The Dictator Pope (Marcantonio Colonna)

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Message Ecrit le 13 Jan 2018, 05:50

Avec le recul du temps, nous voyons mieux où se situe " le mystère de l' iniquité ".

Gilbert Chevalier

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Message Ecrit le 13 Jan 2018, 10:25

Danneels

Godfried Danneels est certainement l’une des personnalités les plus en vue de ces hommes d’Église, et ce depuis plus de 30 ans à la tête non seulement du riche et influent archidiocèse bruxellois, mais aussi d’un réseau de contacts politiques, sociaux et judiciaires qui l’ont rendu immensément influent politiquement. Au cours de son long mandat, Danneels n’a jamais eu de mal à retenir ses opinions sur la plupart des sujets "chauds" qui préoccupent l’Église, en particulier dans les domaines de la moralité sexuelle, de l’avortement, de la contraception, de l’homosexualité et du mariage homosexuel.

Danneels était bien connu dans toute l’Europe pour son influence politique en faveur de la libéralisation des lois belges sur le sexe et le mariage. En 1990, il conseilla au roi Baudouin de Belgique de signer une loi légalisant l’avortement et refusa plus tard de retirer du matériel explicite d’éducation sexuelle – condamné comme pornographique par de nombreux parents – des écoles catholiques belges. Il a déclaré officiellement que la légalisation du mariage homosexuel en Belgique était une « évolution positive » (17). En mai 2003, il a écrit au Premier ministre Guy Verhofstadt, qui se préparait à son second mandat, pour féliciter le gouvernement de Verhofstadt pour « l’approbation d’un statut juridique pour une relation stable entre partenaires de même sexe ».

Quelques mois après son départ à la retraite, en avril 2010, Danneels était surtout sous un nuage de scandale, accusé d’avoir couvert un évêque protégé qui avouait avoir abusé sexuellement de son propre neveu mineur. En 2010 (18), il a été révélé – par la publication d’un enregistrement audio – que Danneels avait dit à la victime de se taire et de ne pas causer d’ennuis à l’évêque de Bruges, bientôt à la retraite, Roger Vangheluwe, suggérant même que la victime devrait « demander pardon ». Avant la sortie des enregistrements, Danneels avait nié avoir eu connaissance d’abus sexuels commis par des membres du clergé ou des dissimulations. Mais le prêtre dénonciateur, Rik Devillé, a affirmé plus tard qu’il avait averti Danneels de l’affaire Vangheluwe au milieu des années 1990 (19). Comme le délai de prescription légal était expiré, Vangheluwe n’a jamais été inculpé pour ses crimes, bien qu’il ait présenté des excuses publiques aux victimes.

Par la suite, une vague de plaintes de centaines de cas d’abus sexuels commis par des ecclésiastiques sur une période de vingt ans a provoqué l’intervention de policiers qui ont fait irruption dans la maison de Danneels et dans les bureaux diocésains. Des ordinateurs et des fichiers ont été saisis (20), y compris toute la documentation recueillie par la commission diocésaine sur les allégations d’abus. Le cardinal a ensuite été interrogé par les procureurs pendant 10 heures, mais aucune accusation n’a été portée.

Pour des raisons qui restent incertaines, les preuves saisies ont été déclarées irrecevables, les documents retournés à l’archidiocèse et l’enquête a été brusquement close. Cela malgré le fait que des individus avaient déposé près de cinq cents plaintes distinctes, dont plusieurs alléguaient que Danneels avait utilisé son pouvoir et ses relations pour protéger les préposés aux abus sexuels.

Peter Adriaenssens, le président de la commission sur les abus sexuels lancée par le successeur de Danneels, l’archevêque André Léonard, s’est plaint aux procureurs des raids, affirmant que son équipe avait perdu les 475 dossiers qu’ils avaient recueillis sur les allégations d’abus. La commission a été dissoute et aucune autre enquête n’a jamais été entreprise, bien qu’Adriaenssens ait dit qu’une cinquantaine de dossiers impliquaient Danneels.

En décembre de la même année, Danneels a déclaré à un comité parlementaire sur les abus sexuels qu’il n’y avait jamais eu de politique de dissimulation pour les employés de bureau. L’archidiocèse de Malines-Bruxelles a par la suite présenté des excuses publiques pour son "silence" sur les abus sexuels commis par des membres du clergé sur des mineurs.

La retraite s’est avérée décevante pour Danneels, à cause d’un successeur, un conservateur Ratzingerien réputé, qu’il décrit comme « totalement inadapté à Bruxelles ». Avec l’élection de Joseph Ratzinger comme Pape Benoît XVI en 2005, l’étoile de Danneels semble s’être irrémédiablement effacée.

Mais le Conclave de 2013 l’a ramené à l’avant-scène de la politique ecclésiastique, le nouveau pape l’ayant invité à se joindre à lui sur la Loggia Saint-Pierre pour sa première apparition devant la foule. Il a eu le privilège d’entonner les prières propres à la messe d’investiture de François. Plus tard, le cardinal, que beaucoup avaient considéré "déshonoré", fut invité par le Pape François comme une faveur papale spéciale pour assister aux deux Synodes sur la Famille où il prit un rôle de premier plan. Danneels lui-même a décrit son dernier conclave comme « une expérience de résurrection personnelle ».

(17) Voir l’article dans LifeSiteNews, 5 juin 2013 : Hilary White, "Gay ’marriage’ a ’positive development’ : retired Belgian Cardinal Danneels". ("Le ’mariage’ gai un ’développement positif’ : le cardinal belge Danneels à la retraite") https://www.lifesitenews.com/news/gay-m ... l-danneels

(18) Article paru dans LifeSiteNews, 30 août 2010 : Hilary White, "Cardinal Danneels Urged Sex Abuse Victim to Silence : Secret Recordings". ("Le Cardinal Danneels a exhorté la victime d’abus sexuel au silence : Enregistrements secrets") https://www.lifesitenews.com/news/cardi ... recordings

(19) Article paru dans le New York Times du 29 août 2010 : Steven Erlanger, "Belgian Church Leader Urged Victim to Be Silent". ("Le leader de l’Église belge a exhorté les victimes à garder le silence") http://www.nytimes.com/2010/08/30/world ... lgium.html

(20) Article paru dans le Daily Mail du 25 juin 2010 : Colin Randall, "Police raid home of Belgian archbishop in sex abuse probe". ("La police effectue une descente chez l’archevêque belge dans une enquête sur les abus sexuels") http://www.dailymail.co.uk/news/article ... probe.html
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Message Ecrit le 13 Jan 2018, 10:48

Je vois surtout de la diffamation quand ce ne sont pas de pures calomnies. (à propos de Danneels, par exemple)
C'est très vertueux d'accuser sans preuve ! Bravo Gilbert, très chrétien votre témoignage.

Et le non respect des droits d'auteur, on en parle ?

Gilbert Chevalier

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Message Sujet: The Dictator Pope (Marcantonio Colonna)

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Message Ecrit le 13 Jan 2018, 11:13

"L’équipe Bergoglio" achève les travaux de Saint-Gall

Malgré les règles du secret absolu, il a été révélé après le Conclave de 2005 que l’obscur archevêque Jésuite de Buenos Aires, Jorge Mario Bergoglio, avait été le second (21). Les membres du groupe de Saint-Gall étaient presque tous présents et travaillaient dur pour leur candidat. Et le soutien était important. Sur l’avant-dernier tour de scrutin, Bergoglio avait 40 voix contre 72 de Ratzinger. Paul Badde a dit que c’est le cardinal Meisner de Cologne qui avait « combattu passionnément » le groupe de Saint-Gall en faveur de Ratzinger, « et surtout le cardinal Danneels ». Un cardinal anonyme, qui tenait un journal des délibérations, déclara que le groupe se rapprochait : « Le Jésuite argentin est arrivé au seuil numérique de 39 voix, ce qui, théoriquement, pourrait permettre à une minorité organisée de bloquer l’élection de tout candidat. » L’histoire en témoigne, et le groupe de Saint-Gall a reculé après 2005.

Mais le pontificat de Benoît XVI était tumultueux, surtout la dernière année, et avec sa renonciation surprise, que le groupe y ait participé ou non, ils ont vu une opportunité ultime. Avec la mort de Martini, et la plupart des membres du groupe arrivant dans les limites de l’âge limite pour participer à un Conclave, le temps manquait – ils savaient que c’était réellement leur dernière chance. Avec la période "sede vacante" qui précède un conclave, ne commençant officiellement que quelques jours avant le 80e anniversaire de Walter Kasper, certains ont demandé si ce n’était pas trop croire que le moment de la renonciation soudaine de Benoît n’était qu’une simple coïncidence. Le 80e anniversaire de Danneels ne devait venir que quelques mois plus tard, et Lehmann n’avait que trois ans de plus.

La question de faire campagne au Conclave est cruciale car les révisions du Pape Jean-Paul II l’interdisent expressément, sous peine d’excommunication automatique. Le document juridique pontifical de 1996 régissant les Conclaves, Universi Dominici Gregis, interdit spécifiquement ce genre d’activité et impose de lourdes peines tant à ceux qui font campagne qu’à celui qui donne son consentement aux militants. Et un pape excommunié n’est pas un pape.

UDG 81 dit : « Que les électeurs cardinaux s’abstiennent en outre de tous les pactes, accords, promesses et autres obligations qui pourraient les contraindre à donner ou refuser leur soutien à quiconque. » Jean Paul soutenait qu’un conclave doit être un événement religieux et non politique, et que les électeurs cardinaux doivent avoir recours à la prière et à l’inspiration du Saint-Esprit, et non au factionnalisme mondain, et encore moins d’une cabale qui aurait l’intention d’utiliser un conclave pour diriger l’Église de derrière le trône.

Malgré cette ambition réformiste, dans son livre de 2014 sur Bergoglio, Le Grand Réformateur, Ivereigh a écrit sur la campagne électorale ouverte qui s’est déroulée parmi un groupe de quatre cardinaux en 2013. Il s’agissait de trois anciens élèves de Saint-Gall : Walter Kasper, Godfried Danneels et le cardinal Karl Lehman. Parmi eux, cependant, il y avait l’héritier du représentant anglais du groupe, le cardinal Basil Hume, archevêque de Westminster. Hume était mort en 1999, mais son successeur idéologique et épiscopal était le cardinal Cormac Murphy O’Connor. Ivereigh a écrit que, bien qu’il ait plus de 80 ans, Murphy O’Connor a joué le rôle de recruteur des cardinaux votants anglophones pour la cause, pendant les congrégations générales et les engagements sociaux précédant le Conclave.

Bien que le Cardinal Bergoglio n’ait pas été lui-même membre du groupe de Saint-Gall, Ivereigh a dit qu’il a néanmoins donné verbalement son « consentement » à Murphy O’Connor pour être candidat au "Team Bergoglio", action également interdite par une interprétation stricte de l’Universi Dominici Gregis. Bien que les quatre cardinaux nommés par Ivereigh aient plus tard nié son allégation – et Ivereigh s’est engagé à éditer cela dans les futures éditions du livre – dans le cas au moins du Cardinal Murphy O’Connor ses propres déclarations antérieures contredisent le déni. Fin 2013, l’archevêque de Westminster donna une interview au Catholic Herald dans laquelle il reconnut non seulement qu’il avait fait campagne au Conclave, mais aussi qu’il avait obtenu l’assentiment de Bergoglio pour être leur homme.

L’article de Miguel Cullen dans l’édition du 12 septembre 2013 de l’Herald (22) dit : « Le cardinal a également révélé qu’il avait parlé au futur Pape en quittant la Missa pro Eligendo Romano Pontifice, dernière Messe avant le début du conclave, le 12 mars. »

Murphy O’Connor a dit : « Nous avons parlé un peu. Je lui ai dit qu’il avait mes prières et lui ai dit, en italien : « Fais attention. » Je faisais une allusion, et il réalisa et dit : « Si capisco – Oui, je comprends. » Il était calme. Il savait qu’il allait probablement devenir candidat. Je savais qu’il allait être Pape ? Non. Non. Il y avait d’autres bons candidats. Mais je savais qu’il serait l’un des meilleurs. » L’avertissement à Bergoglio d’être prudent semble certainement laisser entendre que Murphy O’Connor – et Bergoglio – savaient qu’il était au moins en train de contourner les règles.

Ceci est confirmé dans le même article du Herald où Murphy O’Connor est cité en disant : « Tous les cardinaux ont eu une réunion avec lui dans le Hall des bénédictions, deux jours après son élection. On est tous montés un par un. Il m’a accueilli très chaleureusement. Il a dit quelque chose comme : "C’est ta faute. Qu’est-ce que tu m’as fait ?" »

Dans un entretien avec l’Indépendant après le Conclave (23), Murphy O’Connor a également laissé entendre qu’un programme particulier avait été présenté à l’Argentin de 76 ans, qu’il devait réaliser en quatre ans environ. Le cardinal anglais a dit au journaliste et écrivain Paul Vallely (24) : « Quatre ans de Bergoglio suffiraient à changer les choses. » Un commentaire assez juste après le fait, mais c’est la même phrase qu’Andrea Tornielli a enregistrée dans La Stampa dans un article daté du 2 mars 2013, onze jours avant l’élection de Bergoglio : « Quatre années de Bergoglio suffiraient à changer les choses, chuchote un ami cardinal et de longue date de l’archevêque de Buenos Aires. »

La situation a été résumée récemment par Matthew Schmitz dans First Things (25), qui a dit : « Bien que Benoît soit encore en vie, François essaie de l’enterrer. »

(21) Article dans Limes, 31 août 2009 : Lucio Brunelli, "Così eleggemmo papa Ratzinger". ("Nous avons donc choisi le pape Ratzinger.") http://www.limesonline.com/cosi-eleggem ... inger/5959

(22) Article paru dans The Catholic Herald, 12 septembre 2013 : Miguel Cullen, "Pope sent greetings to the Queen straight after his election, says cardinal". ("Le Pape a adressé ses salutations à la Reine tout de suite après son élection, dit le cardinal") http://www.catholicherald.co.uk/news/20 ... -cardinal/

(23) Article dans The Independent, 31 juillet 2013 : Paul Vallely, "Pope Francis puts people first and dogma second. Is this really the new face of Catholicism ?" ("Le Pape François place les gens au premier plan et le dogme au second plan. Est-ce vraiment le nouveau visage du catholicisme ?") http://www.independent.co.uk/voices/com ... 40242.html

(24) Article paru dans La Stampa du 2 mars 2013 : Andrea Tornielli, "Tentazione sudamericana per il primo Papa extraeuropeo". ("Tentation sud-américaine pour le premier Pape non européen") http://www.lastampa.it/2013/03/02/itali ... 5195880448

(25) Article paru dans First Things, 22 mai 2017 : Matthew Schmitz, "Burying Benedict". ("Enterrer Benoît") https://www.firstthings.com/web-exclusi ... g-benedict
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Message Ecrit le 15 Jan 2018, 02:43

2. LE CARDINAL D’ARGENTINE

Historique à Buenos Aires


Lorsque le Cardinal Bergoglio a été élu Pape François en 2013, il était à la tête de l’Église catholique en Argentine depuis quinze ans, et était une figure très connue à l’échelle nationale. Il aurait été possible pour les cardinaux d’obtenir des détails sur la façon dont il a été vu dans son pays d’origine, mais les conclaves papaux ne ressemblent pas à une nomination au poste de PDG dans une entreprise multinationale, avec des références exigées des candidats. Depuis son élection, le Pape François a pris le monde par surprise, et cela inclut probablement la plupart des cardinaux qui ont voté pour lui. Des rapports commencent à sortir, même s’ils ne parlent qu’avec prudence et en privé, qu’ils éprouvent des « remords de l’acheteur ».

