( 2 )AVONS-NOUS UNE RÉVÉLATION DE LA PART DE DIEU ?

Au fil des siècles issu de la Réforme et connue comme l'Adventiste, le Pentecôtisme, le Baptisme, ou différentes communautés.


francis

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Message Sujet: ( 2 )AVONS-NOUS UNE RÉVÉLATION DE LA PART DE DIEU ?

Message Titre du message: ( 2 )AVONS-NOUS UNE RÉVÉLATION DE LA PART DE DIEU ?

Message Ecrit le 21 Déc 2003, 03:35

2. 7.2 Le dessein de Dieu à la base de l’unité de la Bible
Pour démontrer cette unité de la Bible, qu’il suffise ici d’établir d’après l’Écriture quel est le dessein de Dieu, en indiquant seulement ce qu’il y a de plus important ; que ce n’est pas simplement le dessein d’exposer les faits accomplis, mais que ceux-ci forment la base morale tout entière des relations de l’homme avec Dieu. Nous y voyons l’état d’innocence de l’homme, la perte de cette innocence, la responsabilité morale, la loi donnée avec une autorité divine comme mesure parfaite de la responsabilité, l’homme doublement coupable en violant la loi, le moyen d’y porter remède dans le témoignage des prophètes et dans la venue du Fils de Dieu lui-même, mais tout cela en vain et se terminant par le jugement du monde. Toute bouche étant alors fermée et tout le monde reconnu coupable devant Dieu, un salut parfait est annoncé par grâce de la part de Dieu, salut selon Sa propre nature et Sa gloire, saisi dans la promesse à travers tous les siècles et enfin pleinement révélé ; puis finalement la gloire céleste et une terre restaurée sous la première et la nouvelle alliance, et ensuite l’éternité. À cela, je puis ajouter la place spéciale de l’Église au milieu de tout ce que je viens de mentionner, place tout à fait particulière. Tout est ainsi rendu manifeste et déroulé successivement, à mesure que se développe le dessein de Dieu, et se termine dans la plénitude de la gloire divine, et dans l’infinie et éternelle bénédiction de ceux qui croient.
Le dessein de Dieu, tel que l’établit l’Écriture (Éph. 1), est celui-ci : «Pour l’administration de la plénitude des temps, Dieu s’est proposé de réunir en un (*) toutes choses dans le Christ (Fils de Dieu et Fils de l’homme), les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre ; en Christ, en qui nous avons été faits héritiers». Ceci nous présente deux grandes scènes, les cieux et la terre, et, en rapport avec l’une et l’autre, deux grands objets nous sont révélés comme étant placés sous l’autorité de Christ : l’Église et les saints glorifiés dans les lieux célestes, et les Juifs sur la terre ; l’Église régnant avec Christ, les Juifs, ainsi que le monde entier, gouvernés par Lui comme Fils de l’homme, ressuscité et glorifié ; à côté de cela la maison du Père, où il est allé, et qui est notre demeure. L’une de ces scènes, présente la souveraine grâce qui nous a placés dans la même gloire que le Fils de Dieu ; l’autre, le gouvernement de ce monde. Voyez Éph. 1:22, 23 et 9-11 ; puis Deut. 32:8, 9, où nous trouvons un court exposé de la partie juive de la scène terrestre (v. 8, 43). Tous sont sous le Fils de l’homme ou unis à Lui.
(*) 

Je laisserai de côté, pour le moment, cette dernière partie comme appartenant spécialement à l’Église.

3. 7.3 Un plan de Dieu unique et complet vu dans les principes moraux et le développement historique de la Bible
1. 7.3.1 L’homme responsable et l’Homme en qui les promesses de Dieu s’accomplissent (Genèse et NT)
Dieu, on le comprend, ne commença pas avec le second Adam, mais avec le premier ; non avec l’homme de son conseil, mais avec l’homme responsable. Nous voyons l’homme placé sous cette responsabilité lorsqu’il est dans l’innocence ; nous le retrouvons dans cette position quand il est déchu et sans loi, puis sous la loi (en passant par la promesse qui était par grâce et fut manifestée en Abraham) ; et enfin, lorsque Christ fut envoyé, Dieu, après les patients avertissements et les encouragements donnés par les prophètes, ayant dit : «Ils auront du respect pour mon Fils». Mais ils le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. L’épreuve de l’homme ayant été ainsi pleinement achevée, il est traité comme perdu ; mais un salut parfait lui a été préparé dans l’oeuvre du Seigneur Jésus-Christ, en qui, second Adam et Fils de l’homme, toutes les promesses et les desseins de Dieu devaient être accomplis. Il est l’Homme du conseil de Dieu ; «autant il y a de promesses de Dieu, en Lui est le oui et en Lui l’amen» ; il prend l’héritage de toutes choses, lequel l’homme devait posséder selon le dessein de Dieu, et il le prend en vertu de la rédemption, dans laquelle Dieu avait été parfaitement glorifié à tous égards. À travers tout ce développement, le grand adversaire est révélé dans la mesure nécessaire, afin que nous connaissions clairement la position de ceux qui y sont intéressés, mais pas davantage.
Le principe général, ainsi que le résultat de tout ce que nous venons de voir, a déjà sa manifestation en Éden ; non pas qu’il y ait une promesse faite au premier homme, — il n’y en a aucune ; mais on voit le dessein de Dieu, quand le premier homme, placé sous la responsabilité, et tenté par l’adversaire, a failli et est tombé. L’Éternel Dieu prononce la sentence de jugement contre la femme, pour avoir écouté le serpent, mais il révèle le second Homme, le dernier Adam. Lui, la semence de la femme, devait briser la tête du serpent et le serpent lui briser le talon ; ce dernier fait a eu lieu sur la croix, le premier s’accomplira quand le Fils de l’homme viendra en puissance. Aucune promesse n’est faite au premier homme, quoique par la foi il puisse s’emparer de ce que Dieu a dit, mais il y a une révélation du second Homme. Adam assurément n’était pas la semence de la femme. Quant à l’histoire d’Adam et d’Ève, Paul la rappelle comme étant d’une vérité incontestable (1 Tim. 2:9-15), et en fait le fondement d’exhortations relatives à la femme. Le récit de la chute devient pour lui la base de la plus profonde doctrine (Rom. 5:12-21), quand il fait voir que c’est par là que le péché a existé avant la loi, et quand il n’y en avait aucune : il fait allusion à ce qui est dit dans le prophète Osée (6:7) (*), montrant qu’Adam était sous une loi (celle de ne pas manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal), mais que, depuis lui jusqu’à Moïse, l’homme a été sans loi, ce qui est confirmé par le caractère du jugement (Rom. 2:12) : ceux qui ont péché sans loi () étant distingués de ceux qui ont péché sous la loi. C’est aussi au récit de Gen. 3, que Paul ramène les Corinthiens pour les exhorter à la vigilance (2 Cor. 11:3). Ainsi encore la structure et l’ordre tout entier du plan de Dieu en Christ, se rattachant à la ruine de l’homme dans le premier Adam, sont développés au ch. 15 de la première épître aux Corinthiens, surtout aux v. 20-28, 45-49, et, comme on le voit, en rapport avec la résurrection. L’accomplissement de ce plan relativement aux Juifs, aux Gentils et aux saints ressuscités, est fondé sur És. 25:6-8.
(*) Il faut lire : «mais eux, comme Adam, transgressent l’alliance».

2. 7.3.2 Promesses inconditionnelles, puis des conditions introduites avec la loi
Mais, il y avait d’autres promesses spéciales faites à la semence d’Abraham selon la chair ; promesses renouvelées à David et limitées à Israël, bien que la miséricorde dût s’étendre aux Gentils quand Israël aurait failli. Ces promesses remplissent le livre de la Genèse, et la condition d’Israël sous la promesse et dans son état de chute est le sujet tout entier des psaumes, outre l’introduction de la personne de Christ, comme étant en relation avec Israël (voyez Gen. 15:17). Ces promesses, données sans condition à Abraham, furent acceptées conditionnellement par les Israélites à Sinaï, en sorte que, bien que les promesses demeurassent, la loi fut introduite sous Moïse ; et ainsi, sous l’ancienne alliance, l’accomplissement des promesses dépendait autant de la fidélité d’Israël que de celle de Dieu. Dieu avait dit : «Si vous obéissez à ma voix», et Israël avait répondu : «Nous ferons tout ce que Jéhovah a dit».

