la spiritualité occupait une grande place dans la guérison des maladies :
«J'avais souvent entendu le Maître parler de la pratique médicale. A de nombreuses reprises, il a parlé de Jinab-i Kalim (17) , de ses talents en médecine ancienne, et de la manière dont il traitait ceux qui venaient à lui avec des problèmes médicaux. ‘Abdu'l-Baha, lui-même avait autrefois prescrit des médicaments à ceux qui venaient chercher ses conseils. Cependant, Baha'u'llah leur avait dit que de telles pratiques médicales devaient cesser afin que les croyants prennent l'habitude de ne consulter que de véritables médecins et de ne recevoir de conseils médicaux que de praticiens qualifiés. L'intention était que le verset "En cas de maladie, consultez des médecins compétents" (18) soit compris et appliqué.
En dépit de cela, et alors que nous étions tous conscients qu'en raison de ce verset sacré, le guérisseur de toutes les infirmités spirituelles (19) ne s'impliquerait pas dans les maux physiques, lorsque quelqu'un tombait malade et en venait à perdre tout espoir de guérison par les moyens conventionnels mis en œuvre par les médecins, il venait chercher la guérison au seuil d'Abdu'l-Baha, en l'implorant avec "O toi, la panacée de toute douleur incurable, O Toi le guérisseur de toute maladie et de toute affliction."
Et puisque auprès de l'océan de compassion et d'affectueuse attention de cette Essence de Générosité, il n'y avait aucune place pour ignorer une prière ou pour rejeter un appel, et que nul n'en revenait les mains vides ou déçu, Il accordait la guérison au suppliant à travers un quelconque moyen ou approche matériel. Ce qui est encore plus étonnant, c'est que les non-baha'is qui ignoraient les principes et les croyances de la Foi, venaient chercher le baume salutaire du Maître encore plus nombreux que les croyants, ne désespérant jamais de l'efficacité à terme du remède prescrit.
Parmi les remèdes toujours disponibles à Abdu'l-Baha, et celui qui pouvait être librement prescrit à tous, était une divine mixture d'un goût délicieux. Ce n'était rien d'autre qu'un sirop de grenadine élaboré à partir des grenades du Jardin de Ridvan. Le Maître le prescrivait au patient en spécifiant : "Ceci est un sirop préparé avec des grenades ramassées sur les arbres du Jardin de Ridvan et qui ont été bénis par le regard de la Beauté Bénie".
Je ne saurais dire si son efficacité était due au patient lui-même, au médicament ou à la volonté
d’ ‘Abdu'l-Baha. Tout ce que je sais, c'est que l'expérience démontrait que cette panacée délicieuse et divine guérissait bien le patient souffrant.
Ce thème était devenu un sujet de conversation fréquent dans la maison des pèlerins. Une autre des méthodes de guérison d’ ‘Abdu'l-Baha était la diète ou une simple réduction de la quantité consommée; ce qui est bien entendu en harmonie avec la connaissance scientifique de nos jours. Mais la troisième voie d'approche de la guérison adoptée par ce Médecin des âmes, était une méthode spécifique ; aucun psychologue n'en comprendra ou n’en découvrira jamais le mystère à moins d'être de ces croyants authentiques et sincères qui comprennent le pouvoir du surnaturel et qui possèdent un cœur pur et radieux.» (20)

Le mécontentement du Maître au sujet de l'incompétence et des excès de certains médecins ne le détournait en aucun cas de la science médicale, bien au contraire; laissons Youness Khan raconter:
«(…) Abdu'l-Baha n'était pas très satisfait des médecins d'Akka. D'usage, lorsqu'un des pèlerins ou des baha'is résidents tombait malade, il consultait un médecin choisi par 'Abdu'l-Baha et c'était le Maître qui payait les honoraires du médecin et les médicaments nécessaires. Les médecins qui n'avaient aucune formation officielle, mais qui cependant pratiquaient la médecine, avaient également droit à une rémunération. C'était durant les bouleversements entraînés par les investigations de la Commission d'Enquête que le Maître m'avait envoyé à Beyrouth après m'avoir préparé au défi de l'école de médecine par la bonté de Son conseil et de Sa recommandation. Une fois, avant mon départ, Il s'est adressé à moi en ces termes : «Va t'instruire, peut-être que tu pourras nous délivrer de ces médecins…»
Le point essentiel, c'est qu'il était mécontent des médecins. Les seuls médecins qui avaient été instruits à l'étranger étaient le médecin protestant américain qui gérait l'hôpital de la mission, un grec chypriote venu d'Istanbul, et deux autres médecins arabes qui avaient une licence pour exercer. Les membres de la famille d'Abdu'l-Baha étaient habituellement envoyés à Beyrouth pour les soins médicaux.» (21)