Le but de ce chapitre est d’examiner le bilan de la carrière antérieure de Bergoglio et de combler le vide que les cardinaux ont négligé d’examiner à la loupe. Les sources utilisées sont, tout d’abord, la biographie complète rédigée par Austen Ivereigh, Le Grand Réformateur, qui est le plus exubérant des récits et aussi, sans coïncidence, la plus hagiographique. Mais il s’agit surtout ici de résumer les récits des compatriotes de Bergoglio, des gens qui l’ont connu depuis de nombreuses années et qui connaissaient l’état de l’Église argentine de l’intérieur. Ils racontent une histoire avec laquelle le reste du monde n’était pas vraiment au courant, mais qui explique en grande partie le style et la politique de François, comme nous en avons été témoins au cours des cinq dernières années.

Jorge Mario Bergoglio est né le 17 décembre 1936 dans une banlieue de Buenos Aires, fils d’un comptable en difficulté. Les signes de tension qui peuvent être détectés dans sa famille ne sont pas seulement économiques. L’adulte Jorge n’était pas prêt à parler de ses parents. Après la naissance de son cinquième enfant, sa mère devint temporairement invalide et dut déléguer l’éducation de ses enfants à une femme appelée Concepción. Jorge a célébré cette mère adoptive comme une bonne femme, mais il a admis qu’il la traitait mal quand, des années plus tard, elle est venue à lui pour lui demander son aide comme évêque à Buenos Aires et il l’a renvoyée, avec ses propres mots, « rapidement et d’une manière très mauvaise » (26). L’incident semble indiquer des souches qui sont enterrées dans le passé, mais pourrait fournir un indice de la personnalité énigmatique de Bergoglio.

Sur le plan sociologique, les temps étaient déjà assez difficiles. L’Argentine a été frappée par la récession mondiale des années 30 et souffre d’un revers de la médaille comme elle ne l’avait jamais connu de mémoire vivante. Au cours du demi-siècle qui a précédé la Première Guerre mondiale, le pays était inondé d’investissements britanniques, le reste du monde était avide des produits naturels de la pampa, et l’Argentine devenait le huitième pays le plus riche du monde, dominé par une oligarchie de millionnaires du bon temps. Une dernière vague de prospérité s’est produite au cours de la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’une Grande-Bretagne assiégée était aux abois au sujet des exportations de viande argentine ; mais avec l’avènement de la paix, le boom s’est effondré. C’est dans ce contexte que Juan Perón, un dictateur populiste qui domine depuis lors la culture politique argentine, est arrivé au pouvoir.

Perón fut président de 1946 à 1955, entre les dixième et dix-neuvième années de Jorge Bergoglio, et le regard du garçon, comme celui de toute sa génération, devint fasciné par cette figure unique et le mouvement qu’il fonda. Le secret de Perón était d’exploiter les griefs d’un société nouveau riche qui avait soudainement perdu son bonanza. Il s’est fait le champion du petit homme – une classe à laquelle la famille Bergoglio appartenait sans doute – contre la ploutocratie qui l’exploitait depuis si longtemps ; il a utilisé une rhétorique nationaliste et anti-étranger, faisant de l’Argentine une victime, comme si le pays ne s’était pas enrichi toute sa vie sur la demande étrangère. L’épouse de Perón, Évita, ex-actrice au goût de luxe mais détestée des grands cercles auxquels elle était étrangère, incarne le style flashy et strident du régime. Le trait le plus particulier de Perón était un opportunisme cynique qui faisait appel successivement à l’appui de droite et de gauche. D’abord champion de l’identité catholique argentine, Perón s’était disputé avec l’Église dans les années 1950 et dirigeait l’un des régimes les plus anticléricaux du monde. Il a été renversé par un coup d’État militaire en 1955 et a passé les dix-huit années suivantes en exil en Espagne, laissant derrière lui une génération éblouie et déçue. Parmi ses disciples se trouvait le jeune Jorge Bergoglio, et le temps était venu de montrer à quel point il serait un disciple du style du maître.

Après des études catholiques à Buenos Aires, Jorge Bergoglio décide à l’âge de 21 ans de devenir Jésuite et entre au noviciat de l’Ordre en 1958. Il fut ordonné prêtre en 1969 et acheva la longue formation jésuite deux ans plus tard. Après son élection comme Pape, des récits élogieux de sa carrière sont apparus, mais il vaut la peine de noter – non pas par dénigrement, mais par étude du caractère – quelques traits de caractère qui sont mentionnés par son biographe Austen Ivereigh. Au cours de ses premières années, un manifeste ostentatoire de piété fut critiqué par les autres novices de Jorge Bergoglio ; plus tard, lorsqu’il fut maître et préfet de discipline dans une école de garçons dirigée par l’ordre, il fut connu pour sa manière d’infliger des punitions sévères avec un visage angélique (27). Les années qui suivirent 1963 furent une époque où une vague de politisation prit le pas chez les Jésuites, en Argentine comme dans le reste du monde, et la tendance caractéristique était à la politique de gauche ; le lien de Bergoglio fut cependant avec le péronisme de droite. En 1971, il fut nommé Maître des novices de la Province d’Argentine, et il combinait cette tâche avec le soutien de la Garde de Fer ("Iron Guard"), qui travaillait alors au retour du Perón en exil. Austen Ivereigh décrit cet engagement euphémiquement comme « donner un soutien spirituel » au mouvement ; c’était en fait beaucoup plus, et il illustre les intérêts politiques qui devaient caractériser Bergoglio toute sa vie. Selon la plupart des normes, c’était une manière inhabituelle pour le maître des novices d’un ordre religieux de passer ainsi son temps libre.

(26) Omar Bello, "El Verdadero Francisco", Buenos Aires, 2013, p.60. https://gloria.tv/album/76VN81FZDJbK2uS ... 4kEyjBvnCm

(27) Austen Ivereigh, "The Great Reformer", New York, 2014, pp.67 et 78.
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Message Ecrit le 16 Jan 2018, 10:21

Bergoglio comme Provincial Jésuite

En juillet 1973, après deux ans comme Maître des novices, le Père Jorge Bergoglio est nommé supérieur de la Province d’Argentine, âgé de trente-six ans et n’ayant terminé sa formation que deux ans auparavant. Le poste de Provincial est typiquement confié à des prêtres qui ont une cinquantaine d’années et des années d’autorité derrière eux, et nous devrions étudier ce que signifie cette nomination exceptionnelle. À l’âge de trente-six ans, Jorge Bergoglio était une figure formidable, comme il l’est resté depuis, et il vaut la peine de s’arrêter pour l’examiner. En tant que Pape, Jorge Bergoglio s’est rendu célèbre par son rejet des obstacles et par son identification aux pauvres, et il n’y a aucune raison de les considérer comme des traits superficiels. Ceux qui le connaissent témoignent de son austérité personnelle et de son attachement à la pauvreté dans ses habitudes personnelles. Il a été laissé à un observateur argentin, Omar Bello, de peser cette caractéristique et de la lier à une autre, moins discutée : la poursuite du pouvoir.

Bello a dit de Bergoglio : « Il conserve la sagesse de comprendre que l’on atteint les hauteurs en jetant du lest par-dessus bord, une stratégie évidente que nous semblons avoir oubliée. » (28) Et c’est en fait une leçon très jésuite. Le grand pouvoir que la Société a souvent acquis dans l’histoire n’a pas été atteint en poursuivant des pompes et des dignités. On pense à la leçon donnée en Amérique du Sud même, où les missions des Jésuites parmi les Indiens, connues sous le nom de Réductions, se classaient autrefois presque comme des États indépendants ; pourtant, elles étaient dirigées par des prêtres ordinaires, portant seulement le titre de Père et portant la simple coutume jésuite. Ou, plus près de l’époque de Bergoglio, il y avait l’exemple donné par le Père Vladimir Ledochowski, Supérieur général de 1915 à 1942 et qui marqua sa personnalité sur l’ordre. Sa carrière fut brillante : Provincial à trente-six ans, Assistant du Général à quarante ans, et élu Général lui-même à quarante-huit ans. Cet aristocrate polonais aux belles manières se transforma en un modèle d’austérité puissante ; une petite figure réservée, aux cheveux serrés, vêtue d’une soutane noire unie, mais dirigeant un ordre qui passa de 17 000 à plus de 26 000 membres à son époque, avec une augmentation considérable de son travail missionnaire. Aucun Jésuite qui est entré dans l’ordre au milieu du vingtième siècle n’aurait ignoré cet exemple.

La formation jésuite traditionnelle vise à former des hommes dont l’autodiscipline et le discernement les rendront efficaces dans leur mission, ce qui implique une psychologie de type rigoureux, suivant les lignes directrices établies par saint Ignace au XVIe siècle. On ne veut pas tomber dans le cliché de dépeindre la Compagnie de Jésus comme un corps spécialement machiavélique. Cette accusation a été portée contre tout ordre qui tente de se rendre efficace dans le monde, comme il l’est aujourd’hui contre l’Opus Dei. Il est vrai, cependant, que les méthodes des supérieurs, dans un ordre célèbre pour son obéissance, envisageaient typiquement de gérer leurs sujets un peu comme des soldats, idéalement pour leur propre bien. Dans les mains d’un supérieur sage, de telles méthodes pourraient être bénéfiques, mais on peut voir qu’elles pourraient aussi glisser dans la manipulation psychologique. Si nous regardons le rapport du Père Jorge Bergoglio en tant que Maître des novices, les rapports indiquent que ses méthodes de contrôle étaient rudes, et cette impression est étayée par les informations données par Austen Ivereigh. Il note que Bergoglio avait trois novices sous ses ordres pendant sa première année et quatre pendant la seconde, mais qu’au moment où il a pris la charge de Provincial en 1973, la Province n’avait plus que deux hommes au noviciat, ce qui implique qu’il avait perdu la moitié de ses novices pour quelque raison que ce soit.(29)

Cela n’aurait pas été très inhabituel, car en 1973 la Province d’Argentine, comme toute la Compagnie de Jésus, était en crise. Son Général de 1965 à 1981 fut le Père espagnol Pedro Arrupe qui, dès son élection, se sentit obligé de suivre l’exemple des grands intellectuels Jésuites dans l’interprétation du Concile Vatican II dans une ligne de libéralisme extrême. Le résultat fut l’effondrement de la Société sous son mandat, qui passa de 36 000 à 26 000 membres, anéantissant l’avance que l’ordre avait faite depuis la Seconde Guerre mondiale. La nouveauté caractéristique, comme on l’a fait remarquer plus tôt, était une politisation des Jésuites et, surtout en Amérique latine, une embrassade à l’idéologie de la "libération" inspirée du marxisme. Au début des années soixante-dix, la Compagnie de Jésus souffrait d’hémorragie à cause du retrait de son ancienne mission spirituelle, mais en Argentine, le Père Arrupe s’était surpassé. Déjà en 1969, lorsque le Père Bergoglio fut ordonné prêtre, la plupart des novices qui étaient entrés avec lui avaient quitté la Société. Cette année-là, le Père Arrupe nomma comme Provincial le Père Ricardo O’Farrell, sous lequel les choses prirent un tournant marqué pour le pire. En 1973, la Province avait perdu près de la moitié de ses effectifs des dix ans d’auparavant et ne comptait que neuf hommes en formation, contre une centaine précédemment connus. La formation jésuite fut confiée aux supérieurs qui abandonnèrent la spiritualité pour la sociologie et la dialectique hégélienne. L’université de Salvador à Buenos Aires, qui était sous la direction de la Province, est tombée dans le chaos ; un certain nombre de prêtres qui y enseignaient épousèrent leurs étudiantes, et l’université a accumulé une dette de deux millions de dollars. Dans cette situation difficile, un groupe de Jésuites a demandé au Père Arrupe le retrait de O’Farrell et, pour une fois, le Général a fait passer la survie avant l’idéalisme libéral : le Père Bergoglio a été chargé de rassembler la Province. Et cela, il l’a fait exceptionnellement bien. Pendant les six années où il fut Provincial, il imposa l’ordre et la Province commença à se rétablir. Au début des années 80, il y avait une centaine d’étudiants au séminaire philosophique et théologique, plus encore qu’avant l’époque de la débâcle et du déclin. Peu de provinces de la Société en ces temps troublés pouvaient se vanter d’une telle prospérité.

Le rejet de l’école marxiste qui avait pris le contrôle de la Société dans la majeure partie de l’Amérique latine était au cœur de la réussite du Père Bergoglio. Il y avait une raison spécifique à cela : Bergoglio lui-même était un homme du peuple, et en Amérique latine la "théologie de la libération" était un mouvement d’intellectuels des classes supérieures, le pendant du chic radical qui a conduit la bourgeoisie en Europe à vénérer Sartre et Marcuse. Avec de telles attitudes, Bergoglio n’avait aucune sympathie ; bien qu’il ne s’était pas encore explicitement identifié à la "théologie du peuple", qui surgissait en concurrence directe avec l’école marxiste, son instinct le fit suivre la ligne populiste du péronisme, qui (quelque soit le cynisme de son créateur) était plus proche de la véritable classe ouvrière et de la classe moyenne inférieure. Ainsi, le Père Bergoglio soutenait l’apostolat dans les quartiers pauvres, mais il ne voulait pas que leurs habitants soient recrutés comme guérilleros de gauche, comme certains de ses prêtres essayaient de le faire. Sa façon de traiter avec l’université salvadorienne sinistrée est révélatrice : il l’a remise à certains de ses associés de la Garde de Fer péroniste, libérant ainsi la Province Jésuite de son fardeau et présentant à ses alliés politiques un champ d’influence. L’une des accusations les plus courantes à l’encontre du Père Bergoglio était d’être une figure de division en tant que Provincial. Étant donné l’état de la Province telle qu’il l’a trouvée, avec un parti de personnalités hautement politiques qui l’avait traînée au désastre, on pourrait penser que c’était inévitable, ou même une bonne chose ; mais les rapports indiquent que ses méthodes étaient plutôt dans le sens d’exiger la loyauté envers lui-même et de marginaliser ceux qui n’ont pas suivi la ligne.

Les six années pendant lesquelles Bergoglio fut Provincial furent politiquement mouvementées en Argentine. Sa nomination en juillet 1973 coïncide avec le retour de Perón de son exil espagnol. Perón a été élu président triomphalement en octobre et est décédé en fonction au mois de juillet suivant. Sa veuve Isabelita lui a succédé en tant que Présidente, sous laquelle le pays a glissé dans la guerre civile, promue par des insurgés de guérilla soutenus par Cuba qui ont formé, en Argentine, la plus grande force de ce genre dans l’hémisphère occidental. Isabelle Perón a libéré des escadrons de la mort contre eux, ce qui a ouvert la voie à une prise de pouvoir militaire ouverte en mars 1976, créant une dictature qui a duré sept ans. La répression a été sévère, avec de nombreuses arrestations, exécutions et tortures d’ennemis politiques.

En tant que Provincial, le Père Bergoglio était responsable de plusieurs centaines de Jésuites, dont beaucoup avaient été radicalisés au cours de la décennie précédente, et après la dictature, la question de ses relations avec elle a été soulevée publiquement. En 1986, un livre a été publié affirmant qu’il avait remis deux prêtres de gauche, le Père Yorio et le Père Jalics, pour les arrêter et les torturer. (30) L’accusation a refait surface en 2005, lorsque Bergoglio était archevêque de Buenos Aires, et qu’une biographie de lui-même a été publiée pour contrer les accusations. (31) Le Cardinal Bergoglio a nié la responsabilité de l’arrestation des deux prêtres et a déclaré que sous le régime militaire, il avait aidé un certain nombre d’hommes recherchés à échapper aux autorités. Certains ont reçu ces revendications avec scepticisme, puisque rien n’avait été dit à leur sujet au cours du quart de siècle précédent. Le Père Jalics, qui était alors le seul survivant des deux Jésuites emprisonnés, continua à blâmer le Provincial pour sa trahison, mais il retira l’accusation après que Bergoglio fut élu Pape.