3. 7.3.3 Accomplissement des promesses en Christ sur le fondement de la pure grâce (laquelle s’étend aux Gentils)
Ainsi, non seulement Israël était placé de fait sur le terrain de l’ancienne alliance, mais un principe d’une portée considérable était établi, et une question non moins importante était soulevée, savoir : «La justice de l’homme est-elle le fondement sur lequel l’homme peut subsister devant Dieu ; ou bien, la justice de Dieu est-elle celle d’après laquelle un pécheur peut être accepté ?» Israël se trouvait donc placé, sur un double terrain, celui des promesses faites à Abraham et celui de la justice sous la loi ; et cependant la grâce, si Dieu n’était pas seulement le Dieu des Juifs, devait s’étendre aux Gentils. Cela aura lieu en Christ, lorsque, ainsi que nous l’avons vu, il prendra sa puissance comme Fils de l’homme, et sera chef au-dessus de toutes choses. Pendant que subsistait encore le mur mitoyen de séparation, la bénédiction des Gentils existait en espérance, mais elle était laissée, comme eux-mêmes, dans l’obscurité et les ténèbres. Cela était nécessaire pour maintenir la connaissance d’un seul vrai Dieu, alors que le monde était plongé dans l’idolâtrie, et telle est la perversité du coeur de l’homme, que cette connaissance n’était maintenue qu’avec la plus grande difficulté. Mais la bénédiction des Gentils est révélée aussi clairement que possible dans les promesses faites à Abraham, au ch. 12 de la Genèse, et confirmées à sa semence, après qu’Isaac eut été offert en figure, et ainsi reçu de nouveau comme ressuscité d’entre les morts (comp. Gen. 22, Gal. 3, Héb. 11). Toutes les nations devaient être bénies en Christ.
Moïse et la loi étant intervenus, ce fut seulement après le jugement d’Israël que cette bénédiction fut manifestée, et cela par Christ (voyez Rom. 11). Ainsi, au ch. 32 du Deutéronome, Dieu insiste solennellement sur le jugement et des Juifs et des Gentils, comme sur une chose qui a lieu d’abord ; toutefois un résidu est épargné en Israël ; il est reconnu au v. 43 comme le peuple de l’Éternel, et les nations sont invitées à se réjouir avec lui. Nous les avons déjà vus tous deux, Israël et les nations, au ch. 25 d’Ésaïe, quand il est aussi question de la résurrection, et tout se rattache au règne de Christ ainsi que le montre Paul en citant Ésaïe (1 Cor. 15:54).
Dans les épîtres aux Romains et aux Galates, Paul discute d’une manière complète le contraste entre la loi et l’évangile, puis les promesses sans condition, et enfin la loi avec les promesses et l’évangile. Au ch. 3 des Galates, il insiste sur la promesse sans condition, et sur le fait que la loi donnée 430 ans plus tard, ne pouvait ni être ajoutée à une promesse inconditionnelle confirmée à la semence d’Abraham, ni non plus annuler cette promesse. La loi fut enfreinte, et ce qui la concerne fut aisément réglé, parce que, sous l’ancienne alliance, la bénédiction d’Israël dépendait de son obéissance. Mais les promesses ? Elles devaient être accomplies par le moyen de la semence promise, le Messie. Ce fait devenait de plus en plus clair, à mesure que la désobéissance d’Israël croissait et était rendue plus manifeste ; il est pleinement établi dans la promesse faite à David, mais alors ce devait être en brisant la tête du serpent et par conséquent cela s’étendait au delà d’Israël. Quand la chute d’Israël eut été clairement manifestée sous la sacrificature en Éli, sous le prophétisme en Samuel, et ainsi sous le gouvernement direct de Dieu par ces moyens, Dieu suscita le roi selon son coeur, le bien-aimé ; et cette double bénédiction d’Israël et des Gentils, ainsi que la gloire de l’homme en Christ, fut mise en lumière ; c’est la grâce agissant en puissance, bien que finalement un résidu en Israël dût seul en profiter.
Mais ici se présentait la difficulté des promesses inconditionnelles, et des promesses faites à la semence en qui elles devaient être accomplies. La loi, comme je l’ai dit, avait été enfreinte d’une manière manifeste depuis l’érection du veau d’or ; mais les promesses devaient avoir leur accomplissement dans la semence, dans le Fils de David. Israël le rejeta et perdit ainsi tout droit aux promesses, quelles qu’elles fussent. Dieu avait ôté son trône de Jérusalem quand les Juifs furent emmenés captifs à Babylone. Les chérubins et la gloire qui résidaient dans le temple, jugèrent la cité et la quittèrent. Mais les promesses, que devenaient-elles ? Un résidu fut préservé et ramené, privé de sa gloire comme peuple de Dieu, mais possédant cependant ces promesses ; alors vint le Messie, Celui qui avait été promis, serviteur de la circoncision pour la vérité de Dieu (Rom. 15:8), afin de confirmer les promesses faites aux pères. Les Juifs le rejetèrent, et Dieu opéra un salut efficace pour l’homme. Celui qui est le salut de l’Éternel jusqu’au bout de la terre (És. 49:6) accomplira cependant ses promesses envers Israël, mais seulement sur le fondement de la pure grâce, tandis qu’il prend ceux qui l’ont reconnu alors qu’il était rejeté, pour être ses compagnons dans la gloire céleste et pour régner avec Lui. C’est là ce qui donne lieu à l’apôtre de s’écrier : «Ô profondeur des richesses… !» (Rom. 11:33).
Or de même que Paul, dans les Galates, ch. 3, dans l’épître aux Romains ch. 2, 3, 4 et 7, mais dans ce dernier chapitre d’une manière plus expérimentale, discute la portée morale de la loi, de la grâce et de la promesse, pour chacun individuellement, de même dans les ch. 9-11 des Romains, il traite le sujet au point de vue des dispensations de Dieu envers les Juifs et les Gentils. Au ch. 9, Paul établit la souveraineté de Dieu, sans laquelle les Ismaélites et les Édomites devraient être introduits dans les bénédictions, et tout Israël mis dehors sauf Moïse. Ensuite la souveraineté de Dieu se montre aussi par l’introduction des Gentils. La réjection d’Israël et sa chute contre la pierre d’achoppement, tout avait été prédit, et Dieu est reconnu être aussi le Dieu des Gentils (ch. 10). Mais ce n’était pas pour Israël une réjection finale. Paul était Juif, il y avait donc un résidu (Deut. 32). L’introduction des Gentils a pour but d’exciter Israël à la jalousie, mais à la fin, selon une promesse infaillible, le Libérateur viendrait de Sion (Rom. 11).

4. 7.3.4 Place de la loi dans le plan de Dieu — La justification par la foi
Ainsi la loi n’est pas seulement une dispensation de Dieu envers Israël, mais elle soulève pour toute âme la grande question de la justice de l’homme devant Dieu. La loi n’était pas une règle arbitraire, mais la règle parfaite donnée de Dieu pour l’homme dans toutes les relations où il se trouvait maintenant comme homme déchu ; relations avec Dieu même et avec les autres hommes, Dieu demandant à l’homme d’agir suivant cette règle afin qu’il vécût. Mais la chair, l’homme dans sa nature adamique, ne se soumet pas à la loi de Dieu, et aussi elle ne le peut, de sorte que ceux qui sont dans la chair ne peuvent pas plaire à Dieu, c’est-à-dire pas un de ceux qui sont dans la position d’Adam. Non seulement la justice de l’homme n’existe pas en fait, mais en principe elle est mise de côté. Comme nous l’avons vu, sans loi, l’homme était inique ; sous la loi, transgresseur ; et quand Dieu fut manifesté dans la personne de son Fils, le Seigneur dut dire : «Maintenant ils ont, et vu, et haï et moi et mon Père». Voilà pourquoi nous lisons aussi : «Maintenant est le jugement de ce monde», mais grâces à Dieu, « maintenant le chef de ce monde est jeté dehors». «Et moi, ajoute le Seigneur, si je suis élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi» (Jean 12:31, 32). «Maintenant», est-il dit encore, «en la consommation des siècles, il a été manifesté une fois pour l’abolition du péché par le sacrifice de Lui-même» (Héb. 9:26). Celui qui est la semence de la femme a eu son talon brisé, mais l’oeuvre qu’il a accomplie, lui a donné le droit en justice, selon Dieu, de briser la tête du serpent. Par sa mort, la puissance de l’ennemi a été annulée moralement () et sera entièrement mise de côté dans le ciel et sur la terre, quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire ; tous les ennemis, il est vrai, ne seront pas assujettis à la fois, mais Lui aura pris sa grande puissance pour régner, et il régnera.
Non seulement les Gentils avaient été laissés dans l’obscurité durant la période de l’épreuve de l’homme sous la loi, et les promesses étaient restées limitées, dans leur application effective, à un peuple particulier, mais la vie et l’incorruptibilité n’avaient pas été mises en lumière ; elles ne le furent que sous l’évangile, et c’est alors aussi seulement que l’accès auprès de Dieu fut ouvert. Le voile et les barrières qui défendaient l’approche de Dieu, marquent l’état de l’homme sous la loi ; mais maintenant le lieu très-saint est ouvert, la justice de Dieu sur le principe de la foi est pour le Gentil aussi bien que pour le Juif, et toutes les gloires les plus élevées sont révélées en rapport avec la résurrection. Il y a un nouvel état de l’homme et une nouvelle création, dont Christ ressuscité et glorifié est les prémices et le chef, Lui «le second homme venu du ciel» (    ), et qui y est retourné comme homme.

