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[ Musulman ]
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| que connaissez vous sur le soufisme |
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Posté le: Mar Jan 01, 2008 2:33 pm
Sujet du message:
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Salam alaikoum
Ma connaissance du tassawouf se limite à la sorba de mouridines, à la bay'a avec un sheikh, à la visite de celui-ci, à l'application de ces conseils le mieux possible.
Ce que certains savants on dit du tassawouf :
Al-Hassan al-Basri (d. 110 hégire comme pour le reste des dates données)
L’un des premiers Soufis formels dans le sens littéraire et général, puisqu’il vêtit toute sa vie un manteau de laine (souf). Le fils d’une esclave libérée de Oumm Salama (la femme du Prophète ), et d’un esclave affranchi de Zayd ibn Thabit (le fils adoptif du Prophète ), ce grand Imam de Basra, le leader des saints et des savants de son temps, était connu pour sa stricte observance de la Sunna du Prophète. Il fut aussi fameux pour son immense savoir, son austérité et son ascétisme, ses intréprides reproches aux autorités, son pouvoir d’attraction par la parole et par ses apparitions.
Ibn al-Jawzi -savant hambalite- écrit un livre de 100 pages sur sa vie et ses caractères intitulé Adab al-Chaykh al-Hassan ibn al-Hassan al-Basri. Dans son chapitre sur al-Hassan dans Sifat al-safwa, il mentionne qu’al-Hassan laissa un manteau blanc (joubba) en laine, c’est le seul vêtement qu’il avait revêti au cours des vingt-cinq dernières années de sa vie, en été comme en hiver, et que lorsqu’il mouru, il était d’une impeccable beauté, propre, et de bonne qualité.[45]
Dans le livre qu’il consacra aux dires et aux actions des Soufis, Rawdat al-mihibbin wa nouzhat al-moushtaqin (Le jardin des amoureux et l’excursion des nostalgiques), Ibn Qayyim rapporte:
Un groupe de femmes sortirent le jour de la `Id et regardèrent les gens. On leur demanda: «Quelle est la personne la plus belle que vous avez vue aujourd’hui?» Elles répondirent: «C’est un cheick portant un turban noir.» Elles voulaient dire Hassan al-Basri.[46]
Le maître de hadiths Abou Nou`aym al-Isfanahi (d.430) mentionne dans ses biographies de Soufis intitulées Hilyat al-awliya' (L’ornement des saints) que c’est le disciple de Hassan al-Basri, `Abd al-Wahid ibn Zayd (d.177) qui fut la première personne à construire un hospice spirituel (khaniqa soufi) ou maison de l’hôte et une école à Abadan qui de nos jours fait frontière entre l’Iran et l’Iraq.[47]
Ce fut sur les bases de Hassan al-Basri et sur la renommée de ses disciples reconnus comme Soufis qu’Ibn Taymiyya dit dans son essai al-Soufiyya wa al-fouqara: «L’origine du tassawwouf est Basra».[48] Ceci une est déclaration trompeuse qui équivaut à accuser al-Hassan d’avoir inventé le tassawwouf. Au contraire, Basra est en tête parmi les places renommées pour le développement officiel des écoles de purification qui vinrent à être connues comme tassawwouf et dont les principes ne sont rien d’autre que le Coran et la Sunna comme nous l’avons déjà démontrer abondamment.