Ce n’est pas un endroit pour explorer la question des faits, mais il peut être utile de citer un commentaire cynique fait par un évêque qui connaissait bien Bergoglio, comme l’a rapporté Omar Bello : « Bergoglio n’aurait jamais agi d’une manière aussi directe et vulgaire... Si vous voulez le regarder plus durement, il n’aurait jamais ruiné sa carrière avec une telle erreur. » (32) Il faut remarquer que le Père Bergoglio, à ce moment-là, n’aurait guère pu envisager l’avenir en tant qu’évêque, et encore moins en tant que Pape ; mais une carrière jésuite pour imiter le grand Ledochowski n’aurait peut-être pas été absente de sa pensée. Austen Ivereigh nous dit qu’après sa dure expérience, le Père Yorio considérait Bergoglio comme sournois, obsédé par le pouvoir et redoutable. Il était bien sûr un juge partial, mais (bien qu’on ne le devine pas d’après le récit respectueux d’Ivereigh) il y avait des observateurs plus impartiaux en Argentine qui développaient la même opinion.

(28) Bello, "El Verdadero Francisco", Buenos Aires, 2013, p.13. https://gloria.tv/album/76VN81FZDJbK2uS ... 4kEyjBvnCm

(29) See Ivereigh, "The Great Reformer", New York, 2014, pp.103 et 106.

(30) Emilio Mignone, "Iglesia y Dictadura : el papel de la Iglesia a la luz de sus relaciones con el régimen militar", Buenos Aires, 1986.

(31) Sergio Rubin et Francesca Ambrogetti, "El Jesuita", Buenos Aires, 2010.

(32) Bello, op. cit., p.75.
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Message Sujet: The Dictator Pope (Marcantonio Colonna)

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Message Ecrit le 17 Jan 2018, 14:33

Deux pages de soliloque et de violation des droits d'auteur.

Gilbert Chevalier

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Message Sujet: The Dictator Pope (Marcantonio Colonna)

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Message Ecrit le 18 Jan 2018, 02:56

Évêque et archevêque

Après six ans comme Provincial, le Père Bergoglio fut nommé recteur du séminaire philosophique et théologique, qui, comme nous l’avons déjà dit, était alors plein d’étudiants, et dont le nombre a doublé sous son règne. Mais les radicaux le haïssaient, en partie pour ses antécédents provinciaux et en partie pour son style religieux, qui était de souligner la valeur de la religion "populaire" et d’encourager les dévotions comme la vénération des images, que les intellectuels marxistes considéraient avec mépris. En 1986, un nouveau Provincial argentin fut nommé, qui fut un retour au régime O’Farrell du début des années soixante-dix ; les vocations chutèrent une fois de plus et, comme pour le Père Bergoglio, ses jours d’autorité furent comptés. Il a été envoyé en Allemagne, ostensiblement pour travailler pour un doctorat sur le philosophe catholique Romano Guardini, mais cela n’a jamais été achevé. À la fin de l’année, Bergoglio est retourné en Argentine, sans se préoccuper d’obtenir la permission, un acte qui fut cause d’être accusé plus tard de désobéissance par le Général des Jésuites. Il a enseigné la théologie à Buenos Aires pendant une courte période, mais il a été un homme remarqué par les responsables de la Province d’Argentine ; en 1990, il a été banni dans un poste obscur dans une ville provinciale.

En termes mondains, la carrière du Père Bergoglio semblait terminée, et il passa deux ans dans une véritable détresse ; mais la Compagnie de Jésus et son aile gauche n’étaient pas toute l’Église. Bergoglio a été sauvé de son exil par le nouvel Archevêque de Buenos Aires, le Cardinal Quarracino, qui était un ecclésiastique d’une autre école. Comme Bergoglio, Quarracino était un homme du peuple ; en tant que disciple de Jean-Paul II, il a sans doute sympathisé avec l’action de ce Pape en 1981 quand, dans une intervention sans précédent, il avait destitué le Père Arrupe en tant que Général des Jésuites et tenté de conduire la Société dans une voie moins destructrice. Le nouveau Général, élu en 1983, était le Père Peter Kolvenbach, qui n’a en fait que peu changé de politique. En 1991, le Cardinal Quarracino a offert de faire du Père Bergoglio un évêque auxiliaire à Buenos Aires, et nous devons nous rendre compte à quel point cette proposition était exceptionnelle. Traditionnellement, les Jésuites ne sont pas autorisés à accepter des nominations épiscopales, et, sauf en ce qui concerne les missions, un évêque jésuite dans la hiérarchie latino-américaine n’a été presque jamais vu, mais par une telle promotion Bergoglio serait libéré du commandement de la structure jésuite et entrerait dans une autre structure où sa propre ligne religieuse a été plus acceptée.

Comme le Père Bergoglio, en tant que Jésuite, aurait besoin d’une dispense pour être nommé, il était nécessaire d’obtenir un rapport de son ordre, pour lequel le cardinal Quarracino s’était porté garant en 1991. Il a été fourni par le Général des Jésuites, et il représente l’étude de caractère la plus accablante de Jorge Bergoglio composée par n’importe qui avant son élection comme Pape. Le texte du rapport n’a jamais été rendu public, mais le récit suivant est donné par un prêtre qui y a eu accès avant sa disparition des archives jésuites : Le père Kolvenbach accusait Bergoglio d’une série de défauts, allant de l’usage du langage vulgaire à la déviance, de la désobéissance dissimulée sous le masque de l’humilité et du manque d’équilibre psychologique ; en vue de son aptitude comme futur évêque, le rapport soulignait qu’il avait été une figure de division en tant que Provincial de son propre ordre. Il n’est pas surprenant qu’en étant élu Pape, François se soit efforcé de mettre la main sur les copies existantes du document, et l’original déposé dans les archives officielles des Jésuites à Rome a disparu. En ce qui concerne l’équité du rapport, nous devrions admettre l’hostilité des Jésuites qui étaient au pouvoir en Argentine à l’époque, mais en réalité, Bergoglio avait exagéré cela au point de se faire passer pour un martyr auprès du Cardinal Quarracino (le fait que le Père Kolvenbach avait peut-être en tête lorsqu’il a parlé de désobéissance sous un masque d’humilité). Le rapport Kolvenbach ne peut guère être considéré comme la représentation d’un religieux modèle par son supérieur.

Le Cardinal Quarracino, cependant, était déterminé à avoir Bergoglio comme évêque et, bien qu’il ait eu une audience spéciale avec le Pape Jean-Paul II, il a obtenu plein succès. En 1992, le Père Bergoglio fut nommé comme l’un des évêques auxiliaires de Buenos Aires. Dans cette fonction, il suivit la ligne de son Archevêque, considéré comme étant à droite de l’Église, dans le style populiste de Jean-Paul II. La nouvelle carrière hiérarchique que l’intervention de Quarracino lui avait ouverte ne tarde pas à s’épanouir. En 1997, Mgr Bergoglio reçut le droit de succession et l’année suivante, à la mort du Cardinal Quarracino, il devint Archevêque de Buenos Aires ; sa nomination fut alors bien accueillie dans les secteurs conservateurs. En février 2001, il a reçu le chapeau du cardinal de Jean-Paul II.

Le Cardinal Bergoglio devint ainsi le plus éminent ecclésiastique d’Argentine, et il ne manque pas de comptes rendus de lui, vu à l’intérieur et à l’extérieur de l’Église. Peut-être l’étude la plus pénétrante de sa personnalité fut celle publiée par Omar Bello, El verdadero Francisco ("Le vrai François"), quelques mois après son élection comme Pape. Il convient de mentionner que ce livre a disparu des librairies avec une rapidité inexplicable et qu’il est aujourd’hui introuvable, un sort subi par d’autres publications qui n’étaient pas favorables au Pape François. Omar Bello était un cadre des relations publiques qui, en 2005, a été engagé pour lancer une nouvelle chaîne de télévision de l’Église que le Président Menem avait fait don à l’archidiocèse de Buenos Aires, et pendant huit ans, il devait travailler pour l’Archevêque et apprendre à le connaître. En tant que professionnel sur le terrain, Bello a rapidement détecté chez le Cardinal Bergoglio un promoteur accompli, déguisé derrière une image de simplicité et d’austérité. Bello s’est déplacé dans les cercles du personnel archiépiscopal et a pu entendre les nombreuses histoires qui circulaient sur leur énigmatique supérieur.

Le plus connu d’entre eux est sans doute celui de Félix Bottazzi, employé dont l’Archevêque a décidé un jour de se passer, et il a arrangé son licenciement sans montrer ses mains (33). Une fois sorti de la Curie, M. Bottezzi a cherché à s’entretenir avec le Cardinal Bergoglio, qui l’a reçu avec une sympathie amicale : « Mais je n’en savais rien, mon fils. Tu me surprends... Pourquoi ils t’ont viré ? Qui l’a fait ? » M. Bottazzi n’a pas retrouvé son emploi, mais Bergoglio lui a présenté une nouvelle voiture, et il est parti convaincu que le Cardinal était un saint, poussé par des forces hors de son contrôle et dominé par un cercle de subordonnés malveillants.

D’après la description de Bello, cette façon de traiter avec les gens peut avoir été aussi capricieuse que politique ; il cite le récit d’un prêtre qui travaillait pour Bergoglio et pensait que c’était son ami : « Il m’a manipulé pendant des années... Le gars te manipule avec les affections. Tu penses que c’est ton père et qu’il te suit. » (34) Dans ce cas, il n’y avait pas d’utilité pratique apparente dans le procédé utilisé.

Aussi bien connu est l’histoire d’un psychiatre à Buenos Aires qui se spécialise dans le traitement des membres du clergé. Parmi ses patients se trouvaient plusieurs prêtres de l’équipe archiépiscopale, qui venaient à lui épuisés par leur supérieur qui les "faisait danser". Après avoir écouté leurs problèmes, le psychiatre a dit à l’un d’eux : « Je ne peux pas te soigner. Pour résoudre vos problèmes, je devrais traiter votre Archevêque. »

Le professeur Lucrecia Rego de Planas, qui a connu personnellement le Cardinal Bergoglio pendant des années, est un autre écrivain qui éclaire le sujet ; le 23 septembre 2013, elle publie une "Lettre au Pape François" (35). Elle décrivit avec perplexité l’habitude de Bergoglio d’être apparemment du côté de tout le monde successivement « ... un jour, discutant avec fougue avec Mgr Duarte et Mgr Aguer [des conservateurs] sur la défense de la vie et de la Liturgie et, le même jour, au souper, discutant avec Mgr Ysern et Mgr Rosa Chávez sur les communautés de base [les groupes de style soviétique promus par le mouvement de "théologie de la libération"] et les terribles barrières représentées par « les enseignements dogmatiques » de l’Église. Un jour, un ami du Cardinal Cipriani Thorne [l’Archevêque de l’Opus Dei de Lima] et le Cardinal Rodríguez Maradiaga [du Honduras], parlant de l’éthique des affaires et contre les idéologies du Nouvel Âge, et peu après un ami de Casaldáliga et Boff [les célébrités de la théologie de la libération], parlant de la lutte des classes. »

La raison pour laquelle le professeur Rego de Planas a été perplexe était qu’elle est mexicaine. Si elle avait été argentine, elle aurait trouvé la technique parfaitement familière : elle a la note du péronisme classique. L’histoire raconte que Perón, dans ses jours de gloire, a une fois proposé d’induire un neveu dans les mystères de la politique. Il a amené le jeune homme avec lui pour la première fois lorsqu’il a reçu une délégation de communistes ; après avoir entendu leur point de vue, il leur a dit : « Vous avez tout à fait raison. » Le lendemain, il reçut une députation de fascistes et répondit de nouveau à leurs arguments : « Vous avez tout à fait raison. » Puis il a demandé à son neveu ce qu’il pensait et le jeune homme a répondu : « Vous avez parlé à deux groupes d’opinions diamétralement opposées et vous leur avez dit que vous étiez d’accord avec eux. C’est tout à fait inacceptable. » Perón répondit : « Tu as raison aussi. » Une anecdote comme celle-ci illustre pourquoi on ne peut s’attendre à ce que personne n’évalue le Pape François s’il ne comprend pas la tradition de la politique argentine, un phénomène extérieur à l’expérience du reste du monde ; l’Église a été prise par surprise par François parce qu’elle n’a pas eu la clé : il est Juan Perón en traduction ecclésiastique. Ceux qui cherchent à l’interpréter autrement manquent le seul critère pertinent.

Pour toute cette complaisance générale, Omar Bello parle aussi de ceux qu’on appelait « les veuves de Bergoglio », des gens qui ont quitté leur travail, assis sur la chaise que le cardinal leur apportait et qui ont finalement été "punis" pour avoir pris trop de liberté. Cela peut être lié à un autre trait de caractère de Bergoglio, sa méfiance envers les gens. Pour ses collaborateurs, il était « aussi méfiant qu’une vache borgne » (36), surtout en matière d’argent. C’est pourquoi il avait pris l’habitude de s’entourer de médiocrités qu’il pouvait dominer, phénomène observé tant dans son état-major archiépiscopal à Buenos Aires que dans la hiérarchie argentine dont il contrôlait les nominations. Bello ajoute : « Je mentirais si je disais que je ne connais pas de gens qui ont une peur profonde de lui, et qui se déplacent autour de sa personne avec une extrême prudence. La situation s’aggrava quand il partit pour Rome, et cessa d’appeler beaucoup de ceux qui croyaient qu’ils étaient ses amis. »

Bergoglio n’était pas à l’aise avec les gens qui étaient en mesure de l’éclipser psychologiquement, intellectuellement ou socialement. Il était une recrue d’un niveau social inférieur à celui de beaucoup de ses compagnons de la Compagnie de Jésus, et dans la société de classe qui est l’héritage de l’Argentine de son passé oligarchique, cela a toujours été un handicap visible. Il s’y est attaqué en affectant une vulgarité exagérée (ce qui a entraîné les plaintes sur le langage grossier mentionnées dans le rapport Kolvenbach), alors que lors des grands rassemblements, il s’est fait un devoir d’ignorer les grandes perruques et de passer du temps à bavarder gentiment avec les nettoyeurs et les travailleurs manuels. On peut voir un mécanisme de défense similaire dans sa présomption d’un personnage simple et à la retraite qui était en fait un foyer de contrôle psychologique étroit.

(33) Omar Bello raconte cette histoire sans nommer le sujet, et affirme qu’il a été renvoyé en raison d’une indiscrétion sur la biographie de Bergoglio "El Jesuita" (voir "El Verdadero Francisco" https://gloria.tv/album/76VN81FZDJbK2uS ... 4kEyjBvnCm , pp.36-37). Cela semble inexact ; le véritable motif du mécontentement de l’Archevêque est incertain.

(34) Bello, op. cit., p.34.