4. 7.4 Unité de dessein et de pensées divines dans divers sujets de l’Écriture
Le lecteur à qui les Écritures sont familières, verra que, dans tout ce que je viens de dire, je n’ai fait que donner un exposé rapide des enseignements qu’elles nous présentent, et que je les ai réunis de manière à faire ressortir qu’il y a un plan de Dieu unique et complet, dont les principes moraux et le développement historique, quoique distincts, ne peuvent être séparés. Voyons maintenant si nous ne pourrions pas suivre ce plan à travers les Écritures, en nous attachant à quelques points principaux, que nous étudierons plus en détail et que nous montrerons reliés entre eux par l’unité d’une même pensée.

1. 7.4.1 Christ le Fils de l’homme
De fait, ce plan existait avant la création du monde dans les pensées de Dieu, mais il ne nous a été révélé par grâce, que lorsque l’évangile fut venu, et après que le premier homme eut été pleinement mis à l’épreuve dans sa responsabilité, de manière à montrer ce qu’il était. Ainsi nous lisons en Prov. 8, où la sagesse parle (or Christ est la sagesse de Dieu et la puissance de Dieu) : «J’étais (avant la création qui est décrite poétiquement) ses délices de tous les jours, et toujours j’étais en joie en sa présence. Je me réjouissais en la partie habitable de sa terre (la terre de Jéhovah), et mes plaisirs étaient avec les enfants des hommes» ; c’est-à-dire dans la nature et le principe de sa position, le Fils de l’homme.
C’est pourquoi, à la naissance de Christ, nous voyons les anges célébrant ce grand fait en disant : «Gloire à Dieu dans les lieux très hauts ; et sur la terre, paix, et bon plaisir dans les hommes» (et non pas : bonne volonté envers les hommes, comme on le traduit souvent). Comme il est écrit : «Il n’a pas pris les anges, mais il a pris la semence d’Abraham» la restreignant ici à la grâce et à la promesse, et en conséquence la rattachant en même temps à l’histoire de l’Ancien Testament. Ainsi nous lisons en 2 Tim. 1:9 : «Qui nous a sauvés, et nous a appelés d’un saint appel, non selon nos oeuvres, mais selon son propre dessein et sa propre grâce, qui nous a été donnée dans le Christ Jésus avant les temps des siècles, mais qui a été manifestée maintenant par l’apparition de notre Seigneur Jésus-Christ». De même en Tite 1 : «Dans l’espérance de la vie éternelle que Dieu, qui ne peut mentir, a promise avant les temps des siècles..., mais il a manifesté au temps propre sa parole». Ainsi encore dans la première épître aux Corinthiens, ch. 2, Paul dit : «Nous parlons la sagesse de Dieu en mystère, la sagesse cachée, laquelle Dieu avait préordonnée avant les siècles pour notre gloire». Or, jusqu’à ce que Christ eût été rejeté, ces conseils de la grâce de Dieu n’avaient pas été manifestés comme ils le sont dans les passages cités, parce que le premier homme et la possibilité de son relèvement étaient encore à l’essai, bien que Dieu, qui savait ce qu’était l’homme, eût vivifié des âmes dès le commencement. Cependant nous allons trouver des traces distinctes de tout ce qui concerne l’histoire de Christ et sa réjection, ainsi que les gloires à venir, ou, comme l’exprime Pierre, les souffrances qui devaient être la part de Christ et les gloires qui suivraient.

1. 7.4.1.1 Les souffrances qui devaient être la part de Christ et les gloires qui suivraient — Christ, et les croyants attendant la gloire, dans un monde ennemi
Prenons le Messie, Fils de l’homme, et la relation de ces titres avec Israël et la gloire future de Christ. Dans le Ps. 1, nous voyons le résidu soigneusement distingué des méchants ; Ésaïe nous montre ce résidu quand il dit : «Si l’Éternel des armées ne nous eût laissé un bien petit résidu, nous eussions été comme Sodome, nous eussions été semblables à Gomorrhe». Mais il sera bon de remarquer, avant de présenter la suite et l’enchaînement des textes, que le Seigneur nous dit expressément que la paix sur la terre ne devait pas être établie par sa première venue. «Pensez-vous, dit-il, que je sois venu donner la paix sur la terre ? Non, vous dis-je, mais plutôt la division. Car désormais ils seront cinq dans une maison, divisés, trois seront divisés contre deux, et deux contre trois» (Luc 12:51, 52). C’est une citation tirée de Michée (ch. 7), où cet état de choses est présenté comme le comble du mal, mal qui, en fait, s’est produit sous sa pire forme, devant la manifestation parfaite du bien, de Dieu lui-même, et qui s’est montré dans la mort de Christ et la haine contre ceux qui lui sont fidèles : car tous ceux qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus, seront persécutés.
Mais quant à Christ, il devait souffrir et faire l’expiation, puis s’asseoir, non pas encore sur son propre trône, mais sur le trône du Père, à la droite de Dieu, attendant jusqu’à ce que ses ennemis soient mis pour marchepied de ses pieds. C’est là qu’il est maintenant, après avoir accompli entièrement l’oeuvre qui a parfaitement glorifié Dieu, qui nous donne une conscience parfaite, qui détruit en droit toute la puissance de Satan et qui est le sûr fondement de l’éternelle bénédiction, des nouveaux cieux et de la nouvelle terre.
Mais, en traversant la terre, nous sommes appelés à prendre notre croix et à souffrir, nous qui devons posséder l’héritage céleste et être semblables à Lui dans la gloire ; tandis qu’il attend lui-même, nous devons attendre maintenant avec lui ici-bas, jouissant de la sympathie de notre grand souverain sacrificateur ; ou bien, absents du corps, nos esprits attendent avec lui, si nous sommes retirés de la scène terrestre avant qu’il vienne. Si lui a été crucifié, nous devons souffrir et non régner jusqu’à ce qu’il prenne sa grande puissance et qu’il règne ; jusqu’à ce moment, Satan, n’étant pas précipité du ciel, est encore le dieu et le prince de ce monde.
Dès le commencement, l’homme, sous son influence, a gâté ce que Dieu avait fait bon ; c’est là toujours ce qui arrive d’abord. Ainsi a fait Adam lui-même, ainsi Noé qui s’enivra ; ainsi Israël qui éleva le veau d’or ; plus tard Nadab et Abihu offrent un feu étranger et le lieu très saint est fermé à Aaron sauf en un jour spécial ; à cause de Salomon le royaume d’Israël est divisé, et sous Nébucadnetsar, la puissance Gentile devient une bête. Ainsi en a-t-il toujours été, et nous voyons l’apostasie s’introduire dans l’église avant même que les yeux de l’apôtre se soient fermés.
Mais Satan sera chassé du ciel (Apoc. 12) où il est maintenant l’accusateur des frères. Alors, comme nous le lisons dans l’évangile de Luc, il y aura «paix au ciel, gloire dans les lieux très hauts» et l’on dira «Béni soit le Roi qui vient au nom du Seigneur», ici-bas (Luc 19:32). En ce jour là c’était la bouche des petits enfants et de ceux qui tètent, qui proclamait sa louange pour faire taire l’ennemi et le vengeur, et s’ils ne l’eussent pas fait, les pierres mêmes auraient crié. C’est quand il reviendra que le mal sera réprimé.