La poursuite de ces récits passionnants n'a pas sa place dans ce document, mais on ne saurait clore ce chapitre sans en relater une. A peine inscrit à la faculté de Beyrouth, Youness Khan s'est fait démontrer que la science qu'Abdu'l-Baha l'avait chargé d'acquérir n'était que l'un des ingrédients indispensables de l'art de guérir. Une fois que les meilleurs soins médicaux disponibles avaient été instaurés, il y avait de la place pour d'autres considérations :
«La première occasion pour pratiquer la médecine me vint durant mes deux premiers mois à l'école de médecins, alors que je venais tout juste de commencer l'étude de la science de l'anatomie et de la dissection. La Plus Sainte Feuille (22) et l'une des filles d’ ‘Abdu'l-Baha accompagnées par Mirza Hadi Afnan (23) étaient arrivées à Beyrouth pour des soins. Dès que j’entendis la nouvelle, je me précipitai au domicile de feu Muhammad Mustapha Baghdadi pour présenter mes respects.
L'honorable Afnan sortit des appartements internes dans un état d'agitation. "Elle (24) consulte le Dr Debron depuis deux jours, mais elle ne se sent pas bien," m’informa-t-il. "Elle a des vertiges sévères et de la nausée et elle demande que vous lui écriviez une prescription et que vous donniez un conseil approprié pour son état."
"Je viens tout juste commencer l'alphabet de la médecine", répondis-je. "Comment puis-je donner des instructions, alors que je ne connais rien ?"
Il rentra pour transmettre le message, mais revint aussitôt. "Quoiqu'il en soit, tu dois donner des conseils", plaida-t-il. "C'est sa volonté que tu prescrives un remède."
J’avais beau me creuser la tête, rien ne me venait à l'idée, sinon un sentiment d'impuissance et d'ignorance. Lorsqu'ils me rapportèrent son message pour la troisième fois, exigeant la même chose et insistant sur les mêmes instructions, l'honorable Afnan fit une requête personnelle : "Nous n'avons aucun pouvoir personnel. La guérison vient de Dieu. Prescris quelque chose, c'est peut-être ta bonne foi et ta forte dévotion qu'elle pense te guideront correctement."
Sans réfléchir, je dis alors: "faites infuser une pincée de menthe en tisane et faites-la lui boire avec du sucre candi. Ayant dit ceci, je m’assis pour attendre.
Une heure plus tard ils m’apportèrent la bonne nouvelle que la nausée s'était apaisée et qu'elle avait prié pour moi en gratitude pour ma contribution. Le lendemain matin, j'eus l'honneur d'être admis en sa présence afin d'offrir mes vœux pour un rétablissement rapide. Quel dommage que les amis affectueux n'aient pas été présents à une telle occasion ! Je fus récompensé avec un paquet de précieux mouchoirs en soie, du sucre candi apporté de la Terre Sainte, un flacon de parfum de rose et beaucoup de paroles aimables. Et bien, voici ma première récompense lors de ma première occasion de pratiquer la médecine avant d'avoir répondu aux exigences de l'école de médecine. (15)


4. L'équilibre alimentaire

Si notre science médicale est devenue trop souvent technique, il conviendra sans aucun doute que les médecins baha'is orientent leurs préoccupations vers des horizons plus vastes. Dans Sa tablette à un médecin Baha'u'llah conseille :
«Traitez la maladie de préférence avec la diète, et n'abusez pas de médicaments. Si des remèdes simples suffisent, ne recourez pas aux remèdes complexes. ... abstenez-vous de médicaments lorsque votre santé est bonne, mais utilisez-les lorsque c'est nécessaire.» (25)

Cette hygiène de vie doit inspirer et guider nos modes de vie, mais en cas de maladie avérée, il faut se garder de toute interprétation abusive de ce conseil que Baha'u'llah donne à un professionnel de la santé et non aux patients. Cette confusion, nous le verrons plus loin, peut conduire à bien des déboires en cas de tentative d'automédication. Les enseignements baha’is préconisent très clairement une évolution de la science médicale en direction de la prévention, mais aussi de la guérison des maladies grâce à un équilibre nutritionnel. Il est évident que ce concept que ‘Abdu'l-Baha prend comme exemple dans Sa Tablette, est déjà à la base de la diabétologie et de la réanimation, mais ses applications peuvent s'étendre bien au-delà. En corrigeant les maladies de surcharge alimentaire qui atteignent le tiers de l'humanité, et celles de la carence qui en atteignent les deux autres tiers, on préviendrait et même guérirait sans aucun doute une grande partie des maux qui affligent l'humanité.