(35) http://statveritasblog.blogspot.fr/2013 ... recia.html

(36) "Desconfiado como una vaca tuerta" « Méfiant comme une vache borgne » : Bello, op. cit., p.181, et voir p.196 pour la prochaine citation.
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Message Sujet: The Dictator Pope (Marcantonio Colonna)

Message Titre du message: Re: The Dictator Pope (Marcantonio Colonna)

Message Ecrit le 19 Jan 2018, 05:43

Bergoglio se déplace vers la gauche

L’intérêt politique qui avait toujours marqué Bergoglio est devenu une caractéristique dominante de son rôle d’Archevêque de Buenos Aires. Au cours de son mandat, il a été confronté au gouvernement de gauche et anticlérical de Néstor Kirchner et de sa veuve Cristina, qui lui a succédé à la Présidence en 2007. La stratégie de Bergoglio consistait à déborder le gouvernement de gauche : quand les Kirchner attaquaient l’Église avec des mesures comme le mariage homosexuel, le Cardinal ripostait en disant que le gouvernement négligeait les intérêts réels du peuple. Il cultive son influence auprès des syndicats argentins et sa rivalité avec le gouvernement atteint un point tel que Kirchner commence à le considérer comme le véritable chef de l’opposition. Sur ce point, on peut lire le commentaire sans critique d’Austen Ivereigh : « C’était un paradoxe très bergoglio. L’austère, incorruptible mystique en guerre avec le monde spirituel – l’évêque pastoral qui sentait le mouton – était la politique argentine la plus astucieuse depuis Perón. » (37) Le point politique peut être accepté, mais il faut se demander dans quelle mesure l’odeur du mouton était un arôme utilisé et dans quelle mesure le mysticisme faisait partie du programme. Vers 2010, la position politique du Cardinal Bergoglio avait exacerbé les relations entre l’Église et l’État à tel point que certains secteurs de l’Église cherchaient à le remplacer comme Archevêque de Buenos Aires, en proposant de le faire compenser par une nomination romaine comme Préfet de la Congrégation des Religieux.

Jusqu’à son arrivée en tant qu’Archevêque de Buenos Aires en 1998, et même un peu plus tard, Bergoglio était connu du public comme le bras droit du Cardinal "réactionnaire" Quarracino, comme l’ennemi des marxistes dans la Compagnie de Jésus, peut-être même comme un collaborateur tacite du régime militaire des années soixante-dix (bien que les critiques les plus vives à ce sujet n’aient pas émergé avant 2005). Il a été proche de groupes conservateurs dans l’Église comme l’Opus Dei et les deux mouvements italiens, Communion et Libération et les Focolari, qui ont été influents en Argentine. La grande énigme que nous devons aborder est sa transformation en l’homme auquel la section libérale de l’Église, et notamment le groupe de Saint-Gall, s’est tournée comme figure de proue. Pour beaucoup, ce changement est l’énigme majeure de la carrière de Bergoglio.

Ici aussi, cependant, il se peut que nous soyons confrontés à l’angle mort qui est de ne pas saisir le fond péroniste. Perón, en tant que Président, n’hésita pas à passer de la droite à l’extrême gauche, car cela convenait à sa quête de pouvoir, et au début du XXIe siècle, les conditions étaient réunies dans l’Église pour que ce changement de direction paraisse astucieux. Le Pape Jean-Paul II était en déclin ; il y avait une large supposition que le prochain Pape serait libéral. Si Bergoglio pensait que lui-même, après son accession au cardinalat en 2001, pourrait être un successeur crédible, c’est un point trop éloigné de la spéculation : un Pape d’Amérique latine pourrait encore paraître à long terme. Mais il n’y aurait pas de mal à être du côté des prétendus vainqueurs.

L’émergence du Cardinal Bergoglio devant un public international est le fruit d’un accident de l’histoire. En octobre 2001, il a participé au Synode des Évêques à Rome, tenu pour débattre du rôle des évêques dans l’Église. Bergoglio était subordonné au Cardinal Egan de New York, qui devait livrer la relatio, ou résumé, à la fin de la réunion d’une semaine. Mais Egan a été appelé à l’extérieur pour assister à un service commémoratif pour les victimes de l’attaque du 11 septembre quelques semaines auparavant, et la tâche est tombée de façon inattendue au Cardinal Bergoglio. Son discours a beaucoup impressionné les évêques. Austen Ivereigh souligne son rôle dans l’établissement de la réputation de Bergoglio et se fait l’éloge de celle-ci : « Ce qu’il a produit était concis et élégant et a remporté des éloges tout autour... À l’intérieur de la salle, Bergoglio reçut de grands éloges pour la manière dont il reflétait les préoccupations des évêques sans causer de désunion. Ce pourquoi les gens l’admiraient, c’est la façon dont il a sauvé le meilleur du débat synodal malgré les limites de la structure et de la méthode », se souvient l’ami de longue date de Bergoglio à Rome, le Professeur Guzmán Carriquiry (38). Ce qui n’a pas été révélé, c’est que le discours du Cardinal Bergoglio a été écrit pour lui, du début à la fin, par le prêtre argentin Monseigneur Daniel Emilio Estivill, membre du secrétariat du Synode. Ceux qui connaissent Monseigneur Estivill rapportent qu’il vit depuis lors dans un état de tension nerveuse, de peur des représailles auxquelles son secret incommode pourrait l’exposer.

Le Synode des Évêques a aidé le Cardinal Bergoglio à se faire connaître de nombreux responsables de l’Église, y compris le Cardinal Martini, qu’il avait rencontré pour la première fois à la Congrégation générale des Jésuites de 1973. Martini, le Cardinal Archevêque de Milan, était le représentant le plus redoutable de l’aile libérale de l’Église, avec toutes les chances de devenir le prochain Pape, hormis le désavantage de son âge. Pour Bergoglio, c’était une stratégie qui ne coûtait rien pour se présenter comme l’allié de ce parti. Il a profité du prestige dont jouissent les libéraux de l’Église latino-américaine pour son œuvre de "théologie de la libération", même si cela n’a jamais été la ligne de Bergoglio.

L’histoire de la façon dont il a frôlé les élections au Conclave de 2005 a été racontée dans le chapitre précédent, et il est retourné en Argentine avec le prestige d’être le "presque Pape" latino-américain. On avait le sentiment, en effet, qu’il avait été escroqué de la papauté par les révélations publiées plus tôt en 2005 de sa prétendue trahison des prêtres à la dictature, car un dossier sur le sujet avait été distribué aux cardinaux. Sur ce point, Omar Bello commente que Bergoglio a eu de la chance dans son accusateur, Horacio Verbitsky, un marxiste amer et anticlérical, dont les preuves ont donc été écartées. En réponse, Bergoglio a fait publier une biographie de lui-même, sous la forme d’une série d’interviews, réfutant les accusations et prétendant avoir travaillé contre la dictature.

Les années qui ont suivi 2005 ont été celles de la plus grande influence du Cardinal Bergoglio en Argentine et en Amérique latine. Il s’était désormais positionné comme l’ennemi de l’aile droite de l’Église et avait assumé une position pleinement libérale, au grand dam de ceux qui l’avaient considéré comme le champion des valeurs catholiques. Sa méthode consistait à faire des déclarations qui satisferaient Rome de son orthodoxie, tout en évitant toute opposition sérieuse au programme anti-catholique des Kirchner. En 2010, lorsqu’une loi a été présentée pour introduire le mariage homosexuel, le Cardinal Bergoglio a écrit une lettre à certaines religieuses affirmant la doctrine chrétienne en termes solides, mais il a également écarté toute opposition efficace que les militants catholiques souhaitaient présenter. Cette année-là, l’écrivain catholique traditionaliste Antonio Caponnetto a publié un livre, La Iglesia Traicionada ("L’Église trahie"), dénonçant « le magistère embarrassant de style Ghandi qui le paralyse aujourd’hui et avec lequel il trouble et lâche le troupeau qui lui est confié » (39), à l’opposé de la défense ouverte du principe catholique pour lequel Bergoglio n’avait été connu que quelques années auparavant.

(37) Ivereigh, op. cit., p.252.

(38) Ivereigh, op. cit., p.264.

(39) Antonio Caponnetto, "La Iglesia Traicionada", Buenos Aires, 2010, p.120-121.
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Message Sujet: The Dictator Pope (Marcantonio Colonna)

Message Titre du message: Re: The Dictator Pope (Marcantonio Colonna)

Message Ecrit le 20 Jan 2018, 10:27

Les relations de Bergoglio avec le Vatican

Sa nouvelle posture fit de Bergoglio un objet de suspicion pour le nonce pontifical en Argentine, l’Archevêque Bernardini, et pour les prélats dont Héctor Aguer, qui fut Archevêque de La Plata. En effet, après six ou sept ans de combat, l’opposition dont il souffrait de ces secteurs vint éclipser sa propre influence, et devait conduire à un règlement brutal des comptes quand il devint Pape. Mais avant même cette élévation, Bergoglio ne manquait pas de moyens pour riposter. L’un d’entre eux était l’influence permanente de l’argent dans la politique curiale, à une époque où le Vatican se débattait avec les embarras que lui léguait le système Marcinkus. En tant qu’Archevêque de Buenos Aires, le Cardinal Bergoglio était chancelier d’office de l’Université Catholique Pontificale d’Argentine, qui avait une riche dotation de 200 millions de dollars. Sans aucune raison claire, une grande partie de cet argent a été transférée à la Banque du Vatican. L’opération rappelle un scandale des années auparavant, lorsque Bergoglio avait été évêque auxiliaire de Buenos Aires et que l’archidiocèse a répudié une dette de dix millions de dollars, au motif que le chèque émis par la curie archiépiscopale n’avait pas été correctement signé. Austen Ivereigh donne un compte rendu blanchissant de ces incidents (40), présentant Bergoglio comme le réformateur qui a nettoyé le désordre, mais la vérité est que, comme le bras droit du Cardinal Quarracino à l’époque, il devait avoir une connaissance intime de la manière dont le chèque avait été émis, et les faits n’ont jamais été expliqués de manière satisfaisante. Ces cas ne sont que deux exemples d’obscurcissements qui suggèrent que toute la question des transactions financières pendant le mandat de Bergoglio à Buenos Aires serait défrayée par une étude spéciale d’un chercheur expert dans le genre.

Un autre moyen d’influence pour le Cardinal Bergoglio était ses contacts personnels. À Rome, il a eu un ami en la personne du Cardinal Giovanni Battista Re, qui a été préfet de la Congrégation des Évêques de 2000 à 2010. Le Cardinal Re a commencé comme un allié dévoué de Bergoglio, jusqu’à ce qu’il se rende compte de l’homme avec qui il traitait et s’est retourné contre lui ; pendant la lune de miel, Bergoglio a profité de l’amitié pour implanter dans la Congrégation des Évêques le prêtre argentin Fabián Pedacchio, qui est devenu son agent et son informateur. Il envoya au Cardinal Bergoglio un flot d’informations par téléphone et fax, l’informant des lettres reçues dans la Congrégation pour les Évêques, même celles qui étaient sous le sceau du secret. Grâce à cet allié, Bergoglio avait un certain nombre de disciples nommés évêques non seulement en Argentine, mais aussi dans d’autres hiérarchies sud-américaines. En étant élu Pape, Bergoglio récompensa le Père Pedacchio en faisant de lui son secrétaire particulier, une nomination dans laquelle il continue d’exercer son influence antérieure.

Le cas le plus notable dans lequel Bergoglio utilisa le Père Pedacchio fut dans sa querelle avec l’évêque de l’Opus Dei, Mgr Rogelio Livieres, qui dirigeait le diocèse de Ciudad del Este. Bien que cette ville se trouve au Paraguay, elle est proche de la frontière argentine, et Mgr Livieres était lui-même argentin d’origine. Il était un fervent traditionaliste, et en tant que tel, il représentait un défi non seulement pour Bergoglio, mais aussi pour les libéraux dans toute la hiérarchie sud-américaine. Dans son propre diocèse, Livieres avait fondé un séminaire qui se distinguait par la formation sacerdotale traditionnelle et obtint un succès qui ne pouvait être ignoré. À son apogée, le séminaire de Ciudad del Este comptait 240 étudiants, soit plus que tous les autres diocèses paraguayens réunis. Il attira également des réfugiés du propre séminaire du Cardinal Bergoglio à Buenos Aires, qui n’était pas dans un état heureux, ce qui n’aida pas Bergoglio à regarder gentiment son rival. Le membre le plus connu de la hiérarchie paraguayenne est Fernando Lugo, Évêque de San Pedro, qui abandonna son ministère pour une carrière politique et devint Président du pays, jusqu’à ce qu’il soit destitué par son parlement en 2012. Auparavant, il combinait sa vie épiscopale avec une série d’affaires et avait engendré plusieurs enfants illégitimes. Mgr Livieres était seul à dénoncer l’Évêque Lugo et ses collègues de la hiérarchie paraguayenne qui conspiraient pour garder secrète la mauvaise conduite de Lugo.

En 2008, peu après l’élection de Lugo à la présidence, Mgr Livieres rendit une visite ad limina au Pape Benoît XVI et lui remit personnellement une lettre, sous scellés, dans laquelle il critiquait le système de nomination qui avait réussi à produire Mgr Lugo. Ses précautions n’ont pas empêché la lettre d’être transmise au Cardinal Bergoglio et de là, elle a été divulguée à la presse, avec l’intention réussie de brouiller Mgr Livieres avec le gouvernement paraguayen et avec le reste de sa hiérarchie (41). Ceci s’avéra simplement un avant-goût du traitement que l’évêque allait recevoir sous le Pape François, lorsqu’il fut démis de ses fonctions dans l’année qui suivit l’élection du Pape et que son séminaire fut dissous.

Une leçon que nous pouvons tirer de ces désaccords : il y a près de quarante ans, le jeune Père Bergoglio avait été nommé Provincial des Jésuites argentins dans un moment de crise ; les temps avaient changé, mais l’ancien Cardinal Archevêque, en conflit avec le gouvernement national, avec le nonce pontifical dans son pays, avec une grande partie au sein de sa propre Église et même avec les évêques de l’autre côté de la frontière, n’avait pas perdu son talent pour être une force de division.

Les révélations sur le Père Pedacchio et l’Évêque Livieres ont été faites par le journaliste espagnol Francisco José de La Cigoña bien avant l’élection de Bergoglio comme Pape. De La Cigoña a mentionné dans son article un autre agent du Cardinal Bergoglio, le prêtre argentin Guillermo Karcher, qui se trouvait à Rome dans le département du Protocole de la Secrétairerie d’État, tandis qu’à Buenos Aires il y avait l’évêque auxiliaire de Bergoglio, Eduardo García, qui avait pour tâche de gérer "l’opinion" sur les évêques et autres membres du clergé sur Internet. Après avoir décrit ce système de contrôle, De La Cigoña a commenté : « C’est ainsi que Bergoglio procède pour générer un réseau de mensonges, d’intrigues, d’espionnage, de méfiance et, plus efficace que tout, de peur. C’est l’opinion d’un fonctionnaire argentin qui travaille au Vatican et qui, de peur bien sûr, préfère ne pas être nommé : Bergoglio « est une personne qui sait avant tout faire peur. » C’est pourquoi il a une influence dans le Saint-Siège qui en surprend beaucoup. Même s’il travaille avec soin pour impressionner tout le monde avec l’apparence d’un saint en plâtre, austère et mortifié, c’est un homme avec une mentalité de pouvoir. Et il l’a toujours été. » (42) En rapportant ces perceptions à un lectorat espagnol, De La Cigoña transmettait l’estimation que beaucoup d’Argentins avaient alors faite de leur Archevêque, mais qui malheureusement n’avait pas atteint la connaissance des cardinaux du monde lorsqu’ils se sont rencontrés pour le Conclave de 2013.

La position que Bergoglio s’était construite au cours de ces années était cependant menacée par une échéance imminente. En décembre 2011, lorsqu’il atteindra l’âge de soixante-quinze ans, il devra présenter sa démission comme archevêque, et un départ se dessinant et un mouvement l’éloignant du navire qui coulait devient apparent. Omar Bello considère que Bergoglio a été éclipsé en 2011 par son rival Héctor Aguer, Archevêque de La Plata. Le Pape Benoît XVI a en effet refusé la démission de Bergoglio (au dégoût des membres de la hiérarchie argentine, qui allaient bientôt souffrir de leur mécontentement) et, comme cela arrive souvent dans de tels cas, a demandé au prélat sortant de continuer un peu plus longtemps. Mais même à ses propres yeux, le Cardinal Bergoglio ne pouvait paraître qu’un canard de plus en plus boiteux à cette époque ; il parlait de démissionner et de se retirer dans une maison de retraite pour le clergé. Les espoirs qui avaient été soulevés dans le Conclave de 2005 disparaissaient, alors que le règne du Pape Benoît XVI suivait une ligne doctrinale que Bergoglio avait trop ouvertement écartée.