2. 7.4.1.2 Souffrances et gloire de Christ selon les Ps. 2 et 8 et les citations du NT
Mais venons-en aux citations des passages de l’Écriture. Après avoir vu dans le Ps. 1 le caractère du résidu, nous trouvons au Ps. 2 la détermination prise par Jéhovah d’établir, sur la sainte montagne de Sion, son Roi, l’homme oint, le Fils de Dieu comme né dans ce monde, qui en outre doit demander la domination sur les nations qu’il gouvernera avec une verge de fer et qu’il brisera en pièces comme un vase de potier (comp. Apoc. 2:26, 27). Mais pour le présent, il est rejeté. Les rois de la terre et les gouverneurs consultent ensemble contre l’Éternel et contre son oint (le Christ ou Messie). Le Seigneur (Adonaï), assis dans les cieux, se rira d’eux. Le Saint Esprit (Actes 4:26, 27) applique cela expressément à la réjection et à la mort de Christ.
Les Ps. 3 à 7 présentent, comme conséquence, les tribulations et les douleurs du résidu, sujet dans lequel je n’entrerai pas. Mais le Ps. 8 célèbre Christ sous un autre caractère, celui qu’il aura quand les Juifs pourront louer le nom de l’Éternel comme magnifique par toute la terre, comme ayant placé sa gloire au-dessus des cieux et comme étant leur Seigneur (Adonaï) ; état de choses qui n’est pas encore accompli en fait, quoique le Seigneur emploie le second verset (Matth. 21:16), comme le témoignage sur lequel Dieu insistait, pour ainsi dire, quand le Sauveur était rejeté ici-bas. C’est ainsi que Jésus cite aussi, dans le passage de Luc rapporté plus haut, le Ps. 118 qui a trait également à ce temps à venir où Christ reviendra en puissance. J’indique ceci pour montrer que ce retour s’identifie avec l’établissement de l’homme sur les oeuvres des mains de Dieu. Le Fils de l’homme», nom que le Seigneur applique constamment à Lui-même (*), venant spécialement en vue, ce passage lui est appliqué dans toute sa portée comme héritant de tous les desseins de Dieu relativement à l’homme. Ces mêmes paroles du Psaume sont aussi employées plus d’une fois par l’apôtre Paul, pour définir la position tout entière dans les résultats de l’administration divine ; par exemple dans ce verset : «Et il a assujetti toutes choses sous ses pieds, et l’a donné pour être chef sur toutes choses à l’assemblée qui est son corps» (Éph. 1:22 ; comp. avec Col. 1:15-18). Et encore en 1 Cor. 15:20-28, quand toutes choses doivent être mises sous les pieds de l’homme ressuscité (le second Homme), excepté Celui qui lui a assujetti toutes choses. Ici le plan tout entier est déroulé. Dans l’épître aux Hébreux aussi (ch. 2), il est dit que nous ne voyons pas encore que toutes choses lui soient assujetties, mais nous voyons Jésus, fait un peu moindre que les anges à cause de la passion de la mort, couronné de gloire et d’honneur. Rien ne peut être plus précis que ces passages quant au dessein de Dieu et à la mesure dans lequel il a été accompli.
(*) Il ne se nomme jamais le Christ, sauf en parlant à la femme de Samarie (Jean 4), après qu’il eut quitté la Judée.

3. 7.4.1.3 Souffrances et gloires de Christ, selon Daniel et Ps. 80
Le fait général nous est encore présenté dans une toute autre portion des Écritures, en contraste avec la puissance terrestre du mal. C’est dans le septième chapitre de Daniel. Les divisions du chapitre sont indiquées par les mots : «Je vis dans les visions de la nuit» ; la première s’étend du v. 1 au v. 6 ; la seconde, v. 7-12, montre plus spécialement la dernière bête, la principale ; puis viennent les v. 13 et 14, sur lesquels je reviendrai. Depuis le v. 15 jusqu’à la fin, nous avons les demandes de Daniel et l’explication dans laquelle se trouvent introduits en même temps, et les saints tués par la bête (ceux-là sont au ciel, comme cela est confirmé par Apoc. 20), et Israël. Je cite les v. 13 et 14 : «Je regardais encore dans les visions de la nuit, et voici comme le Fils de l’homme qui venait avec les nuées des cieux, et il vint jusqu’à l’Ancien des jours, et se tint devant lui, etc.». Ceci eut lieu quand les trônes eurent été placés pour le jugement. Mais ensuite nous trouvons que c’est l’Ancien des jours qui vient, quand le jugement est donné aux saints des hauts lieux (*). De même dans Ps. 80, où non seulement les Juifs mais Israël tout entier implorent de l’Éternel leur délivrance finale, nous lisons (v. 17) : «Que ta main soit sur l’homme de ta droite, sur le Fils de l’homme que tu t’es fortifié». Ainsi le Messie rejeté, retranché, et qui n’avait rien pris du royaume et de la gloire, est Celui qui est chef sur toutes choses comme Fils de l’homme selon le dessein de Dieu.
(*) Du souverain ou du Très-Haut, dans les versions ordinaires ; des hauts lieux, suivant la note marginale de la version anglaise.

4. 7.4.1.4 Souffrances et gloires du Fils de l’hmme selon les Évangiles
Cette vérité se retrouve partout dans les Évangiles, sans qu’il y ait peut-être un seul passage qui soit cité directement. Nathanaël reconnaît Jésus pour le Christ selon le Ps. 2 : «Tu es le Fils de Dieu, le Roi d’Israël». «Tu verras de plus grandes choses que celles-ci», dit le Seigneur. «Désormais vous verrez les anges de Dieu montant et descendant sur le Fils de l’homme». Il prend sa place comme Fils de l’homme, en contraste avec celle qui lui est donnée dans le Ps. 2, et allant au-delà. Dans l’évangile de Jean, dès le premier chapitre (v. 10, 11), les Juifs sont traités comme rejetés et réprouvés, un résidu, né de nouveau et croyant, étant seul reconnu, parce que Jésus est Dieu, et que l’homme n’a jamais reçu Dieu, mais a toujours été inimitié contre Lui.

1. 7.4.1.4.1 Matthieu, Marc et Luc
Matthieu présente Jésus comme le Messie, Emmanuel, Jéhovah, le Sauveur ; Marc, comme le prophète serviteur, et Luc, après les deux premiers chapitres, gracieuse peinture du résidu en Israël, nous le montre comme le Fils de l’homme venu en grâce. C’est pourquoi, dans le premier de ces évangiles, la généalogie descend d’Abraham et de David, tandis que, dans Luc, elle remonte jusqu’à Adam (*). Quand les Juifs, à la fin de Matthieu 12, sont complètement rejetés, le Seigneur ne cherche plus de fruits dans sa vigne et sur son figuier (v. 46-50). Il sort pour semer ; mais Celui qui sème la bonne semence, c’est le Fils de l’homme. Le royaume en mystère, c’est-à-dire sans que le roi soit présent (ch. 13), l’Église (ch. 16), le royaume en gloire (ch. 17), sont substitués à Israël sous l’ancienne alliance ; mais au ch. 16 v. 20, il défend aux disciples de dire à personne qu’il est le Christ : le Fils de l’homme doit souffrir de la part des hommes. Nous voyons ce contraste établi d’une manière plus frappante en Luc, où se termine l’histoire du Seigneur quant à l’ordre chronologique. Après que Pierre (v. 20, 21, etc.), enseigné de Dieu, l’a reconnu comme le Christ : «S’adressant à eux avec force, il leur commanda de ne dire ceci de Lui à personne, disant : Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup... et qu’il soit ressuscité le troisième jour», et alors il leur montre la gloire du royaume : le Fils de l’homme doit venir dans sa propre gloire, dans celle du Père et des saints anges ; il doit venir comme Fils de l’homme, comme Fils du Père et comme Jéhovah. Mais cela appartenait à une autre scène (Matth. 17:9), et à l’homme comme une nouvelle création Les disciples ne devaient dire cela à personne jusqu’à ce que le Fils de l’homme fût ressuscité d’entre les morts ; et (Luc 9:36) ils se turent, s’entre demandant ce que signifiait ressusciter d’entre les morts (**) (Marc 9:10). Dès ce jour, il commença à leur montrer que le Fils de l’homme devait souffrir (Matt. 16:21 ; Marc 9:31 ; Luc 9:44).
(*) Je pense qu’il faut lire Luc 3:23, de la manière suivante : «Étant, comme on l’estimait, fils de Joseph), d’Héli» etc. ;  se rattache à Jésus, et non à Joseph.
(**) Tous comme les Pharisiens croyaient à la résurrection des morts.