Il convient, cependant, d'insister sur le fait qu'au-delà de cette évidence, les enseignements baha'is parlent d'une nouvelle science, une science d'avenir, une médecine qui reste à ce jour à peine expérimentale et très loin d'être applicable à nos maladies. Lisons attentivement les propos d'Abdu'l-Baha à ce sujet :

«Cette question mérite une investigation très soigneuse. Sa Sainteté le Bab a dit que le peuple de Baha doit développer la science médicale à un degré tellement élevé, qu'il puisse guérir les maladies avec de la nourriture... le rôle du médecin habile est de déterminer lequel des constituants du corps de son patient a diminué, et lequel a augmenté. Une fois qu'il a découvert cela, il doit prescrire une alimentation qui contient l'élément diminué en quantité importante, afin de rétablir l'équilibre fondamental du corps. Une fois que la constitution du patient aura été rééquilibrée, il sera débarrassé de la maladie» (26)

On voit bien qu'il s'agit ici d'une démarche scientifique et non d'une philosophie péremptoire. Il s'agit d'une injonction en direction des scientifiques, et non une incitation à des prises de position dogmatiques. C'est une incitation à des études et à des recherches, et non le constat d'une connaissance déjà acquise ou encore oubliée. Il ne s'agit pas de notions que chacun peut d'emblée appliquer dans sa vie. Or ce qui distingue la vraie science, comme nous l'avons déjà dit, est sa perpétuelle remise en question. Qui dit démarche scientifique, dit une médecine basée sur des études documentées et sur des constatations avérées, des données soigneusement recueillies, qui, selon les auteurs anglo-saxons, doit devenir une médecine que l'on dit «evidence based», une médecine fondée sur des preuves et des faits avérés, et non sur des traditions ancestrales, sur des a priori ou sur des convictions intimes.

Nous ne pouvons aujourd'hui nous présenter à n'importe quelle frontière sans passeport, espérant passer d'un pays à l'autre en nous disant baha’is et partisans de la terre comme une seule patrie. Ce monde pour lequel nous travaillons reste à construire. De même, nous ne pouvons non plus exiger de notre médecin un traitement par une science qui n'existe pas encore. Nous pouvons encore moins espérer nous guérir de nos maux par nous-mêmes en nous inspirant de nombreux régimes fantaisistes dont la littérature dite de "médecine parallèle" surabonde. ‘Abdu'l-Baha parle d'une médecine scientifique, une médecine de pointe vers laquelle il faudra évoluer. La précision suivante situe cette science de toute évidence dans l'avenir :

"Le jour où des médecins hautement qualifiés auront réalisé la guérison des maladies par l'alimentation et prévu des nourritures simples, interdisant à l'humanité de s'asservir à ses appétits lubriques, il est certain que l'incidence des affections chroniques et de leur diversification diminuera et qu'ainsi, l'état de santé de toute l'humanité s'en trouvera très amélioré.
Or ceci est destiné à se réaliser. De la même manière, des modifications seront apportées, sur le plan universel, au caractère, à la conduite et aux mœurs des hommes." (27)

La vision baha'ie, libérée de l'intégrisme du passé et constamment projetée dans le futur, doit nous inciter à relever nos manches et à travailler, guidés par la Révélation Divine.
Deux écueils sont à éviter : le premier serait de se décourager par impatience et d’abandonner son idéal, le deuxième serait de s'imaginer que l'âge d'or est déjà là. On voit, par exemple, ‘Abdu'l-Baha prédire que la viande ne sera que très peu consommée dans l'avenir, mais ajouter que l'homme en était encore dépendant et que sa prohibition n'était pas recommandable en ce moment. Il mangeait lui-même du «kebab» et ravissait ses invités par Sa recette de viande d'agneau. (28)

Il est indéniable que la science médicale de nos jours est l'aboutissement d'une sagesse traditionnelle. Nous avons certes encore beaucoup à apprendre des procédés empiriques d'autrefois. En attendant, de nombreux auteurs continuent à prôner, tel ou tel aliment ou herbe, comme panacée pour telle ou telle affection, comme au bon vieux temps. On parle de remède miracle, de savoir oublié, voire même occulté à des fins lucratives par le lobby scientifique. Or faute d'une méthodologie rigoureuse et d'un recueil de données précis, ces techniques ne peuvent être ni étudiées, ni reproduites, ni évoluer et resteront les "miracles" secrets d'arrières boutiques.