(40) Ivereigh, op, cit., p.243-244.

(41) Voir Francisco José de La Cigoña, "Los peones de Bergoglio" ("Les pions de Bergoglio"), dans le journal espagnol Intereconomía du 26 décembre 2011.

(42) Voir Francisco José de La Cigoña, "Los peones de Bergoglio" ("Les pions de Bergoglio"), dans le journal espagnol Intereconomía du 26 décembre 2011.
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Message Ecrit le 22 Jan 2018, 16:41

Un pape abdique

Mais, sans surprise, cette situation sombre a été transformée par une rumeur de Rome. Au milieu de l’année 2012, quelques initiés de la Curie savaient que le Pape Benoît XVI envisageait l’abdication ; il avait confié son intention à deux de ses plus proches collaborateurs, le Secrétaire d’État, le Cardinal Bertone, et le secrétaire papal, l’Archevêque Gänswein, et il avait nommé la date exacte : le 28 février 2013. Les communications du Cardinal Bergoglio avec Rome se sont brusquement intensifiées à partir de ce moment-là, atteignant des niveaux effrénés à mesure que la date approchait (43). Certes, le 11 février 2013, le Pape Benoît XVI a fait son annonce publique aux cardinaux, et il a pris presque tout le monde par surprise, et non pas Bergoglio et ses associés, cependant, comme l’ont découvert des témoins oculaires. Le jour de l’annonce, le recteur de la cathédrale de Buenos Aires est allé rendre visite à son Cardinal et l’a trouvé exultant. Pendant leur entretien, le téléphone n’a jamais cessé de sonner avec les appels internationaux des alliés de Bergoglio, et ils étaient tous des appels de félicitations personnelles. Un ami argentin, cependant, moins bien informé que les autres, a appelé pour demander des nouvelles à ce sujet, et Bergoglio lui a dit : « Vous ne savez pas ce que cela signifie. » (44)

Le Cardinal Bergoglio avait eu huit ans pour réfléchir exactement à ce que cela signifiait. En 2005, les plans du groupe de Saint-Gall semblaient brisés par l’élection de Benoît XVI. On a supposé que Benoît XVI devait régner pendant dix, voire quinze ans, mais ce serait trop long pour qu’aucun des intéressés en profite. L’abdication de février 2013 a eu lieu juste à temps pour relancer le programme de Saint-Gall. Le Cardinal Martini était décédé l’année précédente, mais Danneels et Kasper étaient tout juste assez jeunes pour vaincre l’exclusion des conclaves papaux que les cardinaux subissent à l’âge de quatre-vingts ans, un jalon qu’ils atteindront tous les deux plus tard dans l’année. Surtout, Bergoglio, à l’âge de 76 ans, restait papabile ; l’extension de son mandat par le Pape Benoît XVI signifiait qu’il était toujours en place comme Archevêque de Buenos Aires, et donc un membre éminent de la hiérarchie latino-américaine.

Au cours des deux semaines suivantes, avant de se rendre à Rome pour les adieux officiels du Pape Benoît XVI, Bergoglio était en pleine fièvre d’activité, vêtu d’une apparence d’indifférence. Un prêtre qui le connaissait confiait à Omar Bello que le Cardinal faisait un cirque de ne pas vouloir aller à Rome, « et je savais qu’il parlait à la moitié du monde et complotait comme un fou. Eh bien, c’est Jorge.... » (45) Pourtant, quiconque l’imaginait en train de faire circuler au Collège des Cardinaux des messages « Votez pour moi » aurait sous-estimé Jorge. Sa stratégie en premier fut de se présenter comme un partisan du Cardinal Sean O’Malley de Boston. Omar Bello explique le stratagème comme suit : il détournerait l’attention des cardinaux européens de sa propre candidature, mais Bergoglio savait que pour les latino-américains, et même pour beaucoup d’autres dans l’Église, un Pape des États-Unis était anathème ; il savourait trop l’impérialisme yankee. Mais presser O’Malley était ipso facto pour attirer l’attention sur le continent américain ; si les cardinaux rejetaient O’Malley, ils pourraient se tourner vers Bergoglio, son homologue latino-américain. Il s’agit là d’une interprétation possible, même si elle semble excessivement tortueuse. Comme alternative, on pourrait citer le rapport d’un laïc venu du Vatican pour s’adresser à l’un des cardinaux nord-américains et lui demander d’exhorter ses collègues à penser à Bergoglio. Sur cette lecture, en sollicitant O’Malley, Bergoglio signalait simplement aux cardinaux nord-américains qu’il était leur allié.

Ce que peu de gens contestent, c’est que le Conclave de 2013 fut probablement l’élection pontificale la plus politique depuis la chute des États pontificaux. Ce n’aurait été que pour le fond dramatique sur lequel il se tenait, l’abdication d’un pape, la première fois qu’une telle chose s’était produite depuis six cents ans. Mais les circonstances qui l’avaient conduit étaient encore plus pressantes : le scandale des "Vatileaks" de 2012, lorsque le majordome du Pape avait révélé des documents secrets pour montrer précisément combien Benoît XVI était impuissant à contrôler le désordre qui l’entourait ; et enfin le rapport privé qui a circulé en décembre 2012, révélant une telle corruption morale dans la Curie qu’on pensait que c’était la goutte d’eau pour persuader Benoît XVI qu’il ne pouvait plus y faire face. Une chose était évidente : le travail du prochain Pape serait d’éclaircir un marécage. Il est donc plus pertinent de dire que le Conclave de 2013 fut l’élection papale la plus inquiétante depuis des siècles. Les gens cherchaient un sauveur, et ce n’est pas nécessairement l’état d’esprit dans lequel il faut faire un bon choix.

On pense généralement que le but du Pape Benoît XVI, en abdiquant, était d’amener sa succession au Cardinal Scola, Archevêque de Milan, et il chargea le Secrétaire d’État Bertone de diriger le Conclave en conséquence. Scola était doctrinalement dans la même lignée que Benoît, et il semblait l’homme fort capable de faire face aux problèmes qui s’accumulaient sur le Saint-Siège. Ce que Benoît XVI ne se rendit pas compte, c’est qu’il y avait peu de chance que les autres cardinaux italiens acceptent de voter pour Scola, qu’ils considéraient comme un carriériste. Ce qui était pire, Bertone lui-même ne voulait pas Scola, et sa réponse à la commission papale était simplement de l’ignorer. Le plan de Benoît XVI échoua donc dès le départ, et le Conclave fut lancé au grand jour. Sans autre piste, la machine se réinstalle comme en 2005 et le groupe de Saint-Gall renaît après huit ans d’inhumation.

Les cardinaux de Saint-Gall ont surtout exercé une influence sur les Européens, mais ils ont eu des contacts au-delà. Murphy O’Connor était occupé parmi les cardinaux anglophones d’Afrique et d’Asie, et d’autres Africains furent amenés par le Cardinal Monsengwo, un protégé de Danneels. Austen Ivereigh répète l’histoire de Murphy O’Connor avertissant Bergoglio de « faire attention » parce que c’était son tour maintenant, à qui la réponse était capisco « Je sais » ; mais c’était comme un enfant de trois ans donnant des conseils parentaux à sa mère. Les cardinaux libéraux pensaient qu’ils utilisaient Bergoglio ; il est plus probable qu’il les utilisait. Il n’y avait aucune raison de penser que le groupe de Saint-Gall pourrait à lui seul obtenir une majorité au Conclave, pas plus en 2013 qu’en 2005. Les cardinaux d’Amérique du Nord constituaient une circonscription cruciale, et Bergoglio s’en était déjà occupé lui-même. Les Latino-Américains voteront également pour lui, encouragés par le quasi-échec de 2005.

Le récit d’Ivereigh donne une bonne idée de l’intense politisation qui a eu lieu au Conclave de 2013. Les supporters de Bergoglio, instruits par leur expérience huit ans auparavant, se sont attachés à s’assurer que leur homme obtienne au moins 25 voix au premier tour de scrutin, un résultat essentiel pour lui donner de l’élan. C’est ce qui a été fait, et le deuxième jour, le 13 mars, Bergoglio a confortablement avancé au second tour de scrutin de la matinée, avec cinquante voix. Cet après-midi-là, le quatrième vote a donné lieu à un contretemps : un bulletin de vote vierge a été accidentellement inclus parmi les bulletins comptés, ce qui a invalidé l’examen minutieux. Les règles pour les conclaves papaux stipulent que seuls quatre scrutins devraient avoir lieu chaque jour, mais curieusement, cela a été ignoré, et un cinquième vote s’est déroulé comme si le quatrième n’avait pas eu lieu. À cette occasion, Bergoglio a été élu avec plus de 95 voix sur 115. Antonio Socci a soutenu avec force que ce cinquième tour de scrutin était nul et non avenu (46). Les avocats canonistes plus pondérés pensent que c’est discutable, mais sont moins précis en leur avis. À première vue, on pourrait dire que les alternatives logiques étaient soit d’ignorer le papier vierge et de considérer le quatrième examen comme valide, soit de le traiter comme tombant sous le coup des règles du vote irrégulier, ce qui implique de passer au suivant de manière ordinaire – dans ce cas, d’attendre jusqu’au lendemain. Que l’on choisisse ou non de défendre le point de vue de Socci, il y a quelque chose d’assez approprié dans le fait que l’héritier politique de Juan Perón aurait dû être élevé à la tête de l’Église Catholique par ce qui était sans doute un vote invalide.

(43) Bello, "El Verdadero Francisco" ( https://gloria.tv/album/76VN81FZDJbK2uS ... 4kEyjBvnCm ), p.29.

(44) Informations provenant de sources privées à Buenos Aires.

(45) Bello, op.cit., p.32. Un bon rire attend ceux qui veulent comparer ces détails avec le saint récit d’Austen Ivereigh, op. cit., pp.350-351.

(46) Antonio Socci, "Non è Francesco", Milan, 2014. Le fait qu’un cinquième tour de scrutin ait eu lieu est bien connu ; voir e.g., Ivereigh, op. cit., p.361.
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Message Ecrit le 23 Jan 2018, 17:26

3. RÉFORME ? QUELLE RÉFORME ?

Le Pape comme nul autre


Dès le moment où Jorge Bergoglio a été élu Pape, il a indiqué clairement qu’il allait être différent, une caractéristique qu’il avait déjà démontré aux Argentins et que le Professeur Rego de Planas décrit dans sa lettre citée précédemment (47). Elle a raconté comment elle assistait à des réunions où les autres évêques arrivaient, à l’heure, dans leurs voitures, alors que Bergoglio arrivait en retard, dans un tourbillon, expliquant bruyamment ses vicissitudes dans les transports publics. Sa réaction a été « Phew ! Quelle envie d’attirer l’attention ! » et elle a trouvé que beaucoup d’autres avaient la même impression. Ainsi aussi, lorsque François devint Pape, il n’utilisera pas la traditionnelle croix pectorale papale, ni l’anneau, ni les chaussures, ni le siège, mais en aura d’autres de moins grande splendeur. Ostensiblement, il refusa d’emménager dans l’ancien appartement papal donnant sur la place Saint-Pierre et se réserva des chambres dans la Casa Santa Marta, maison d’hôtes pour les cardinaux de passage, où il vivait depuis lors. L’un de ses gestes les plus émouvants fut d’aller le lendemain matin après son élection à la maison d’hôtes où il avait séjourné pour le Conclave, payant sa facture en personne ; conformément à l’humilité de l’occasion, les caméras de télévision étaient là pour le filmer. Le même jour, il a téléphoné à son coiffeur à la maison et à son dentiste pour annuler un rendez-vous, et à son agent de presse pour résilier ses journaux et s’assurer que la presse en soit informée.

Les médias ont tout dévoilé, comme à Buenos Aires quand il a parcouru la ville en métro (avec son attaché de presse présent, et un photographe pour le filmer). Il ne faisait aucun doute qu’il y avait là un pape qui devançait tous les autres dans l’humilité. Il y avait eu des papes au cours des cent dernières années qui venaient de milieux au moins aussi modestes que Jorge Bergoglio (les "Papes paysans" Pie X et Jean XXIII), mais en étant élus au trône papal, ils avaient accepté les symboles traditionnels de leur charge. Bergoglio se distingue non seulement par ses gestes d’humilité, mais aussi par une bonhomie qui gagne tous les cœurs. À Buenos Aires, un catholique argentin l’avait surnommé carucha (visage grognon) en raison de son attitude habituelle d’Archevêque, mais maintenant ses compatriotes le virent se transformer en ce qu’Omar Bello appelait un Lassie papal, une figure qu’ils ne reconnaissaient guère.

Le Professeur Rego de Planas a expliqué qu’elle avait interprété les gestes du Cardinal Bergoglio lorsqu’il était Archevêque de Buenos Aires comme un désir inébranlable d’être aimé de tous et de gagner une popularité facile ; mais après quatre ans de pontificat de François, nous devons reconnaître que son diagnostic était trop naïf. Elle n’avait pas compris ce qu’est Bergoglio, un homme politique accompli. Il sait que dans le monde moderne, l’image est tout et qu’un pape qui a les médias séculiers de son côté peut faire des choses dont personne n’avait rêvé, et c’était précisément son programme. Pour les médias, François fut le grand réformateur élu pour effectuer un rajeunissement miraculeux de l’Église. Personne ne s’est inquiété de constater qu’un petit signe de ce rajeunissement est apparu pendant son mandat d’Archevêque de Buenos Aires. Au cours de ses quinze années de mandat, l’Église Catholique en Argentine a subi une baisse de dix pour cent du nombre de ses membres ; les chiffres du sacerdoce et de la vie religieuse étaient encore pires. Après plus de quatre ans, rien n’indique que les choses aient changé depuis qu’il est Pape. En termes réels, "l’Effet François" s’est révélé un phénomène confiné aux médias.

En particulier, nous devons nous demander ce qu’il est advenu des trois problèmes majeurs qui étaient sur la table lorsque les cardinaux ont fait leur grand saut dans le noir. L’un d’entre eux était le scandale de la Curie Romaine, dont de nouvelles preuves avaient circulé en décembre 2012 ; un autre était celui des abus sexuels au sein du clergé, un scandale mondial qui s’accélérait depuis vingt ans et qui, à l’époque du pontificat de Benoît XVI, s’efforçait justement de détruire toute l’autorité morale de l’Église ; et le troisième était aussi de longue date, le marasme des finances du Vatican qui était devenu un scandale public sous le règne de Jean-Paul II et qui avait résisté jusqu’à présent à toutes les tentatives d’y faire face.

(47) Lucrecia Rego de Planas, "Carta al Papa Francisco" (Lettre au Pape François), 23 Septembre 2013. Voir la note 10 du Chapitre 2.
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Message Ecrit le 30 Jan 2018, 10:44

1) Qu’est-il arrivé à la réforme de la Curie ?

La Curie Romaine est le gouvernement central de l’Église Catholique. C’est une grande organisation, comprenant neuf Congrégations, douze Conseils Pontificaux, six Commissions Pontificales et trois Tribunaux. Comme on pourrait s’y attendre, la question de sa réforme n’est pas nouvelle. En considérant son histoire, nous pouvons laisser de côté la période où la Curie a dû administrer les États pontificaux ainsi que l’Église. Après la chute du Pouvoir Temporelle en 1870, la Curie s’est développée en une institution qui, dans l’ensemble, était honnête et efficace, et non indigne de sa fonction d’organisme directeur de l’Église universelle. Il avait les faiblesses naturelles de toute bureaucratie, ajoutées aux défauts locaux qu’il était majoritairement italien dans le personnel et incliné à un népotisme traditionnel, en particulier dans les petits postes non cléricaux comme ceux de portier ou de chauffeur.