2. 7.4.1.4.2 Jean
Dans l’Évangile de Jean, ceci nous est présenté sous une autre forme, savoir celle d’un témoignage complet que Dieu rend à Jésus, comme Fils de Dieu, Fils de David et Fils de l’homme, après qu’Israël l’a rejeté. Le premier témoignage est la résurrection de Lazare (11:4). «Cette maladie n’est pas à la mort, mais pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle» (*). Il est la résurrection et la vie. Ensuite (12:13), une grande foule sort au-devant de Lui, criant, selon le Ps. 118 : «Hosanna ! (sauve maintenant, je te prie) béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur ; le roi d’Israël !» Enfin les Grecs () étant venus pour voir Jésus, la scène plus vaste des Gentils s’ouvre, et le Seigneur dit : «L’heure est venue pour que le Fils de l’homme soit glorifié. En vérité, en vérité, je vous dis : à moins que le grain de blé, tombant en terre, ne meure, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit», et plus loin : «Moi, si je suis élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi-même». C’est ainsi qu’étant rejeté, lorsque le souverain sacrificateur l’adjure ; il confesse qu’il est Celui dont il est parlé dans le Ps. 2, le Christ, le Fils de Dieu, mais il ajoute : «Dorénavant, vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance, et venant sur les nuées du ciel».
(*) L’aveuglement des rationalistes ne leur permet pas de voir pourquoi ce miracle est introduit ici.

3. 7.4.1.4.3 Vérités manifestées par ces souffrances et ces gloires de Christ
Ainsi la chose même qui, dans les voies des dispensations de Dieu, mettait de côté les Juifs sous l’ancienne alliance et annulait leur droit sous les promesses, cette chose manifestait des vérités beaucoup plus profondes, savoir :
• l’inimitié du coeur de l’homme contre Dieu se présentant à lui en bonté parfaite, suivant ce que dit le Seigneur Jésus : «Ils ont, et vu, et haï et moi et mon Père» ;
• l’accomplissement de cette oeuvre glorieuse dans laquelle il était pourvu au salut des Gentils aussi bien que des Juifs, et où Dieu était parfaitement glorifié en tout ce qu’il est ;
• le Christ rejeté, le Messie retranché, ainsi que Daniel l’a déclaré, mais cela comme Fils de l’homme, ne prenant pas maintenant la gloire, mais souffrant et cependant justifié par Dieu comme tel ;
• tout ce que renferment les Ps. 2 et 8, Adam l’image de Celui qui était à venir (Dan. 9:7), mis en lumière et accompli, non dans des citations de passages, mais par des faits réalisant ce qui était annoncé ;
• puis, quand le Saint Esprit eut été donné, les passages expliqués et appliqués comme en Actes 4, Éphésiens 1, 1 Corinthiens 15, Hébreux 2, sans qu’il y eût apparence ni trace d’arrangement de la part de ceux qui énonçaient ces choses, mais montrant en tout un même esprit, une même pensée et un même plan, en un mot faisant voir que tout est là parole et le conseil de Dieu.

5. 7.4.1.5 Souffrances et gloire de Christ selon Actes 7 et Apocalypse
Je pourrais multiplier les passages relatifs à l’expression Fils de l’homme ; je me suis borné à ceux qui font voir la portée des Ps. 2 et 8. La mort de Christ ferme la partie historique des Écritures pour ce qui concerne la terre, jusqu’à ce que le Fils de l’homme vienne dans sa gloire. C’est pourquoi Étienne, résumant cette histoire depuis Abraham, c’est-à-dire depuis le commencement des promesses, montre ensuite la loi transgressée, les prophètes tués, le juste trahi et mis à mort, et les Juifs résistant au Saint Esprit ; ensuite il voit le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. Il avait pris sa place céleste, quoiqu’il n’y fût pas encore assis. Maintenant il s’est assis à la droite de Dieu (*), attendant que ses ennemis soient mis pour marchepied de ses pieds, ayant, par une seule offrande, rendu parfaits à perpétuité (  ) ceux qui sont sanctifiés. C’est le temps de l’Église, le corps de Christ, l’habitation de Dieu par l’Esprit. Aussi n’est-il plus parlé du Fils de l’homme, si ce n’est pour le montrer dans la place que Dieu lui a donnée en haut (Héb. 2:6). Mais aussitôt que nous en venons à l’Apocalypse, le ch. 14 nous montre prophétiquement le Fils de l’homme, venant comme Juge pour la moisson mûre de la terre et pour la vendange de la colère de Dieu, et c’est ce que Christ avait déclaré devant le souverain sacrificateur, ce qui a été vu partiellement par Étienne, et ce qui est enseigné dans le deuxième chapitre aux Hébreux, l’accomplissement de la dernière partie du Ps. 110. Au ch. 1 de l’Apocalypse nous trouvons Christ comme Fils de l’homme jugeant l’Église responsable sur la terre ; mais depuis Actes 7 jusqu’à l’endroit que je viens de mentionner, il n’est jamais parlé du Fils de l’homme excepté en Hébreux 2 où le Ps. 8 est cité pour montrer où nous sommes placés dans cette histoire. Mais même alors, il n’est pas nommé ainsi.
(*) Christ avait intercédé pour les Juifs sur la croix ; on voit au ch. 3 des Actes la réponse à sa prière ; mais Christ glorifié ayant été aussi rejeté, toute l’histoire de l’homme se termine à Étienne, et Christ s’assied jusqu’à ce que ses ennemis soient mis pour son marchepied.

2. 7.4.2 Unité de dessein et de pensées divines dans divers sujets de l’Écriture : les fêtes d’Israel

Je passerai rapidement en revue quelques autres points où se trouve développée cette unité de pensée ; d’abord les trois grandes fêtes d’Israël, ordonnances qui montrent les grands principes et la puissance du rassemblement du peuple de Dieu. Il y avait d’autres fêtes telles que le sabbat, signe de l’alliance que l’Éternel avait traitée avec Israël, et rappelant en même temps qu’au temps marqué son peuple doit entrer dans le repos de Dieu ; ici le repos de la première création ; pour nous, comme ressuscités, celui de la nouvelle : les nouvelles lunes, signe, je n’en doute pas, de la restauration d’Israël, de même que le dixième jour du septième mois est celui de leur repentance future et de leur entrée dans la puissance libératrice de l’expiation ; mais je ne m’occuperai pas de ces fêtes. Aux trois autres, la Pâque (avec la fête des pains sans levain), la Pentecôte et les Tabernacles, tout Israël devait monter au lieu où Dieu aurait mis son nom. Pleines d’intérêt en elles-mêmes, je me bornerai cependant à les présenter ici comme formant une chaîne reliant toute l’histoire et manifestant son unité.