De plus, en absence d'une posologie standardisée et adaptée, et sans tenir compte des conditions précises de chaque malade et de chaque étape de la maladie, le remède peut non seulement rester inefficace, mais aussi s'avérer désastreux. A ce propos, le récit d’ ‘Abdu’l-Baha, concernant la mésaventure d'automédication tragique dont a été victime Muhammad-Hadiy-i-Sahhaf, relieur et fidèle compagnon de Baha'u'llah, est très éloquent :

«Un jour il vint vers moi et se plaignit d'une maladie chronique. "Je souffre de frissons et de fièvre depuis deux ans", dit-il, "les docteurs m'ont prescrit une purge et de la quinine. La fièvre s'est arrêtée quelques jours, puis elle est revenue. Ils m'ont donné plus de quinine mais la fièvre revient. Je suis fatigué de cette vie et ne puis plus faire mon travail. Aidez-moi !"
"Quelle nourriture aimez-vous le plus ?" lui demandai-je. "Que mangeriez-vous de bon appétit ?" "Je ne sais pas" répondit-il. En plaisantant, je nommai les mets différents. Alors que je nommais la soupe d'orge avec du petit-lait (ash-i-kashk), il dit : "Très bien ! Mais à condition qu'il y ait de l'ail braisé dedans !"
Je donnai les instructions pour qu'on lui prépare cette soupe et je partis. Le lendemain, il se présenta et me dit: "J'ai mangé un grand bol de soupe. Puis j'ai mis ma tête sur l'oreiller et me suis endormi paisiblement jusqu'au matin."
En bref, après cela il fut en parfaite santé pendant environ deux ans.
Un jour, un croyant vint me voir et me dit : "Muhammad-Hadi est brûlant de fièvre." Je courus à son chevet et le trouvai avec une fièvre de 42°C. Il était presque inconscient. "Qu'a-t-il fait ?" demandai-je. "Quand il devint fiévreux", fut la réponse, "il dit qu'il savait ce qu'il devait faire. Et il se remplit de soupe d'orge avec du petit lait et de l'ail braisé; et voilà le résultat.»
Je fus stupéfait de voir le travail du destin. Je leur dis: "Parce qu'il y a deux ans, il avait été purgé et son système entièrement vidé, parce qu'il avait grand envie de ce plat et sa maladie n'était que frissons et fièvre, j'avais prescrit la soupe d'orge. Mais cette fois, avec la nourriture variée qu'il a prise sans appétit et particulièrement une grosse fièvre, il n'y avait aucune raison pour diagnostiquer la condition chronique de la fois précédente. Comment a-t-il pu manger la soupe !" Ils répondirent "c'était le destin !" Les choses étaient allées trop loin, on ne pouvait plus sauver Muhammad-Hadi.» (29)

La présence de ce récit dans un ouvrage consacré aux bien-aimés de Baha'u'llah témoigne de l'importance qu’ ‘Abdu'l-Baha accorde à ce sujet. Paracelse et d’autres après lui ont écrit: tout est poison, rien n'est poison, tout dépend des doses. Nous pouvons ajouter : tout dépend aussi du moment et des circonstances. C'est un concept difficile à saisir : le remède d'un jour peut devenir le poison du lendemain. La sagesse doit venir contrer "la fatalité du destin". Cette réalité universelle est soulignée par Baha'u'llah, lorsque dans un texte qui nous est familier, Il attire notre attention sur l'enseignement spirituel qui, lui aussi, doit être adapté aux exigences de chaque époque :

«Les Prophètes de Dieu doivent être considérés comme des médecins... Rien d'étonnant... si le médecin prescrit un remède différent de celui qu'il a ordonné autrefois. Comment pourrait-il en être autrement, alors que la maladie exige pour chacune des phases un traitement particulier ?» (30)

Dans la pratique, nous devons non seulement tenir compte de chaque phase de la maladie, mais aussi des moyens médicaux réellement disponibles à une époque donnée et à un endroit donné. Ce qui était acceptable il y a 20 ans n'est plus acceptable de nos jours, et ce qui est acceptable dans la brousse, n'est pas acceptable à Paris. Les livres d'hygiène de survie en Afrique préconisent de laver les sols des cases avec de la bouse de vache. A défaut d'autre chose, cette substance qui contient de l'ammoniac, un détergent puissant, peut servir de désinfectant. Bien évidemment les villes africaines, hors crise, utiliseront des détergents modernes. Il en est de même pour des nombreux remèdes traditionnels qui, à défaut d'autre chose, peuvent encore rendre service.