Si l’on devait pointer du doigt une époque où un parti-pris matériel indu commençait à apparaître, c’était peut-être les dernières années du règne de Pie XII, lorsque ce pape très habile commença à perdre le contrôle personnel de ses affaires. En 1953, on avait le sentiment que la Curie s’était glissée entre les mains d’une clique de cinq cardinaux, que l’on appelait irrespectueusement le Pentagone. Leur chef était Nicola Canali, le ministre des finances du Vatican, connu pour son étroite alliance avec les banquiers pontificaux de l’époque et avec le neveu du Pape, le Prince influent Carlo Pacelli.

Le problème n’a pas été abordé par le pape suivant, Jean XXIII, dans ses cinq brèves années ; pour toute sa réputation de réformateur, le Pape Jean n’a rien fait pour la Curie. Paul VI, qui avait passé presque toute sa carrière cléricale à Rome, vint sur le trône en 1963 avec un désir louable de réformer la Curie, mais ses réalisations n’atteignirent pas ses intentions. Une chose qu’il a réussi à faire, c’est d’internationaliser son personnel, mais cela s’est accompagné d’un grand bond en nombre, de 1 322 à 3 150, avec toutes les implications d’une bureaucratie débordante (48). Pire encore, le Pape Paul décide de placer toute la Curie sous l’autorité générale de la Secrétairerie d’État. Il s’agissait sans doute d’introduire une certaine coordination, mais cela signifiait aussi que la grande majorité des départements, dont la fonction était purement religieuse, étaient soumis au bras politique du Vatican. Et la pire erreur de toutes fut ce que le Pape Paul a fait avec les finances de l’Église. Celles-ci ont été placées sous la direction de l’Archevêque Paul Marcinkus, un clerc de Chicago sans scrupules qui, malheureusement, n’était pas dans le monde de la finance internationale dans lequel sa nomination l’avait plongé. Son approche pragmatique du maintien à flot de l’économie du Vatican l’a conduit à s’associer aux banquiers mafieux Michele Sindona et Roberto Calvi, avec des conséquences désastreuses lorsque ceux-ci sont démasqués. En 1987, un mandat d’arrêt a été émis contre Marcinkus, mais le Pape Jean-Paul II, dans une préférence extraordinaire pour les prérogatives mondaines de l’Église par rapport à son devoir moral, a choisi de l’abriter sous la souveraineté du Vatican. Les leçons n’ont pas été tirées sous le successeur de Marcinkus, l’Évêque Donato de Bonis, qui a été congédié en 1993 après d’autres scandales et nommé incongrûment Prélat (c’est-à-dire aumônier en chef) de l’Ordre de Malte, également pour bénéficier du privilège extraterritorial de cet organisme. Enfoui pendant des années dans les quartiers généraux romains de l’Ordre, il n’ose pas descendre dans la rue de peur d’être arrêté par la police italienne.

Jean-Paul II avait été élu en 1978 comme jeune et vigoureux Pape qui devait s’occuper des problèmes de l’Église, mais le gouvernement interne n’était pas son fort. Dès le début, il s’est consacré à des visites de globe-trotting de haut niveau et il a négligé les exigences quotidiennes de l’organisation qui le servait. Sa nomination du Cardinal Angelo Sodano au poste de Secrétaire d’État en 1991 a aggravé une situation déjà délabrée. Le copinage et la corruption que le régime du Cardinal Sodano a aggravé comprenaient parmi ses scandales la dissimulation des immoralités sexuelles du fondateur des Légionnaires du Christ, le Père Marcial Maciel, à cause des sommes importantes que cette puissante organisation a pu apporter au Vatican. Avec le Cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d’État de 2006 à 2013, la situation a pris une autre direction. Le Pape Benoît XVI, qui le nomma, se distancia des affaires curiales dès le début de son règne, même s’il avait lui-même servi au cœur de la Curie pendant 24 ans avant son élection. Les craintes que les libéraux avaient qu’il aurait du ressentiment pour ses expériences passées ne se réalisèrent pas, et il devint un ermite virtuel, avec le résultat que la Curie descendit dans le chaos des factions (49). Dans ces conditions, le Cardinal Bertone avait la liberté de poursuivre ses propres intérêts ; il a considérablement accru le pouvoir déjà exagéré de la Secrétairerie d’État en plaçant ses candidats à des postes clés dans chaque Congrégation, Conseil ou Commission, et ce sont eux qui étaient les responsables au moment de l’élection du Pape François. Ils formèrent un énorme potentiel acquis dont la capacité à bloquer les souhaits du Pape lui-même avait été l’un des facteurs qui avaient convaincu Benoît XVI de renoncer, convaincu qu’il ne pouvait plus y faire face. Nous avons vu plus haut comment le Cardinal Bertone a choisi d’annuler le projet de Benoît XVI de faire élire le Cardinal Scola comme son successeur – juste un exemple du monstre curieux de Frankenstein auquel un pape régnant a été confronté.

Cette situation avait été mise en lumière de façon dramatique par le scandale "Vatileaks" de 2012. L’affaire a été précipitée par le majordome du Pape, Paolo Gabriele, qui a décidé d’exposer à la presse la corruption qu’il a vue autour de lui. Il n’a pu que ramasser les documents sensibles laissés dans son bureau de travail et les remettre au journaliste Gianluigi Nuzzi. Parmi les documents figuraient des lettres échangées entre Monseigneur Carlo Maria Viganò, le Cardinal Bertone et le Pape lui-même, qui révélaient les protestations de Monseigneur Viganò, qui avait été démis de ses fonctions de Secrétaire du Gouvernorat en raison de son manque d’ardeur à la réforme. Les fuites ont été rendues publiques à la télévision italienne dans l’émission Gli intoccabili en janvier 2012, et Nuzzi l’a suivie en mai avec son livre Sua Santità : Le carte segrete di Benedetto XVI. Le majordome a été jugé par la cour du Vatican et condamné à dix-huit mois de prison, mais Benoît XVI l’a gracié le 22 décembre, reconnaissant que Gabriele avait agi par crainte du réseau de manipulations et d’intrigues dans lequel le Pape était mêlé.

Le moment du pardon n’était pas fortuit. Cinq jours plus tôt, le Pape Benoît XVI avait reçu un rapport secret, préparé pour lui par les Cardinaux Herranz, de Giorgi et Tomko, qu’il avait chargé en mars d’enquêter sur les fuites. Le mandat des cardinaux était d’interroger une douzaine de témoins et d’étudier la situation au Vatican que les documents divulgués révélaient, et ce qu’ils trouvèrent était épouvantable. Ils montraient une image non seulement d’une machine du Vatican qui suivait son propre chemin sans tenir compte des souhaits du Pape, mais aussi d’une corruption morale connue depuis longtemps des initiés, mais à laquelle personne n’avait jusque-là mis de noms. Le rapport lui-même n’a jamais été rendu public, mais la teneur de ses accusations a été divulguée à plusieurs reprises au cours des années suivantes. Des détails ont émergé d’un réseau homosexuel au sein du Vatican qui était en collusion pour promouvoir ses propres intérêts. Les prélats employaient des laïcs avec casiers judiciaires qui se promenaient dans les bars romains et les boîtes de nuit pour se procurer des garçons, et ils étaient récompensés par des carrières protégées au Vatican. Un monseigneur a été suivi lors de visites dans des salons de massage homosexuel et a été victime de chantage avec des photographies des rencontres. Des récits de prélats connus sous des noms féminins, avec de larges allusions à leurs penchants, et de secrétaires payés 15 000 euros par mois, pour des services qui ne se limitaient évidemment pas au bureau (50).

C’est la situation dont le pape François a hérité, et il a été élu en pleine connaissance de la nécessité d’une réforme et dans l’espoir de la mener à bien. En particulier, il a été jugé nécessaire de réformer la Secrétairerie d’État, devenue beaucoup trop puissant et qui est le principal facteur de la sécularisation excessive de la Curie. Nous devons examiner comment François a réussi, cinq ans plus tard, à satisfaire les espoirs qui ont été placés en lui.

Un mois après son élection, le Pape François nomma un conseil de huit cardinaux pour superviser le processus de réforme ; ils furent par la suite portés à neuf et sont maintenant connus sous le nom de C9. Jusqu’en juin 2017, il y a eu dix-huit réunions de ce conseil, mais les réformes qu’il a proposées jusqu’à présent ne sont que du bricolage. Il y a eu une petite fusion des Conseils Pontificaux, mais l’impact sur les plus grands organismes du Vatican a été nul. Le secrétaire d’un Dicastère a commenté : « François a fait rouler beaucoup de têtes, peut-être trop, mais les résultats sont rares. Il y a des commissions de travail, des groupes d’étude, il y a des cabinets de consultants, mais personne ne sait quand on verra quoi que ce soit de concret, ou si on le verra un jour. » (51)

En ce qui concerne les finances papales, le même fonctionnaire dit : « C’est Ratzinger qui était le pape du revirement, François s’est glissé dans ce sillon, mais d’une manière un peu confuse... Le conseil des neuf cardinaux, le soi-disant C9, nommé par lui pour mettre en œuvre les plans de réforme, a tenu de nombreuses réunions sans parvenir à des décisions importantes. Et puis il y a la question du gouvernement synodal. Le Synode des Évêques, a dit François, est en train d’être re-conçu, sur le modèle du Concile Vatican II, mais en pratique personne ne sait comment. » (52)

La clé de cet échec se trouve peut-être dans une remarque du Pape François lui-même : « Je ne peux pas mener les réformes moi-même parce que je suis très désorganisé. » (53) C’est une manière euphémistique d’exprimer le fait que le penchant de Bergoglio a toujours été pour les perturbations plutôt que pour la construction. Son célèbre slogan pour les fidèles était "Hagan lío" – faites le bordel. Il s’agit peut-être (ou non) d’une exhortation fructueuse aux âmes zélées à sortir de la paresse et de la complaisance, mais ce n’est pas un très bon principe pour gouverner l’Église, et encore moins un projet de réforme administrative d’une organisation dont l’ennui était précisément qu’elle était déjà un désordre sacro-saint avant l’arrivée de François.

Le Pape François délègue donc le processus de réforme au C9, mais là aussi il y a un problème. Ces neuf cardinaux forment un groupe extrêmement disparate ; ils ne se distinguent pas par de grands records personnels en tant qu’administrateurs, et pour la plupart ils ont peu d’expérience de la Curie. Ils apportent donc à leur travail une connaissance quelque peu superficielle de l’organe complexe qu’ils doivent réformer. S’ils étaient sous un pape qui ferait preuve d’une grande capacité administrative, ils pourraient se vanter d’apporter une vision extérieure nouvelle ; mais sous un pape qui est également un étranger à la Curie, ils montrent toutes les faiblesses d’un comité sans leadership clair. Par-dessus tout, leur travail est entravé par un pape qui s’intéresse davantage aux jeux de pouvoir qu’à la supervision des réformes. Un aspect de ceci est que beaucoup des changements du Pape François ont été motivés par l’idéologie plutôt que par l’efficacité (par exemple, personne ne pourrait dire que la destitution du Cardinal Burke en tant que Préfet de la Signature Apostolique était justifiée par des considérations d’intégrité ou de compétence), mais le phénomène va beaucoup plus loin que cela, comme nous le verrons au chapitre 6.

L’absence de bon jugement administratif a pour conséquence que les réformes proposées alternent entre l’inertie, d’une part, et un radicalisme malavisé, d’autre part. Un exemple en est la proposition qui a été faite dans les premiers mois du pontificat de François de démanteler la Secrétairerie d’État de nombreux postes et de renommer son chef le Secrétaire du Pape – qui est un office complètement différent (54). Plus récemment, le Cardinal Rodríguez Maradiaga a proposé de fusionner les trois tribunaux du Vatican, la Pénitencerie, la Rote et la Signature, en un seul Dicastère de Justice. Mais l’une des fonctions de la Signature est d’entendre les appels de la Rote, de sorte que les mêmes juges seraient en charge de la première et de la deuxième instance. Un système juridique qui ne comprend qu’un seul tribunal est un phénomène que l’on ne trouve que dans les pays totalitaires, et la proposition montre le manque de connaissance et de réflexion des personnes concernées. D’autre part, le plan de démembrement et de compartimentation de la Secrétairerie d’État, initialement proposé, était une réforme très nécessaire d’un organe trop puissant. Son abandon n’est pas dû à une impraticabilité mais aux intérêts particuliers de la Secrétairerie d’État elle-même. Les questions des grandes Congrégations n’ont pas non plus été examinées par le C9.

Quelques exemples de la confusion et de l’inefficacité qui ont été les notes de la "réforme" ont été donnés dans un article paru en juin 2017 (55). En septembre 2016, le Conseil pour les Laïcs, la Famille et la Vie a officiellement cessé d’exister et a été fusionné dans un nouveau Dicastère sous le Cardinal Kevin Farrell. Mais son secrétaire n’a été nommé qu’en juin 2017 ; il vit au Brésil et ne pourra pas venir à Rome avant plusieurs mois. Le Secrétaire adjoint n’a pas encore été nommé. Ce sont les postes clés, et sans eux le Dicastère ne peut pas commencer à travailler. Le personnel de l’ancien Conseil est toujours là, attendant d’être licencié, dans ce que l’un d’entre eux a décrit comme « un chaos calme et tranquille ».

En août 2016, le nouveau Dicastère pour la Promotion du Développement Humain Intégral a été créé, avec effet au 1er janvier 2017 et avec le Cardinal africain Peter Turkson comme Préfet. Le Dicastère est censé être une fusion des Conseils Pontificaux pour la Justice et la Paix, pour la Pastorale des Migrants et des Personnes Itinérantes, et pour l’Assistance Pastorale aux Travailleurs de la Santé, avec Cor Unum. Mais le Cardinal Turkson (qui est un érudit biblique sans expérience administrative) dit qu’il ne sait pas très bien ce que le Dicastère est censé faire, et qu’il attend toujours ses ordres de marche.

Résumant les maigres résultats de ce que le C9 a accompli, le journaliste cite le commentaire d’un cardinal et d’un archevêque qui travaillent à la Curie depuis de nombreuses années : « Quelle réforme ! Nous aurions pu la préparer nous-mêmes, en l’espace d’un matin, assis à une table. »

Un autre pas dans la mauvaise direction est le résultat de la manière désinvolte du Pape François. Dans le passé, il existait un système qui permettait à chaque chef d’un corps du Vatican de voir le Pape régulièrement, généralement deux fois par mois ; il s’appelait l’udienza di tabella. Cette base a maintenant été abolie ; les fonctionnaires doivent prendre des rendez-vous spéciaux, et on leur dit souvent que le Pape est trop occupé. Dans le cas de la révocation des trois responsables de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (28 octobre 2016), le Cardinal Müller a demandé à plusieurs reprises une audience pour plaider en leur faveur et, lorsqu’il a finalement obtenu l’une d’entre elles, elle est arrivée avec deux ou trois mois de retard.

Il en résulte que la Secrétairerie d’État est devenue un gardien de la porte par lequel doivent passer toutes les affaires et un filtre entre le Pape et la Curie. La Secrétairerie est donc devenue plus puissante que jamais. Tant que cela dure, la réforme est impossible.