1. 7.4.2.1 La Pâque
LA PÂQUE a sans contredit un caractère historique. C’était la nuit qui devait «être soigneusement observée» ; la nuit où, protégés contre le jugement par le sang de l’Agneau pascal, les enfants d’Israël mangèrent en hâte les pains sans levain, se préparant à partir d’Égypte. Rien, à ma connaissance, ne prouve que cette fête ait été célébrée après Sinaï (Nomb. 9), avant l’entrée d’Israël en Canaan. Ceux qui naquirent dans le désert ne pouvaient pas participer à cette fête, n’ayant pas été circoncis. Quand, après le passage du Jourdain sous Josué, ils l’eurent été, ils mangèrent la Pâque. Il y a là une figure pleine d’instruction, mais qui va un peu au-delà de ce que je me propose maintenant. Je me contenterai d’ajouter que c’est seulement quand nous sommes morts et ressuscités avec Christ, que nous sommes circoncis, sachant ce que c’est, et que «l’opprobre d’Égypte» est enlevé de dessus nous. La patience et l’épreuve dans le désert n’appartiennent pas à cet ordre de choses. Je reviens maintenant à la Pâque. Ézéchias et Josias la célébrèrent comme elle ne l’avait pas été durant de longues années. Cette criminelle négligence d’Israël est constamment employée par les théologiens rationalistes allemands comme preuve que la loi n’avait pas été donnée.
Nous voyons clairement que cette fête fut établie pour rappeler que Dieu épargna le peuple, quand il exerça le jugement contre l’Égypte et Pharaon, et qu’il délivra Israël de la servitude où il se trouvait. Voilà pourquoi elle devait être observée, et toutes les fois qu’elle l’a été, ce fut dans cette pensée. Au ch. 16 du Deutéronome, nous la trouvons avec un caractère particulier, car, dans ce livre, il est parlé des trois grandes fêtes en rapport avec l’état de l’âme sous l’effet de ce qu’elles représentent. Ainsi dans la Pâque, les pains sans levain, type de la sainteté et de l’absence de péché, sont les pains d’affliction, et les enfants d’Israël devaient s’en retourner le matin et s’en aller dans leurs tentes, bien que la fête durât sept jours. Il n’y a point là de joie en commun comme dans la Pentecôte et la fête des Tabernacles, quoique dans ces dernières la joie fût dans des mesures différentes. Quand l’on est placé en présence du jugement, lors même que l’on est épargné, la sainteté est le pain d’affliction, l’esprit de repentance est la forme de la pureté et cela est nécessairement solennel et individuel. Mais la grande idée d’être à l’abri du jugement de Dieu était là, dans le sang de l’agneau pascal ; plus tard, naturellement, ce n’en était que le mémorial. Tout chrétien sait que Christ était la vraie Pâque. Les principaux sacrificateurs cherchaient à empêcher qu’il ne fut pris le jour de la fête, mais le dessein de Dieu ne tenait pas compte de leur décision, et, le jour même de la Pâque, il fut sacrifié comme le véritable agneau pascal : «l’Agneau de Dieu» qui ôte le péché. Comme il était à table avec ses disciples (*), le Seigneur lui-même nous donne cette instruction : «J’ai fort désiré de manger cette pâque avec vous avant que je souffre ; car je vous dis que je n’en mangerai plus jusqu’à ce qu’elle soit accomplie dans le royaume de Dieu» (Luc 22:15, 16) : de sorte que nous avons un exemple clair de l’intention de Dieu, dans une institution qu’il a formellement établie lui-même par le moyen de Moïse, institution destinée à célébrer la manière dont les Israélites avaient échappé au jugement en Égypte, mais qui avait pour but précis de préfigurer une délivrance meilleure et plus durable, celle de l’esclavage du péché et de Satan, et, plus directement, du jugement de Dieu et de ses conséquences, sous lesquels nous nous trouvions placés. «Notre Pâque, Christ, a été sacrifiée pour nous». Quand Dieu voit ce sang, il passe par dessus, là où la foi a saisi la parole.
(*) Pour les Juifs, c’était le même jour, quoique non pas pour nous, à cause de notre manière de compter ; en même temps c’était le jour où le levain était ôté pour la fête.

2. 7.4.2.2 La Pentecôte
LA PENTECÔTE, nous le savons, se rattache à la descente du Saint Esprit. C’était, non la fête des prémices, c’est-à-dire de la gerbe tournoyée devant l’Éternel, le lendemain du sabbat, figure de Christ ressuscité le premier jour de la semaine. C’était la fête des premiers fruits, après que la moisson était faite. Il devait y avoir du levain dans les deux gâteaux offerts en cette solennité ; car le péché que figure le levain, se trouve toujours dans l’homme, même si l’offrande est faite à Dieu dans la puissance du Saint Esprit. En même temps, à cause même de cette défectuosité, on devait offrir un sacrifice pour le péché, ce qui n’avait pas lieu dans le cas de la gerbe tournoyée ; et de plus ces gâteaux ne pouvaient pas être brûlés en bonne odeur à l’Éternel. Ensuite, comme cette fête est en rapport avec le Saint Esprit, nous voyons, au ch. 16 du Deutéronome, les Israélites invités à se réjouir ensemble, et à apporter une offrande volontaire en se souvenant de la délivrance que Dieu leur avait accordée. Tout cela demeure dans sa vraie force — le sens en ayant été accompli le jour de la Pentecôte, et les effets de cet accomplissement subsistant jusqu’à ce jour. L’homme avait-il arrangé cette institution pour l’avenir ? ou bien l’antitype qui l’accomplissait, la descente du Saint Esprit envoyé du ciel, a-t-il été arrangé par l’homme dans ce jour de la Pentecôte ? Nous avons cette fête dans le Lévitique ; nous la retrouvons avec d’autres détails dans le Deutéronome ; dans le premier de ces livres (Lévitique 23), c’est l’histoire de tout le temps qui s’écoule depuis l’Égypte jusqu’au retour du Seigneur à la fête des Tabernacles ; dans le second (Deut. 16), nous avons les détails caractéristiques de ce qui donne la portée morale de ces observances. Si cela n’est pas arrangé par l’homme, c’est un témoignage rendu à ce dessein de Dieu qui fait l’unité de la Bible tout entière dans la révélation de sa pensée.

3. 7.4.2.3 La fête des Tabernacles
Il reste encore la fête des TABERNACLES, mais sans aucun antitype, ce qui la rend d’autant plus remarquable. Elle était pour le pays seulement. Durant cette fête, les enfants d’Israël devaient habiter sous des tentes, en témoignage qu’ils avaient été voyageurs au désert, mais que maintenant les promesses étaient accomplies, et qu’ils étaient en paix dans leur terre pour ne plus jamais en être arrachés comme le dit Amos (9:15), et, ainsi que nous le lisons en Ézéchiel (37:21), rassemblés de tous les lieux où ils avaient été dispersés. La fête des Tabernacles devait être célébrée après la moisson et la vendange, c’est-à-dire quand le bon grain est recueilli et que le jugement est accompli. Nous avons vu, dans le ch. 14 de l’Apocalypse, le Fils de l’homme coupant la moisson de la terre, et foulant la cuve de la colère de Dieu. C’est dans ce caractère qu’il est présenté au ch. 19, et qu’Ésaïe (ch. 63) le montre venant de Botsra avec ses vêtements teints en rouge, quand le jour de la vengeance est dans son coeur et qu’il foule les peuples en sa colère. Comparez avec les passages Ésaïe 34, 26:9, et Sophonie 3:8 ; et remarquez que, dans chacun, après le jugement suivent les promesses à Israël.
Comment le Seigneur aurait-il pu célébrer cette fête ? Ce n’était pas possible. Il apparaîtra et se montrera assez ouvertement au monde, quand il exécutera le jugement sur les vivants ! C’est pourquoi nous lisons : «Si tu fais ces choses, montre-toi au monde toi-même» ; c’est ce que lui disaient ses frères incrédules. Alors Jésus leur répond : «Mon temps n’est pas encore venu, mais votre temps est toujours prêt. Vous, montez à cette fête ; pour moi je ne monte pas (*) à cette fête, car mon temps n’est pas encore accompli» (Jean 7:4-8).
(*) Le mot «encore» du Texte Reçu doit être rejeté.
Mais il y avait une autre chose dans cette fête : un huitième jour ; un jour spécialement solennel ; au delà des sept jours qui complétaient la semaine de ce monde, la fête s’étendait jusqu’au premier jour d’une autre semaine. En ce jour, «la grande journée de la fête, Jésus se tint là, et cria, disant : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, selon ce qu’a dit l’Écriture, des fleuves d’eau vive couleront de son ventre. (Or il disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en lui ; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié)» (Jean 7). Il ne pouvait prendre part avec Israël à cette fête, mais il pouvait leur dire, en ce jour spécial qui allait au delà de l’ordre de ce monde, que le Saint Esprit serait donné en conséquence de la place céleste et glorieuse qu’il devait prendre comme homme, et à laquelle le Saint Esprit nous associe. Avec le repos d’Israël sur la terre, se trouve introduit ce qui est maintenant une espérance pour nous aussi, savoir l’association avec Christ dans la gloire céleste, qui nous est montrée dans sa manifestation dans le royaume, sur la montagne de la transfiguration, ce dont nous avons le gage dans le Saint Esprit qui nous est donné pendant que Christ, entré dans le ciel comme notre précurseur, attend jusqu’à ce que ses ennemis soient mis comme marchepied de ses pieds. Alors en Lui seront réunies en un toutes choses dans le ciel et sur la terre ; alors sera accomplie en Israël, et d’une manière bien plus excellente pour nous, la déclaration de Deutéronome 16:14, 15 : «Et tu te réjouiras... quand l’Éternel, ton Dieu, t’aura béni dans toute ta récolte, et dans tout l’ouvrage de tes mains, et tu seras dans la joie». La fête des Tabernacles ne fut guère célébrée dans toute la durée de l’histoire des Israélites, et il n’y a pas lieu de s’en étonner. Elle le fut au temps de Salomon, lors de la dédicace du temple, mais comme perdue dans la joie générale ; elle le fut aussi aux jours de Néhémie (8:14), lorsque les Juifs eurent appris, bien que rudement frappés, à chanter encore le cantique de David : «Sa bonté demeure à toujours». Ce que nous trouvons ainsi dans le Lévitique, le Deutéronome, comme aussi dans la conduite et les paroles remarquables du Seigneur, telles qu’elles sont rapportées dans l’évangile de Jean, tout cela est-il sans dessein et sans ordre ?
Tout le témoignage des jugements du Seigneur, tout ce qui se rapporte au repos du coeur, passages beaucoup trop nombreux pour être cités ici, en confirment la vérité et conduisent à chanter le plein résultat de cette parole si précieuse, tant de fois répétée à la fin des Psaumes : «Sa miséricorde demeure à toujours» ; tandis que pour nous, nous avons une part meilleure avec Christ, là où il est allé ; toutes choses étant réunies en un sous son autorité «pour l’administration de la plénitude des temps» (Éph. 1:40).