5. La finalité de la santé

La fatalité voudra que notre vie connaisse une fin. La mèche et l'huile qui nourrissent la flamme s'épuiseront un jour, mais combien regrettable si les vents de l'adversité venaient souffler prématurément la flamme, avant qu'elle n'ait pu donner toute sa lumière. Loin des philosophies qui, par souci de pénitence ou d'expiation, prônent l'ascétisme, la vie monacale ou le mépris du corps, parfois poussés jusqu'à l'automutilation, nous voyons que la Foi baha'ie enseigne le respect du corps qui est un instrument précieux au service de l'âme. Concernant les relations entre la réalité intérieure et le corps physique, le Bab écrit :

«Puisqu'il est avéré que cette charpente physique est le trône du temple intérieur, tout ce qui arrive à la première est ressenti par le second. En réalité, ce qui est heureux dans la joie ou attristé par la souffrance est le temple intérieur du corps et non le corps lui-même. Puisque ce corps physique est le trône sur lequel est établi le temple intérieur, Dieu a ordonné que le corps soit préservé, dans toute la mesure du possible, afin que rien de ce qui est cause de répugnance ne soit éprouvé. Le temple intérieur contemple sa charpente physique qui est son trône. Donc si l'on respecte ce dernier, c'est comme si le premier en était le récipient. L'inverse est également vrai. C'est pourquoi, il a été ordonné que la dépouille mortelle soit traitée avec l'honneur et le respect les plus extrêmes.» (31)

La finalité ultime des soins est de nous mettre en état pour servir l'humanité de notre mieux ; Shoghi Effendi précise :

« ... vous devez toujours avoir à l'esprit le conseil de Baha'u'llah que nous devons prendre le plus grand soin de notre santé, sûrement pas comme une fin en soi, mais comme un moyen nécessaire pour servir Sa Cause...» (32)

Lorsque l'on comprend que notre réalité essentielle ici bas est notre âme, indestructible et éternelle, alors on peut saisir pourquoi la vraie finalité de notre court séjour dans ce monde est d'acquérir des vertus pour faire avancer une civilisation en perpétuel progrès. Le corps est l'instrument très précieux qui permet à notre âme d'agir dans le chemin du service. Tout comme le cavalier qui ménage sa monture, nous devons considérer la sauvegarde de notre corps comme un devoir sacré. Mais encore faut-il ne jamais oublier que cet instrument, aussi précieux soit-il, n'est pas une fin en soi. On comprend alors pourquoi Baha'u'llah enseigne qu'il est préférable pour nous d'être tué que de devenir un assassin ! La pleine compréhension de cette énigme nous vient en lisant cette Parole Cachée de Baha'u'llah :

«O fils de l'homme ! Réfléchis et médite. Désires-tu mourir sur ta couche ou verser ton sang dans la poussière, martyr en mon chemin, et devenir ainsi la manifestation de mon commandement et le révélateur de ma lumière au très haut paradis ? Juges-en équitablement, ô serviteur». (33)

L'être humain sait que ses jours sont comptés ; alors il sait que sa noblesse, ne réside pas en ce qu'il thésaurise ou consomme dans ce monde, mais bien en ce qu'il laisse derrière lui en services. Il lui importe de sauvegarder et d'exploiter le plus pleinement possible son capital de santé dans la voie du service. 'Abdu'l-Baha l'explique ainsi :

«Si la santé et le bien-être du corps sont utilisés dans le chemin du Royaume, cela est acceptable et digne de louanges ; S'ils sont dépensés au bénéfice de l'humanité en général - même si c'est à son bénéfice matériel ou corporel - et s'ils deviennent des moyens de faire le bien, cela aussi est louable. Mais si cette santé et ce bien-être de l'homme sont gaspillés en convoitise sensuelle, en aspirations bestiales et en plaisirs diaboliques, alors mieux vaudrait la maladie ; que dis-je, la mort elle-même serait préférable à une telle existence. Si tu désires la santé, que ce soit pour servir le royaume». (34)

C'est ainsi que l'exhortation de Baha'u'llah à consulter un médecin s'intègre dan le contexte d'un déploiement de tous les moyens aptes à améliorer la santé humaine et à la mettre au service d'une société dont dépend justement la santé et le bien-être de chaque individu.
Unir l'humanité. Un seul Dieu. Les grandes religions de Dieu. Femmes, hommes sont égaux. Tous les préjugés sont destructeurs et doivent être abandonnés. Chercher la vérité par nous-mêmes. La science et la religion en harmonie. Nos problèmes économiques sont liés à des problèmes spirituels. La famille et son unité sont très importantes.


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