L'Imam al Ghazali rapporte les dires de al-Hassan sur la jihad al-nafs dans la section de son Ihya' intitulé Kitab riyadat al-nafs wa tahdhib al-akhlaq wa mou'alajat amrad al-qalb (Le livre du dressage de l’égo et la discipline des comportements et la guérison des maladies du cœur):
Deux pensées parcourent l’esprit, une provenant d’Allah, une provenant de l’ennemi. Allah couvre de miséricorde un serviteur qui s’installe dans la pensée qui vient de Lui. Il étreind la pensée qui vient d’Allah, tandis qu’il lutte contre celle qui vient de l’ennemi. Pour illustrer l’attraction mutuelle du cœur entre ces deux pouvoirs, le Prophète dit: «Le cœur du croyant repose entre deux doigts du Miséricordieux»[49]… Les doigts signifient le bouleversement et l’hésitation dans le cœur… Si l’Homme suit les ordres de la colère et de l’appétit, la domination de satan apparaît en lui à travers les passions oisives (hawa) et son cœur devient le nid et le contenant de satan, qui se nourrit de passions. S’il combat ses passions et ne les laissent pas dominer son ego, imitant en ceci le caractère des anges, à ce moment son cœur devient le lieu de quiétude des anges et ils s’y posent.
Une mesure de la dimension du scrupule (wara') et de la peur de Hasan Al-Basri envers Allah est illustrée par sa déclaration suivante, citée aussi par Ghazali:
L’oubli et l’espoir sont deux puissantes bénédictions sur les descendants d’Adam; mais pour cela les Musulmans ne devraient pas marcher dans les rues.[50]
Imam Abou Hanifa (d.150)
Ibn `Abidin rapporte dans son al-Dourr al-moulkhtar que l’Imam Abou Hanifa dit: «Si je n’avais pas eut deux années, j’aurais péri.»
Ibn `Abidin commente:
Pendant deux années, il accompagna Sayyidina Ja`far al-Sadiq et il acquit la connaissance spirituelle qui fit de lui un gnostique dans la Voie… Abou `Ali Daqqa (le cheick de l’Imam Qouchayri) reçu l’initiation d’Abou al-Qasim al-Nasiribadi, qui la reçu d’al-Chibli, qui la reçu de Sari al-Saqati qui la reçu d’al-Ma`rouf al-Karkhi, qui la reçu de Dawoud at-Ta`i, qui reçu les deux connaissances, l’interne et l’externe de l’Imam Abou Hanifa.[51]
Soufyan al-Thawri (d.161)
Ibn Qayyim al-Jawziyya rapporte dans Madarij al-salikin, et Ibn al-Jawzi dans le chapitre intitulé «Abou hashim al-Zahid» dans son Sifat al-safwa après le maître de hadiths Abou Nou`aym dans son Hilyat al-awliya', que Soufyan al-Thawri dit:
Si ce n’était pas à cause d’Abou Hachim al-Soufi (d.115), je n’aurais jamais perçu la présence des plus subtiles formes d’hypocrisie en moi … Le meilleur est le Soufi érudit en jurisprudence.[52]
Ibn al-Jawzi rapporte aussi le passage suivant:
Abou Hachim al-Zahid dit: «Allah a marqué l’aliénation sur le monde afin que la compagnie fraternelle des mouridin (les aspirants) ne consiste qu’à être uniquement avec Lui et non avec le monde, et afin que ceux qui Lui obéissent viennent à Lui en négligeant le monde. Le Groupe des connaisseurs d’Allah (ahl al-ma`rifa billah) sont étrangers dans le monde et ont très envie de l’au-delà.»[53]
Imam Malik (94-179 H/ 716-795)
Un savant de Madina, fut connu pour sa grande piété et son amour pour le Prophète , qu’il aimait et vénérait à tel point qu’il ne montait jamais à dos de son cheval dans les limites de Madina en guise de respect à la terre qui contenait le corps du Prophète , il ne rapportait aucun hadith sans avoir accompli d’abord son ablution. Ibn al-Jawzi rapporte dans le chapitre intitulé «La couche 6 des gens de Madina» dans son livre Sifat al-sawfa:
Abou Mous`ab dit: J’entrai pour voir Malik ibn Nas. Il me dit: "Regarde à ma place de prière ou sous ma natte de prière voit ce qu’il y a". Je regardai et j’y trouvai une certaine écriture. Il me dit : "Lis la!" Je constatai qu’elle contenait le récit d’un rêve que l’un de ses frères avait fait et qui le concernait. Il dit (lisant ce qui était écrit): «Je vis le Prophète dans mon sommeil. Il était dans sa mosquée et les gens étaient autour de lui, et il dit: J’ai caché sous ma chaire (minbar) une bonne chose – ou une connaissance – et j’ai ordonné à Malik de vous la distribuer.» Malik alors pleura, je me levai et pris congé de lui.[54]
Juste comme Abou Hanifa et Soufyan al-Thawri implicitement affirmèrent la nécessité de suivre la voie soufie afin d’acquérir la perfection, l’Imam Malik ordonna explicitement la pratique du tassawwouf dans sa déclaration suivante comme un devoir des savants:
"Quiconque pratique le Tassawwouf sans étudier la Loi Sacrée (la jurisprudence) corrompt sa foi, alors que quiconque étudie la Loi Sacrée (la jurisprudence) sans pratiquer le Tassawwouf est un hérétique. Seulement celui qui combine les deux atteindra la vérité."