3. 7.4.3 Unité de dessein et de pensées divines dans les sacrifices et les types
Les SACRIFICES et les autres TYPES de l’Ancien Testament relient évidemment en un tout la Bible entière, depuis Abel jusqu’à Christ. Moïse fit le tabernacle suivant le modèle qui lui avait été montré sur la montagne. Il y avait donc là un dessein et un but. Christ a traversé les cieux (*), de même qu’Aaron entrait dans le lieu très saint. L’histoire du tabernacle et de Moïse est reprise, non seulement dans l’épître aux Hébreux qui entre dans les détails de l’ensemble, mais dans le ch. 3 de la seconde épître aux Corinthiens. Et remarquez que, dans le premier de ces écrits, ce n’est pas un partisan du cérémonial juif qui vient le confirmer ; c’est quelqu’un qui, tout en le traitant comme étant de Dieu, le met entièrement de côté, le plaçant en contraste avec le christianisme, c’est-à-dire avec ce qui est céleste. Le système tout entier est jugé, «ombre», il est vrai, «des biens à venir», et toutefois pleinement reconnu. Notez aussi que l’on n’y parle pas du temple que les Juifs avaient alors sous les yeux, et auquel sans doute les hommes auraient pensé : — il n’y est jamais fait allusion dans les Hébreux ; c’est le tabernacle dans le désert qui est mentionné, car le chrétien est dans le désert, bien que son appel soit céleste. Le tabernacle a pour nous sa pleine signification morale et spirituelle ; cependant tout était contraste : il y avait un voile qui fermait l’entrée du sanctuaire, et non un voile déchiré qui en ouvrait l’accès ; des sacrificateurs debout chaque jour, faisant le service et offrant souvent les mêmes sacrifices qui ne peuvent jamais ôter les péchés, et non un sacrificateur assis, parce que toute l’oeuvre expiatoire est accomplie.
(*) Et non «est entré dans les cieux», comme le portent les versions de Martin et d’Osterwald (Héb. 4).
Toute l’histoire du désert, je puis le dire, est rapportée dans le ch. 10 de la première épître aux Corinthiens, et est appliquée au christianisme. Nous retrouvons l’arche dans le livre de Josué, sous Éli et David ; l’histoire de la verge d’Aaron et de la manne est confirmée dans la description du temple de Salomon, par une simple allusion faite comme à une chose bien connue, ce qui est la plus forte confirmation possible. Leur absence avait d’ailleurs une portée morale ; elle indiquait que, le repos étant arrivé, ce qui avait servi dans le désert n’avait plus de raison d’être (2 Chron. 5:10). L’ordre du service du temple, substitué au tabernacle par David et Salomon, se trouve, quoique négligé, et bien que le temple ait été souillé, partout dans les livres des Rois. Or, bien que quinze siècles séparent l’établissement des deux systèmes (judaïsme et christianisme), le premier a une signification et une portée beaucoup plus grandes maintenant pour ceux qui le comprennent, qu’il ne l’avait pour ceux en faveur desquels il fut établi. C’était l’ombre des biens à venir, mais le corps est du Christ (Col. 2:17). Ceci s’applique à chaque partie de l’ordre du tabernacle, toutefois sous forme de contraste, comme je l’ai dit, puisqu’alors les sacrificateurs seuls pouvaient entrer, et non les autres, tandis que maintenant le voile est déchiré, et que le lieu saint est devenu une même chose, pour ainsi dire, avec le lieu très saint. Ce que signifie l’autel, ce que veut dire la cuve (à laquelle il est fait allusion, je n’en doute pas, en Jean 13), tout cela a sa vraie portée actuellement. L’esprit qui donnait à Moïse le modèle sur la montagne, avait alors en vue le christianisme, et celui-ci, en mettant de côté les ombres, faisait plus : il les accomplissait.

4. 7.4.4 Unité de dessein et de pensées divines dans l’histoire du peuple
Si dans L’HISTOIRE, la chose est moins évidente, elle n’en existe pas moins. «Toutes ces choses leur arrivèrent comme types, et elles ont été écrites pour nous servir d’avertissement, à nous que les fins des siècles ont atteints» (1 Cor. 10:11). C’est pourquoi ces faits, tels qu’ils se trouvent dans le Pentateuque, sont constamment liés étroitement avec les instructions du Nouveau Testament, et leur convenance est vue par tout chrétien intelligent. En réalité toute l’histoire tire sa valeur de son application présente à la vie de chaque jour, avec l’exactitude la plus absolue et la plus instructive. Historiquement, il est fait allusion aux récits du Pentateuque et ils sont employés pour juger et instruire Israël, comme on le voit dans les Psaumes, à quelques dates qu’ils puissent avoir été écrits ; qu’on lise par exemple les Psaumes 18, 114, 78, 99, 105, 106, 81. De même l’histoire des Juges dans le Ps. 83. La délicatesse de l’allusion, dans le Ps. 80, montre mieux qu’aucune citation combien les esprits étaient remplis de l’histoire du passé, Dieu l’employant par son Esprit. Dieu y est montré comme le pasteur d’Israël, conduisant Joseph comme un troupeau, faisant reluire sa splendeur d’entre les chérubins, et il est ajouté : «au-devant d’Éphraïm, de Benjamin et de Manassé». Pourquoi ces tribus sont-elles nommées ? C’est qu’elles venaient immédiatement après l’arche derrière le tabernacle (voyez Nomb. 2). Les allusions sont innombrables. L’esprit du peuple, depuis David jusqu’à la captivité, était rempli, saturé, de l’histoire du Pentateuque, de Samuel et des Juges. La négligence envers Jéhovah était grande, les jugements nombreux, mais les souvenirs et les désirs des enfants d’Israël vivaient dans l’histoire (voy. Juges 6:13) que nous lisons dans l’Ancien Testament, et dans ce que leurs prophètes leur disaient de l’avenir. C’était ce qui leur faisait connaître Dieu.