Une idée fausse qui doit être corrigée est encouragée par les journalistes qui aiment représenter un pape libéral luttant contre une phalange de clercs et de fonctionnaires centralisateurs. C’est une notion dépassée que la Curie se compose de conservateurs dont le but est de préserver le pouvoir papal et qui s’opposent aux réformes libérales. Il aurait été vrai, si l’on se référait à l’esquisse historique donnée plus haut, du régime que le Cardinal Canali a dirigé dans les années 1950, et que le Cardinal Ottaviani a essayé de maintenir après lui ; mais Ottaviani a été complètement rejeté par le Pape Paul VI. Au lieu de cela, Paul VI fit venir comme Secrétaire d’État un prélat français de l’extérieur de la Curie, Jean-Marie Villot (1969-79). Villot introduisit un régime que l’on pourrait qualifier de bureaucratique sur le modèle français, mais qui n’était certainement pas papaliste conservateur, et l’ancien établissement fut dissous pour toujours. Ce n’était pas nécessairement une amélioration, car l’ancien système, quels que soient ses défauts, reposait au moins sur un principe moral, celui de la monarchie papale traditionnelle. Les cardinaux qui ont occupé une place importante dans la Curie depuis lors n’ont pas fait preuve d’un conservatisme marqué et n’ont pas manifesté un intérêt particulier pour le maintien de l’autorité papale en tant que principe théologique. Si nous regardons ce qui a remplacé cela, c’est le principe de leur propre intérêt en tant que bureaucrates, et cette caractéristique règne sans être dérangée sous le Pape "libéral" François.

Les fautes qui ont été décrites jusqu’à présent sont relativement futiles et, au pire, elles ne feraient qu’illustrer le manque de compétence de François en tant que réformateur. Mais la réalité est en fait beaucoup plus noire. Il inclut l’état de rivalité et de conflit chaotique qui a été produit par les méthodes manipulatrices du Pape François, et qui sera décrit dans la section 3 ci-dessous car il affecte la Secrétairerie d’État, le Secrétariat de l’Économie et les différents organismes financiers du Vatican. Et elle s’étend à l’état moral de la Curie, dont un tableau aussi impressionnant a été présenté à Benoît XVI deux mois avant son abdication. Toute idée selon laquelle le Pape François s’est appliqué à réformer cet aspect serait une grave erreur.

L’existence d’un lobby homosexuel au Vatican, révélée par le rapport des cardinaux de décembre 2012, est un scandale que le Pape François n’a pris aucune mesure pour corriger, et qu’il a en outre accentué. L’un des cas les plus notoires est celui de Monseigneur Battista Ricca, Prélat de l’Institut des Œuvres de Religion. Monseigneur Ricca a fait carrière comme membre du service diplomatique papal. Après une affectation à Berne, il fut envoyé en Uruguay en 1999 et amena avec lui son petit ami Patrick Haari, un mauvais capitaine de l’Armée Suisse. Profitant d’un intervalle entre la retraite du nonce et l’arrivée de son successeur, quand Ricca était chargée d’affaires, il installa Haari dans la nonciature elle-même, avec un emploi, un salaire et un logement. Le nouveau nonce, arrivé à Montevideo au début de l’an 2000, tenta de faire sortir Ricca et Haari, mais le premier fut protégé par son amitié avec l’Archevêque (plus tard Cardinal) Re, qui était alors Substitut à la Secrétairerie d’État. Le ménage était un scandale ouvert pour le clergé et les religieuses qui fréquentaient la nonciature de Montevideo, mais rien ne pouvait être fait, même après que Haari ait été ramené chez lui un soir par des prêtres d’une maison de rencontres homosexuelles où il avait été battu brutalement par un commerçant. Ce n’est que lorsque Monseigneur Ricca lui-même a été pris dans un ascenseur avec un jeune qui était connu de la police, en août 2001, que le nonce qui en souffrait depuis longtemps a pu se débarrasser de son subordonné. (Dans les bagages de Haari quand il est parti, on a découvert qu’il était bourré de préservatifs et de matériel pornographique.) Après une nouvelle affectation à Trinidad et Tobago, où il s’est disputé avec son nonce, Ricca a finalement été démis de ses fonctions diplomatiques en 2005, lorsqu’il a obtenu un emploi à Rome avec le statut de conseiller d’une nonciature de premier rang. Ses responsabilités incluaient la gestion de la maison d’hôtes des cardinaux à Via della Scrofa, où le Cardinal Bergoglio avait l’habitude de séjourner, et où il se rendit pour payer sa facture le matin suivant son élection. Étant donné que Montevideo fait face à Buenos Aires par l’embouchure de la Rivière de la Plata, il semble peu probable que le Cardinal Archevêque de l’époque n’avait pas été au courant de ce qui se passait dans la nonciature au-delà de la Rivière, mais cela ne l’empêchait pas d’établir une amitié étroite avec Monseigneur Ricca, qui tenait ce dernier en bonne place lorsque Bergoglio fut élu Pape. Trois mois après cet événement, en juin 2013, Monseigneur Ricca fut nommé Prélat de l’IOR, la Banque du Vatican (56). La nomination a fait l’objet d’une question d’un journaliste au Pape quelques semaines plus tard, lors d’une de ses conférences de presse à bord d’un avion, quand il a été interrogé sur cette promotion d’un homosexuel notoire, et est sortit le célèbre propos du Pape, « Qui suis-je pour juger ? ». En fait, son patronage de Monseigneur Ricca correspond au modèle qui était bien établi quand il était Archevêque de Buenos Aires, où il s’entoure de personnes moralement faibles pour les avoir sous sa main.

On peut dire que le pieux catholique moyen serait scandalisé de savoir que les hautes sphères de l’Église sont occupées par des hommes qui violent de façon si flagrante leurs obligations de chasteté comme l’a fait Monseigneur Ricca, et trouverait incroyable qu’ils soient non seulement tolérés mais protégés et promus. Or, cette situation n’a pas seulement continué sans retenue sous le pape François, elle s’est visiblement aggravée. En octobre 2015, nous avons eu droit au spectacle d’un fonctionnaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Mgr Krzysztof Charamsa, qui a démissionné ostensiblement de son poste, a annoncé qu’il était un homosexuel actif et a lancé, au profit de la presse, une tirade contre l’enseignement moral de l’Église. Il a également "révélé" l’existence d’un lobby homosexuel à la Curie, qui était certes bien connu mais qui a été ainsi confirmé de l’intérieur. Les faits marquants de cette affaire étaient que Monseigneur Charamsa travaillait depuis des années en tant qu’opposant acharné à l’enseignement de l’Église dont il était soi-disant le porte-parole, et qu’avec tout ce qu’on a dit sur le nettoyage de la Curie, on n’a jamais tenté de déranger de telles personnes ; il a fallu un geste de défi de sa part pour le retirer du bureau qu’il avait si clairement trahi.

Monseigneur Luigi Capozzi, secrétaire du Cardinal Coccopalmerio, était un autre prélat qui a connu une sortie moins volontaire. En juin 2017, il fut surpris par la Gendarmerie du Vatican organisant une fête homosexuelle dans son appartement luxueux du Palazzo del Sant’Uffizio, et on découvrit qu’il avait utilisé sa voiture avec des plaques du Vatican pour transporter de la drogue sans être arrêté par la police italienne (57). Le Cardinal Coccopalmerio, qui est tout aussi connu pour avoir prôné la tolérance envers l’homosexualité et pour être peut-être le plus grand des hommes favorables au pape François, avait proposé cet assistant de confiance pour un évêché.

La signification plus large de cette infiltration est que le lobby homosexuel travaille à changer l’enseignement moral de l’Église dans son propre intérêt, et il s’est développé avec la tendance libéralisante introduite par le Pape François. Par exemple, l’Archevêque Bruno Forte a écrit pour le Synode sur la Famille en 2014 le texte qui tente d’assouplir l’enseignement catholique sur l’homosexualité. Son texte a été rejeté par le Synode, mais pas par manque d’effort de la part du Pape François pour faire avancer la cause de la libéralisation. Un cas peut-être encore plus scandaleux est celui de l’Archevêque Vincenzo Paglia, qui est incroyablement Président du Conseil Pontifical pour la Famille et que le Pape François a récemment nommé Président de l’Institut Jean-Paul II d’Études sur le Mariage et la Famille, organe que Jean Paul entendait être le chien de garde de l’enseignement de l’Église.

En décembre 2014, le Pape François profita de la rencontre de la Curie pour présenter les vœux de Noël et leur livrer une harangue dans laquelle il exposa, de façon inventive et détaillée, quinze manières dont ils étaient corrompus. Cette approche de la réforme curiale illustre le goût pour les incessantes railleries et les insultes recherchées qui l’ont distingué dans ses premières années (il semble s’en être rendu compte maintenant que les gens en sont fatigués) ; mais elle s’inscrit aussi dans un schéma familier de rhétorique visant à le montrer comme un réformateur radical, mais sans aucune mesure pratique qui lui corresponde. La véritable corruption de la Curie Romaine, qu’elle soit administrative ou morale, n’est pas quelque chose pour laquelle François a jusqu’à présent montré des signes de réforme ; au contraire, c’est une faiblesse qu’il a exploitée et qui s’est développée sous son gouvernement.

(48) Voir H.J.A. Sire, "Phoenix from the Ashes" (Le Phénix des Cendres), Ohio, 2015, p.370 etc., qui donne un compte rendu du contexte historique.

(49) "The Spectator", 14 janvier 2017 : Damian Thompson, "Why more and more priests can’t stand Pope Francis." (« Pourquoi de plus en plus de prêtres ne supportent pas le Pape François »)

(50) Gianluigi Nuzzi, "Merchants in the Temple" (Les Marchands du Temple), 2015, p.198-199. [titre italien : "Via Crucis", p.259-261]

(51) Aldo Maria Valls, "266". (Macerata, 2016), p.106. Le titre mystérieux de ce livre est le numéro de François dans la liste des papes.

(52) Aldo Maria Valls, "266". (Macerata, 2016), p.107. Le titre mystérieux de ce livre est le numéro de François dans la liste des papes.

(53) Cité dans un article de NDTV, 11 juin 2013 : "Pope Francis admits to ’gay lobby’ in Vatican administration : report." (« Le Pape François admet le lobby gay dans l’administration du Vatican : reportage »)

(54) Gianluigi Nuzzi, "Merchants in the Temple" (Les Marchands du Temple), 2015, p.153. ["Via Crucis" p.197]

(55) Marco Tosatti, "waiting for Vatican Reform" (En attente de la Réforme du Vatican), dans First Things du 6 juin 2017, d’où sont extraits les détails des trois paragraphes suivants.

(56) Ces événements ont été décrits en détail par Sandro Magister dans l’article "Il prelato del lobby gay" (Le prélat du lobby gay) dans "L’Espresso" du 18 juin 2013.

(57) Article paru dans "Il Fatto Quotidiano" du 28 juin 2017 : Francesco Antonio Grana, "Vaticano, fermato un monsignore : festini gay e droga al Palazzo dell’ ex Sant’ Uffizio." (« Vatican, un monsignor arrêté : fêtes gays et drogues à l’ancien Palais du Saint-Office. »)
LE BON CHAPELET

Prenez votre chapelet
Et souvent le récitez
https://www.youtube.com/watch?v=5xgxKl0 ... 2&index=69
Ou bien le psalmodiez
Ou encore le chantez :
Un chapelet bien récité
Ou chanté ou psalmodié
Et bien intentionné
Est un bon chapelet !

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Message Sujet: The Dictator Pope (Marcantonio Colonna)

Message Titre du message: Re: The Dictator Pope (Marcantonio Colonna)

Message Ecrit le 30 Jan 2018, 20:32

Depuis la séparation de l'Eglise et de l' Etat, toute cette corruption au sein du Vatican ne nous atteint plus ; nous ne nous sentons plus concernés et c' est tant mieux.

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Message Sujet: The Dictator Pope (Marcantonio Colonna)

Message Titre du message: Re: The Dictator Pope (Marcantonio Colonna)

Message Ecrit le 03 Fév 2018, 17:10

2) Qu’est-il advenu de la "Tolérance Zéro"
pour les délinquants sexuels dans le clergé ?


Au moment où le public a été mis au courant du rapport de Herranz et Tomko, ce que l’on appelait dans la presse la « mafia gay » ou « lobby gay » au Vatican était déjà largement présumé. Le phénomène de l’homosexualité répandue parmi le clergé et les évêques était connu du public depuis 2001, lorsque le Boston Globe a lancé une série d’exposés, lançant les « scandales d’abus sexuels du clergé » qui ont constitué une grande partie du paysage catholique depuis lors. La nature de l’abus a été confirmée par le rapport John Jay, une enquête commandée par la Conférence des Évêques Catholiques des États-Unis, publié en 2004, qui a révélé que plus de 80% des victimes étaient des adolescents de sexe masculin (58). En 2004, des rapports avaient également commencé à sortir des diocèses du monde entier, avec des résultats similaires ; l’Église, de quelque niveau que ce soit, avait un énorme problème. En 2012, les diocèses et les conférences épiscopales nationales de l’Australie, du Canada, de l’Argentine, du Brésil, du Chili et du Mexique, des Philippines, de l’Inde et de la plupart des pays d’Europe avaient tous fait état de cette tendance désormais bien connue.

Le Rapport de John Jay couvrait la période 1950-2002 et concluait que les plaintes avaient atteint un sommet à une période coïncidant avec la mode d’ignorer ou de réécrire les directives d’admission au séminaire pour permettre aux homosexuels d’étudier et d’être ordonnés prêtres – les années 1960 à 1980 – une période qui peut être comparée à la Révolution Sexuelle interne de l’Église Catholique. Cette vague mondiale de permissivité sexuelle à la mode qui s’est manifestée dans les années 70 aurait fait perdre la crédibilité du Vatican. Bien que François ait enterré le rapport Herranz et Tomko, les paramètres généraux du problème sont devenus clairs avec le Vatileaks de 2012, révélant un réseau homosexuel étendu et bien financé, fonctionnant à partir de la Curie. Les documents révélaient que des fonctionnaires de la Curie avaient approuvé à Rome l’utilisation de propriétés appartenant au Vatican comme maisons closes gays destinées à la clientèle sacerdotale. Les récits à Rome des prélats du Vatican proposant des séminaristes et faisant pression sur le jeune clergé sont légion. Compte tenu de cette situation, il n’est pas surprenant qu’un homme aussi dévoué aux machinations populistes que Jorge Bergoglio prenne publiquement la ligne du « qui suis-je pour juger ».

Malgré les tentatives de la presse laïque d’accuser rétroactivement le Pape Benoît XVI, les archives montrent que l’ancien chef de la CDF avait entrepris des réformes importantes et efficaces, décrites aux États-Unis comme une « politique de tolérance zéro ». Les abus sexuels à l’égard de mineurs, du moins en 2001, étaient encore un sujet susceptible de susciter l’indignation du public, et les demandes de réforme étaient fortes. Mais même à cette époque, le lobby homosexuel, devenu mondial après son adoption par les ONG de l’ONU et de l’UE, avait déjà fait d’énormes progrès dans la gestion de son image. Les médias séculiers ont collaboré, créant une distinction artificielle entre les « pédophiles du clergé » sinistres et effrayants qui s’attaquent aux enfants préadolescents, garçons et filles, et la nouvelle image fraîchement épurée de « l’homme gay » moralement acceptable. La preuve était démontrée que le lobby LGBT travaillait également à abaisser l’âge légal du consentement au niveau des garçons à 14 ans, ceux-ci étant préférés par les agresseurs homosexuels du clergé (59). Dans le contexte de ces grands bouleversements culturels et de la réalité du Vatican, il est peut-être compréhensible que les réformes du Pape Benoît XVI – qui incluaient l’interdiction des hommes homosexuels au sacerdoce (60) – aient si peu profité, avant même qu’elles ne soient renversées par son successeur.