Cette déclaration est rapportée par le mouhaddith Ahmad Zarrouq (d.899), le hafiz `Ali al-Qari al-Harawi (d.1014), les mouhaddiths `Ali ibn Ahmad al-`Adawi (d.1190) et Ibn `Ajiba (d.1224) et autres.[55]
Ibn `Ajiba explique:
Cheick Ahmad Zarrouq dit: «Le tassawwouf a plus de deux milles définitions, qui vont toutes dans le sens de la sincérité et de la dévotion à Allah … Chaque définition correspond à l’état et l’étendue de l’expérience de celui qui le pratique, ce qui lui fera dire: «Le Tassawwouf est ceci ou cela.»
Il s’en suit que chacun des saints cités (dans le Hilyat al-awliya' d’Abou Nou'aym) qui ont une part de détermination sincère (sidq tawajjouh) ont une part dans le tassawwouf, et le tassawwouf de chacun consiste dans sa sincère détermination. En tant que règle, la sincère détermination est une nécessité de la religion dans la mesure où elle forme à la fois la manière et le contenu des actions qu’Allah accepte. La manière et le contenu ne sont pas fiables à moins que la sincérité de la détermination soit fiable. «Il n’approuve pas la non reconnaissance en Ses serviteurs, mais si vous êtes reconnaissant, Il l’agrée pour vous» (39:7).
Ainsi l’Islam exige des actions, et il n’y a pas d’auto-purification (tassawwouf) sans la connaissance de la Loi (fiqh), car les commandes externes d’Allah ne sont connues que par la connaissance de la Loi; et il n’y a pas de connaissance de la Loi sans l’auto-purification, comme il n’y a pas d’action sans sincérité dans la détermination, et il n’y a rien sans croyance. Ainsi , par définition la Loi les exige toutes, juste comme le corps et l’esprit ont besoin l’un de l’autre, aussi comme l’on ne peut exister ou être complet dans le monde qu’en étant en conjonction avec les autres. Ceci est la définition de la déclaration de l’Imam Malik: «Celui qui pratique le Tassawwouf sans avoir appris la Loi Sacrée … » [56]
Imam Chafi`i (d.204)
Al-hafiz al-Souyouti rapporte dans Ta'yid al-haqiqa al-`aliyya que l’Imam Chafi`i dit:
J’accompagnai les soufis et reçu d’eux trois mots: leur déclaration que le temps est un sabre: si tu ne le coupe pas, il te coupe; leur déclaration que si tu ne te préoccupe pas ton égo avec la vérité, il te préoccupera avec le mensonge; leur déclaration que la déprivation est une immunité.[57]
Le mouhaddith al-`Ajlouni rapporte aussi dans son livre Kachf al-Khafa wa mouzil al-albas que l’Imam Chafi`i dit:
Trois choses m’ont plu dans ce monde: éviter l’affection, traiter les gens avec indulgence et suivre la voie du tassawwouf.[58]
Imam Ahmad bin Hanbal (d.241)