5. 7.4.5 Encore les sacrifices
Si nous revenons aux SACRIFICES, nous trouverons de la part des Israélites la même négligence que dans le reste, mais toute l’intention ainsi que l’unité d’intention sont évidentes et clairement établies. Depuis Abel, on voit que les sacrifices sont le seul vrai terrain pour approcher de Dieu. «Sans effusion de sang il n’y a pas de rémission». «C’est le sang qui fera propitiation pour l’âme» (Lév. 17:11). Les sacrifices étaient offerts à Dieu, mais pour les hommes le culte était en relation avec un autel, principe profond et important que nous retrouvons dans l’histoire de Caïn et d’Abel, et dans celle des patriarches. Dans le service du tabernacle, aucun feu étranger ne pouvait être employé pour brûler l’encens ; Nadab et Abihu payèrent de leur vie leur négligence à cet égard, et à cause de cela l’entrée du lieu très-saint fut fermée à Aaron, sauf au grand jour des expiations. Le péché et la mort étaient entrés, la mort et la confession du péché sont nécessaires pour que l’homme puisse approcher de Dieu ; et, lorsque tout eut été ordonné de Dieu, c’est une victime pure et sans tache qui devait être offerte. De telles offrandes se rencontrent dans la vie des hommes pieux et caractérisent leur carrière, comme nous le voyons, par exemple, pour Abraham, dont la vie sur la terre était une tente, et la vie divine un autel (*), et elles sont répétées trop souvent pour que j’aie besoin d’en parler plus longuement. Quand tout eut été arrangé par rapport au tabernacle, tous les détails relatifs aux sacrifices furent donnés. Il y avait l’holocauste, offert sur le principe que le péché était là et que l’expiation était faite (non pour des transgressions particulières) ; dans ce cas tout était brûlé, c’était un sacrifice d’agréable odeur à Dieu. Ensuite venait l’offrande du gâteau, dans laquelle n’entrait point le levain, figure du péché, mais où tout était pétri avec de l’huile et oint d’huile dans toutes ses parties ; on y ajoutait beaucoup d’encens qui était brûlé entièrement, pleinement mis à l’épreuve par le saint jugement et en agréable odeur à Dieu. Puis il y avait des sacrifices de prospérité ; ceux qui les offraient participaient à la chair des victimes, ainsi que le sacrificateur qui officiait et les autres sacrificateurs ; Dieu y avait aussi sa part réservée, car l’ordonnance touchant le sang et la graisse était toujours maintenue. Enfin, quand il y avait eu des péchés commis, on présentait des victimes sur la tête desquelles on confessait les péchés, et si le sang avait été porté dans le sanctuaire, le corps était brûlé hors du camp. Si l’efficacité du sang expiatoire allait dans le ciel, la victime était rejetée hors du camp ; une religion terrestre (relation d’un peuple avec Dieu sur la terre) cessait ; elle devenait impossible. C’était spécialement au grand jour des expiations que le sang était porté dans le lieu très saint, en la présence de Dieu, selon ce qu’il était, et non seulement selon la responsabilité de l’homme à laquelle se rapportait ce qui était fait sur l’autel des holocaustes au dehors. En outre, il y avait un sacrifice en rapport avec la traversée du désert, pour toute souillure qui pouvait s’y contracter et qui aurait empêché de rendre culte à Dieu, celui qui, sans cela, en avait le droit. Ceci se faisait non en versant le sang ou en en faisant aspersion, mais en aspergeant avec de l’eau vive, à laquelle les cendres de la génisse rousse avaient été mêlées. Quant au sang, il en avait été fait aspersion sept fois dans l’endroit où Dieu rencontrait le peuple. Toutes ces choses avaient un dessein et une signification. Les prophètes et les Psaumes y font allusion comme ayant été continuées historiquement avec plus ou moins d’ordre. Ils proclament insuffisant le fait de s’appuyer sur une simple offrande extérieure sans que le coeur soit brisé. Mais de plus, dans Ésaïe 53, nous est présenté Celui qui, frappé pour les transgressions du peuple de Dieu, a mis son âme en oblation pour le péché, offert à Dieu parce que le péché était là, complet holocauste d’une parfaite bonne odeur, Dieu étant glorifié en Lui. Antitype de l’offrande du gâteau, il était parfaitement pur comme homme conçu du Saint Esprit, oint du Saint Esprit, et, dans tout ce qu’il faisait, agissant par l’Esprit, tout en Lui étant une bonne odeur de grâce qui montait en haut vers Dieu, se rapportant entièrement à Dieu, quoique les sacrificateurs en pussent sentir le parfum, pleinement éprouvé aussi par le feu du jugement de Dieu. Il n’y avait là aucun levain ; tout était en agréable odeur à Dieu. Nous nous nourrissons de ce sacrifice, comme du sacrifice de prospérité, quoique la vie et toutes ses énergies aient été offertes à Dieu ; nous nous en nourrissons comme du pain descendu du ciel, et comme d’un sacrifice dans la mort ; seulement cette mort est devenue pour nous la certitude de la vie, et ce qui auparavant était ruine absolue est maintenant rédemption et vie, et nous buvons aussi le sang. Non seulement l’expiation est faite pour nos péchés, et notre culpabilité est enlevée quand nous croyons, mais Dieu a été parfaitement glorifié dans sa nature et sa justice intrinsèque, mesurées par ce qu’il est et non pas simplement par ce que nous lui devons ; et tous nos péchés sont ôtés et transportés là où ils ne seront plus jamais trouvés. Telle était l’offrande spéciale du grand jour des expiations.
(*) Il n’en eut point en Égypte, ni jusqu’à ce qu’il fût retourné à Béthel.

Pour le croyant, il n’y a plus conscience de péchés ; il est parfait à perpétuité quant à sa conscience (Héb. 10). En même temps, il a été pourvu au rétablissement de la communion avec Dieu quand nous nous sommes souillés. Le Saint Esprit, par la Parole, restaure l’âme qui se juge elle-même, en vertu de ce qui montre que les péchés sont ôtés pour toujours. «En la consommation des siècles, Christ a été manifesté une fois pour l’abolition du péché par le sacrifice de Lui-même», ce qui sera parfaitement accompli quant au résultat, sous les nouveaux cieux et sur la nouvelle terre ; «et comme il est réservé aux hommes de mourir une fois, et après cela le jugement, ainsi la Christ aussi, a été offert une fois pour porter les péchés de plusieurs». Dieu a été parfaitement glorifié dans sa nature par la rédemption, et les péchés du croyant sont ôtés pour toujours, de sorte qu’il a pleine liberté pour entrer dans les lieux saints. Je ne puis pas m’étendre ici sur ce sujet si vaste des sacrifices, quelque profond intérêt qu’il présente. Ce que j’ai voulu montrer, c’est que la parole de Dieu nous présente depuis le temps d’Abel, une ligne de pensée distincte, développée en détail dans la loi de Moïse et prophétiquement appliquée dans Ésaïe au serviteur de Dieu qui devait venir. Il en est parlé dans les Psaumes, en expressions dont se sert le Seigneur lui-même sur la croix ; les Évangiles le nomment clairement «l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde», le Fils de l’homme venu pour donner sa vie en rançon pour plusieurs ; et les épîtres montrent Christ, qui est mort pour nos péchés selon les Écritures, le juste pour les injustes, un Agneau sans défaut et sans tache. L’agneau de la foi d’Abel est l’Agneau au milieu du trône, dont l’épouse est la Jérusalem céleste, Lui-même en étant la lumière et la gloire, «un agneau qui se tenait là, comme immolé».
La même pensée divine se poursuit à travers toute l’Écriture, depuis le commencement de la Genèse jusqu’à la fin de l’Apocalypse : cette pensée divine, préfigurée en Abel, dans l’Exode et les sacrifices du tabernacle, chantée en saints accents dans les Psaumes, annoncée par les prophètes de Dieu qui nous prédisent jusqu’au prix auquel Christ devait être vendu, accomplie dans la Parole devenue chair, et développée dans les enseignements du Saint Esprit : — tout se rapporte au précieux Agneau de Dieu, dont le sang nous purifie de tout péché. Est-ce un compilateur de documents fragmentaires du temps d’Esdras, ou bien est-ce Dieu qui nous a enseigné tout cela : cette immense vérité morale, depuis Abel jusqu’à la consommation de toutes choses, le fondement stable sur lequel reposent les nouveaux cieux et la nouvelle terre, qui fait que la grâce devient justice, — la justice de Dieu, et qui place l’homme dans la gloire à la droite de Dieu, nous ouvrant le ciel maintenant, et quand le temps sera venu, nous y plaçant nous-mêmes ? C’était la pensée de Dieu, l’oeuvre d’amour de Dieu, et la révélation de Dieu, jamais perdue de vue, et qui ne le sera jamais, même quand Christ aura remis le royaume à Dieu le Père, afin que Dieu soit tout en tous.

5. 7.5 Unité de dessein et de pensées divines dans des parties de l’Écriture à plusieurs auteurs
Ce qui précède suffira pour montrer comment une même pensée divine, révélant un même dessein, coule comme un courant continu à travers la Bible considérée dans son ensemble. J’insiste sur le fait qu’il y a plusieurs livres, composés par différents auteurs, rassemblés, nul ne peut dire par qui, mais dont la divine inspiration est démontrée, qu’on les prenne séparément ou collectivement, par l’unité divine qui règne dans tout leur contenu, preuve d’autant plus puissante, que plusieurs de ces auteurs vivaient dans les siècles les plus reculés. Mais je prendrai maintenant deux parties spéciales de cette grande collection, car de quelque manière qu’elle ait été faite, chacun admet que c’est une collection, le Seigneur lui-même y ayant mis son sceau. Ces deux portions sont les évangiles et les Psaumes, dans lesquels je désire montrer la pensée divine.

1. 7.5.1 Les Évangiles : origine, auteurs, inspiration, effets sur le coeur et la conscience
Je n’attache aucune importance aux traditions suivant lesquelles l’évangile de Marc aurait été composé à Rome, et aurait pour source le témoignage de Pierre, non plus qu’à celles qui représentent l’évangile de Luc, comme composé plus ou moins sous les auspices de Paul. Il m’est tout à fait indifférent de savoir si une tradition de seconde main (ni l’une ni l’autre très anciennes) est vraie ou fausse ; s’il est exact ou non que ces deux évangiles aient une première origine apostolique. La question est de sav


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