Selon les données présentées par la CDF à la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies en janvier 2014, Benoît XVI avait défroqué ou suspendu plus de 800 prêtres pour abus sexuels passés entre 2009 et 2012. Il s’agissait notamment du célèbre Père Marcial Maciel, le fondateur influent des Légionnaires du Christ qui, sous le pape précédent, avait bénéficié de l’immunité d’investigation. En 2011, la CDF a adressé une lettre aux Conférences épiscopales du monde entier pour leur demander d’adopter des lignes directrices rigoureuses sur la manière de répondre aux allégations qui incluraient l’aide aux victimes, la protection des mineurs, l’éducation des futurs prêtres et religieux, et la collaboration avec les autorités civiles. Les lignes directrices exigeaient que les évêques transmettent tous les nouveaux cas aux autorités civiles et à la CDF. Dans une lettre pastorale adressée en mars 2010 aux Catholiques d’Irlande, Benoît XVI a critiqué l’application laxiste des lois de l’Église par les évêques, dont les échecs avaient « sérieusement miné votre crédibilité et votre efficacité ». Il a noté une « tendance malavisée » contre l’application de châtiments canoniques qui, selon lui, était due à « des interprétations erronées du Concile Vatican II ».

Mais ces lignes directrices n’étaient que des réitérations de réformes antérieures sur lesquelles Ratzinger avait insisté en tant que chef de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. En avril 2001, quelques mois seulement après que les scandales eurent commencé à éclater, le Pape Jean-Paul II publia des normes (61) qui imposaient aux évêques l’obligation de rapporter toutes les accusations de « delicta graviora » (délits graves) commis par les clercs contre le sixième Commandement à la CDF, une compétence retirée à la Congrégation pour le Clergé et à la Rote Romaine. Trois semaines plus tard, Ratzinger avait envoyé une lettre à tous les évêques du monde catholique, leur rappelant les normes et insistant sur leur mise en œuvre.

L’action la plus décisive du Pape Benoît XVI a été prise dans le cas longtemps négligé du Père Marcial Maciel, fondateur de l’ordre sacerdotal immensément riche, les Légionnaires du Christ. Les plaintes et les accusations s’étaient accumulées contre Maciel depuis des décennies, mais le public n’était guère préparé à l’horrible réalité – la tromperie que Maciel avait perpétrée pendant des décennies – qui a finalement émergé. Pendant le pontificat de Jean-Paul II, les Légionnaires et Maciel ont bénéficié de la faveur du pape et de l’appui de son puissant Secrétaire d’État, le Cardinal Angelo Sodano, qui aurait reçu des sommes énormes de la part du groupe. En 2004, près de la fin du pontificat de Jean-Paul II, Ratzinger avait ordonné la réouverture de l’enquête de la CDF sur Maciel et était finalement convaincu que les allégations étaient fondées après que son bureau eut interrogé plus de 100 anciens séminaristes et prêtres. Maciel a quitté la tête de la Légion quelques jours seulement avant la mort de Jean-Paul II, à l’occasion des funérailles duquel le Cardinal Ratzinger a sévèrement critiqué la "crasse" de l’abus sexuel clérical qui s’était développé dans l’Église.

L’enquête s’est poursuivie après l’élection du Pape Ratzinger et, en mai 2006, la CDF a ordonné à Maciel de « renoncer à toute forme de ministère public » et de se retirer à « une vie consacrée à la pénitence et à la prière » ; Maciel est mort en 2008. En fin de compte, il s’est avéré que le fondateur de la Légion avait mené une double vie pendant des décennies ; dépendant de la morphine, abusant sexuellement de garçons et de jeunes hommes, gardant trois maîtresses dans deux pays et engendrant six enfants d’elles, le tout à l’abri de la dévotion cultuelle de l’ordre au fondateur ; soutenu par de l’argent donné à la Légion pour des œuvres de religion.

Avec la succession de Benoît XVI, même ceux qui n’étaient pas enclins à soutenir le côté "conservateur" de l’Église ont ressenti un profond changement. Michael Sean Winters, chroniqueur au National Catholic Reporter, a félicité Benoît XVI pour avoir mis l’accent sur ceux qui avaient couvert les coupables. Il a qualifié l’accent mis précédemment sur les agresseurs « d’approche totalement inefficace ». La maltraitance des mineurs, a-t-il dit, « était horrible », mais « ce qui a vraiment donné lieu à un sentiment de trahison, c’est que les évêques n’ont pas réagi à cet abus avec l’horreur appropriée ».

« La volonté de Benoît XVI de demander des comptes aux évêques est ce qu’il faut pour redresser l’Église », a dit Winters. « Le pape Benoît le comprend. Et il a prévenu que les évêques qui ne le feraient pas seront remplacés. » Cela a été confirmé quelques jours avant que la démission de Benoît XVI ne prenne effet par un haut responsable du corps diplomatique du Vatican, l’Archevêque Miguel Maury Buendia, qui a dit (62) : « Ce Pape a enlevé deux ou trois évêques par mois à travers le monde... Il y a eu deux ou trois fois où ils ont dit non, et le Pape les a simplement retirés. »

Malgré les déclarations verbales du nouveau pape, cette réforme de la responsabilité semble s’être évaporée avec la démission de Benoît XVI. En fait, pour ceux qui étaient attentifs, François commença immédiatement à signaler la nouvelle direction en choisissant d’honorer l’un des plus célèbres évêques responsables ; comme on l’a noté plus haut, le Cardinal Danneels apparut avec le nouveau pape sur le balcon de la Basilique Saint-Pierre le soir de l’élection.

Anne Barrett Doyle, co-directrice de Bishop Accountability, a fait remarquer : « Aucun autre pape n’a parlé aussi passionnément du mal de l’abus sexuel des enfants que François. Aucun autre pape n’a invoqué aussi souvent la tolérance zéro. » (63) Pourtant, au nom de son thème préféré, la « miséricorde », François rompt résolument avec le programme de réforme Ratzinger/Benoît XVI, réduisant la peine pour les prêtres abuseurs à « une vie de prière » et à des restrictions sur la célébration de la Messe. En février 2017, il fut révélé que François avait « tranquillement réduit les sanctions contre une poignée de prêtres pédophiles, appliquant sa vision d’une église miséricordieuse même à ses pires contrevenants » (64).

Un cas particulièrement notoire a été la décision de François d’annuler les peines infligées par la CDF au prêtre Italien Mauro Inzoli, qui a été reconnu coupable en 2012 par un tribunal ecclésiastique d’avoir abusé de garçons dès l’âge de douze ans et suspendu a divinis. Inzoli avait particulièrement irrité les Italiens pour l’impudence de son comportement – il a abusé des garçons dans le confessionnal et les a convaincus que sa maltraitance était approuvée par Dieu – et son amour d’un style de vie cher, ce qui lui a valu le surnom de « Don Mercedes » dans la presse.

Mais en 2014, à la suite d’un appel lancé par les amis d’Inzoli à la Curie, François réduisit la peine du prêtre à une « vie de prière » et à une promesse de ne pas s’approcher des enfants, lui donnant la permission de célébrer la Messe en privé. François lui ordonna également de suivre cinq ans de psychothérapie, une approche médicalisée privilégiée par les évêques au plus fort de la crise de l’abus sexuel qui démontra qu’elle avait peu d’effet.

Les deux amis curiaux d’Inzoli devinrent des personnages importants dans les altercations ultérieures entre François et ses critiques au sein du collège des cardinaux sur Amoris Laetitia : le Cardinal Coccopalmerio, ancien évêque auxiliaire du Cardinal Martini, qui est président du Conseil Pontifical pour les Textes Législatifs et Monseigneur Pio Vito Pinto, aujourd’hui doyen de la Rote Romaine (65). Ces deux prélats ont joué un rôle clé dans le soutien de François contre les critiques de son Exhortation Apostolique, Amoris Laetitia, dont le Cardinal Müller, préfet de la CDF. Un journaliste a commenté : « Le Pape François, suivant les conseils de son groupe d’alliés formant club dans la curie, insiste pour annuler les réformes qui ont été instituées par ses prédécesseurs Jean-Paul II et Benoît XVI dans le traitement des cas de prêtres abuseurs. » (66)

Cette clémence, cependant, a échoué et après des plaintes de la ville natale d’Inzoli, Crémone, la police a rouvert le dossier contre lui. Il a été jugé et condamné à quatre ans et neuf mois de prison pour « plus d’une centaine d’épisodes » de violence contre cinq garçons âgés de 12 à 16 ans. Quinze autres infractions dépassaient le délai de prescription. Après la condamnation d’Inzoli devant les tribunaux civils, le Vatican entama tardivement un nouveau procès canonique.

Les rumeurs selon lesquelles François a l’intention de rétablir la compétence pour les cas d’abus sexuels du Cardinal Müller à la Rote et à la Congrégation pour le Clergé ont continué à circuler jusqu’au renvoi du cardinal en juillet 2017. Nicole Winfield, d’Associated Press, a noté que François avait également annulé un projet de tribunal d’évêques, demandé par sa propre commission d’abus sexuels, et avait renvoyé sommairement deux des membres du personnel de la CDF chargés de ces affaires, refusant de donner des raisons au Cardinal Müller. L’autre suggestion de la commission, des lignes directrices pour les diocèses sur le traitement des réclamations pour abus, n’a jamais été envoyée aux conférences épiscopales, ni même publiée sur les sites Internet du Vatican. La nouvelle approche de François a également été critiquée par une victime survivante dans le cadre de sa propre commission consultative sur l’abus sexuel. Marie Collins, qui a par la suite démissionné de la commission, citant une culture vaticanienne d’obstruction et d’inaction bureaucratique, a déclaré que la solution médicale était inappropriée. « Tous ceux qui commettent des abus ont pris la décision consciente de le faire », a déclaré Collins à Associated Press. « Même ceux qui sont pédophiles, vous diront les experts, sont toujours responsables de leurs actes. Ils peuvent résister à leurs inclinations. »

Le cas d’Inzoli n’est pas isolé. Winfield a écrit que « deux avocats canonistes et un fonctionnaire de l’église » lui ont dit que le pape qui met l’accent sur la « miséricorde » a créé un environnement dans lequel « plusieurs » prêtres en vertu de sanctions canoniques imposées par la CDF ont fait appel avec succès à François pour la clémence par le biais de puissants liens curiaux. L’official anonyme a noté que de tels appels avaient rarement été couronnés de succès avec Benoît XVI, qui avait retiré plus de 800 prêtres du ministère.

Des questions subsistent quant aux connaissances et à l’implication de Bergoglio dans le cas de décennies d’abus sexuels commis par des prêtres à l’Institut Antonio Provolo, une école pour enfants sourds en Argentine et à Vérone, en Italie. Nicola Corradi et Horacio Corbacho ont été arrêtés en 2016 en Argentine, après que 24 anciens étudiants de l’institut eurent déposé plainte, à partir de 2009. Bien que le diocèse de Vérone se soit officiellement excusé auprès des victimes italiennes du même prêtre à l’école de l’institut de Vérone, après que le Vatican de Benoît ait ordonné une enquête, le Vatican de François n’a rien fait depuis. Ceci même après que les étudiants aient nommé Corradi de nouveau dans une lettre à François en 2014 lui demandant une commission d’enquête. La seule réponse que le groupe ait jamais reçue de Rome a été une note de l’Archevêque Angelo Becciu qui a dit que la demande d’une commission avait été transmise à la Conférence épiscopale italienne. L’Association Provolo a déclaré à Associated Press en 2016 : « À ce jour, rien ne s’est passé. »

« Nous devons nous demander : le Pape, qui a été pendant de nombreuses années le primat de l’Église Argentine, ne savait-il rien des abus commis dans son pays ? » Un avocat canoniste du groupe, Carlos Lombardi, a déclaré à la presse : « Soit il vit en dehors de la réalité, soit c’est extrêmement cynique... c’est une moquerie. » (67)

(58) Dans une déclaration lue par l’Archevêque Silvano Maria Tomasi au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies le 22 septembre 2009, le Saint-Siège a déclaré que la majorité des membres du clergé catholique qui avaient commis des actes d’abus sexuels ne devraient pas être considérés comme des pédophiles, mais comme des homosexuels attirés par les rapports sexuels avec des adolescents de sexe masculin. La déclaration disait qu’au lieu de la pédophilie, « il serait plus juste de parler d’éphébophilie ; étant une attirance homosexuelle pour les adolescents de sexe masculin... De tous les prêtres impliqués dans les abus, 80 à 90 % appartiennent à cette minorité d’orientation sexuelle qui est sexuellement engagée avec des adolescents de 11 à 17 ans. »

(59) Peter Tatchell, le militant homosexuel le plus en vue du Royaume-Uni, a été l’un des critiques les plus virulents des "prêtres pédophiles" catholiques. En 2010, il était parmi ceux qui s’opposaient à la visite du Pape Benoît XVI en Grande-Bretagne, l’accusant d’avoir couvert les agresseurs. La même année, Tatchell, qui a écrit que « tous les rapports sexuels impliquant des enfants ne sont pas forcément désirés, abusifs et nocifs », préconisait de réduire l’âge légal du consentement pour permettre aux hommes adultes de s’engager dans des activités homosexuelles avec des jeunes de 14 ans.

(60) « L’Instruction concernant les critères de discernement des vocations à l’égard des personnes homosexuelles en vue de leur admission au séminaire et aux ordres sacrés » de la Congrégation pour l’Éducation Catholique, approuvée par le Pape Benoît XVI le 31 août 2005.

(61) Le Motu Proprio "Sacramentorum Sanctitatis Tutela" était une reformulation de la Constitution Apostolique sur la Curie Romaine, "Regimini Ecclesiae Universae", de Paul VI, publiée en 1967, qui « confirmait la compétence judiciaire et administrative de la Congrégation [CDF] dans la procédure selon ses normes modifiées et approuvées ».

(62) Article paru dans EWTN le 22 février 2013, "Pope has ’cleaned up episcopate’, nuncio says." (Le Pape a « nettoyé l’épiscopat », dit le nonce.) http://www.ewtnnews.com/catholic-news/World.php?id=7089

(63) Article dans Crux du 24 décembre 2016, "Argentina probes sex abuse at deaf school, what Vatican knew". (L’Argentine enquête sur les abus sexuels à l’école des sourds, ce que le Vatican savait)
https://cruxnow.com/global-church/2016/ ... ican-knew/

(64) Article dans Associated Press, 25 février 2017, Nicole Winfield, "Pope quietly trims sanctions for sex abusers seeking mercy". (Le Pape rompt discrètement les sanctions pour les agresseurs sexuels qui demandent grâce) https://apnews.com/64e1fc2312764a24bf1b ... king-mercy

(65) Le nom de Pinto figure sur la fameuse "Liste Pecorelli", une liste des francs-maçons présumés au sein de l’Église, compilée dans les années 1970 par Carmine "Mino" Pecorelli, Directeur de L’Osservatorio Politico, une agence de presse spécialisée dans les scandales et crimes politiques. La Liste Pecorelli a été publiée dans le Magazine L’Osservatorio Politico Internazionale, le 12 septembre 1978, pendant le bref pontificat du Pape Jean-Paul Ier.

(66) Article de Michael Brendan Dougherty, "A child abuse scandal is coming for Pope Francis" (Un scandale de maltraitance d’enfants est à venir pour le Pape François), dans The Week du 3 janvier 2017.

(67) Article dans Crux du 24 décembre 2016, "Argentina probes sex abuse at deaf school, what Vatican knew". (L’Argentine enquête sur les abus sexuels à l’école des sourds, ce que le Vatican savait) https://www.cnsnews.com/news/article/ar ... tican-knew
Modifié en dernier par Gilbert Chevalier le 08 Fév 2018, 11:00, modifié 2 fois.
LE BON CHAPELET

Prenez votre chapelet
Et souvent le récitez
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Ou bien le psalmodiez
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Un chapelet bien récité
Ou chanté ou psalmodié
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