Mouhammad ibn Ahmad al-Saffarini al-Hanbali (d.1188) rapporte dans son Ghidha' al-albab li-charh manzoumat al-adab de la part d’Ibrahim ibn `Abd Allah al-Qalanassi que l’Imam Ahmad dit au sujet des soufis:
«Je ne connais pas de gens meilleurs qu’eux.» Quelqu’un lui dit: «Ils écoutent la musique et ils atteignent des états extatiques.» Il dit: «Est-ce que tu les empêches de se réjouir quelque temps avec Allah?»[59]
Cheick Amin al-Kourdi dit: l’Imam Ahmad conseillant son fils dit:
«O fils, tu dois tenir compagnie avec les gens qui pratiquent le soufisme parce qu’ils sont une fontaine de savoir et leurs cœurs sont en constante invocation. Ils sont les ascétiques, et ils ont le plus puissant pouvoir spirituel.»[60]L’Admiration des Soufis par l’Imam Ahmad est confirmée par son respect vis-à-vis de al-Harith al-Mouhassibi, quoiqu’il exprima un avertissement au sujet des difficultés de la voie Soufie pour ceux qui ne sont pas préparés à la suivre, dans la mesure où cela peut ne pas être facile pour la majorité des gens de suivre la voie de ceux au sujet desquels Allah dit au Prophète: «Et résigne-toi à la compagnie de ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir désirant Sa Face …» (18:28).
[45] Ibn al-Jawzi, Sifat al-sawfa 2(4):10 (#570).
[46] Ibn al-Qayyim, Rawdat al-mihibbin p.225.
[47] Abu Nu’aym, Hilyat al-awliya’ 6:155.
[48] Ibn Taymiyya, al-Tassawwouf dans Majmou’a al-fatawa al-koubra 11:16.
[49] Rapporté par Mouslim, Ahmad, Tirmidhi, et Ibn Majah.
[50] Dans Ghazali, trad. T.J.Winter, l'évocation de la mort p.18.
[51] Ibn ‘Abidin, Hashiyat radd al-muhtar ‘ala al-durr al-mukhtar 1:43.
[52] Ibn Qayyim, Madarij al-salikin; Ibn al-Jawzi, Sifat al-safwa (Béirut: dar al-kutub al-‘ilmiyya, 1403/1989) 1 (2):203 (#254); Abu Nu’aym, Hilyat al-awliya, s.v. “Abu Hashim al-Sufi.”
[53] Ibn al-Jawzi, op. Cit.
[54] Ibn al-Jawzi, Sifat al-safwa 1(2):120.
[55] `Ali al-Qari, Charh ‘ayn al-‘ilm wa-zayn al-hilm (Le Caire: Maktabat al-Thaqafa al-Diniyya, 1989) 1:33; Ahmad Zarrouq, Qawa’id al-tassawwouf (Le Caire, 1310); `Ali al-`Adawi, Hachiyat al-`Adawi `ala charh Abi al-Hassan li-rissalat Ibn Abi Zayd al-moussammat kifayat al-talib al-rabbani li-rissalat Ibn Zayd al-Qayrawani fi madhhab Maalik (Béyrout?: Dar Ihya’ al-Koutoub al-‘Arabiyah, <n>) 2:195; Ibn ‘Ajiba, Iqaz al-himam fi sharh al-hikam (Le Caire: Halabi, 1392/1972) p.5-6.
[56] Ibn ‘Ajiba, Iqaz al-himam 5-6.
[57] Souyouti, Ta’yid al-haqiqa al-‘aliyya p.15
[58] al-‘Ajlouni, Kashf al-Khafa wa mouzil al-albas 1:341 (#1089).
[59] Al-Saffarini, Ghidha’ al-albab li-sharh manzoumat al-adab (Le Caire: Matba’at al-Najah, 1324/1906) 1/120. |
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