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| les quatre Evangiles, leurs souces et leurs Histoire |
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Posté le: Lun Juin 09, 2008 12:04 pm
Sujet du message: les quatre Evangiles, leurs souces et leurs Histoire
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Dans les écrits des premiers temps du christianisme, la mention des évangiles n’est faite que très postérieurement aux œuvres de Paul. C’est seulement au milieu du 2 ème siècle qu’apparaissent des témoignages relatifs à une collection d’écrits évangéliques, alors que « dès le début du 2 ème siècle, maints auteurs chrétiens laissent entendre clairement qu’ils connaissent un grand nombre d’épîtres pauliniennes. »
Ces constatations exposées dans l’introduction à la traduction oecuménique de la Bible nouveau testament éditée en 1972, méritent d’être rappelées d’emblée, en même temps qu’il est utile de souligner que l’ouvrage auquel référence est faite est le résultat d’un travail collectif qui a groupé plus de cent spécialistes catholiques et protestants.
Les évangiles qui vont devenir plus tard officiels (canoniques) furent connus très tardivement, bien que leur rédaction eût été achevée au début du 2 ème siècle. Selon la traduction œcuménique, on commence à citer des narrations qui leur appartiennent vers le milieu du 2 ème siècle, mais « il est presque toujours difficile de décider si les citations sont faites d’après les textes écrits que les auteurs avaient sous les yeux, ou s’ils se sont contentés d’évoquer de mémoire des fragments de la tradition orale. »
Avant 140, lit on dans les commentaires de cette traduction de la bible, il n’existe en tout cas aucun témoignage selon lequel on aurait connu une collection d’écrits évangéliques.
Cette affirmation va tout à fait à l’encontre de ce qu’écrits A. Tricot dans les commentaires de sa traduction du nouveau testament :
« de très bonne heure, dès le début du second siècle, l’usage s’établissait de dire l’évangile pour désigner les livres que vers 150, Saint Justin appelait aussi – les Mémoires des Apôtres-. »
Les évangiles forment un tout plus d’un siècle après la fin de la mission de Jésus et non pas de très bonne heure. La traduction œcuménique de la bible évalue aux alentours de 170 la date à laquelle les quatre évangiles ont acquis le statut de littérature canonique.
Les quatre Évangiles furent écrits en grec. Les auteurs utilisèrent des sources araméennes et grecques plus anciennes, transmises oralement d'abord par les apôtres, puis par les premières communautés chrétiennes.
O.Culmann dans son livre le nouveau testament, écrit à ce sujet que les évangélistes n’ont été que les :
« porte parole de la communauté chrétienne primitive qui a fixé la tradition orale. Pendant trente ou quarante ans, l’évangile a existé presque exclusivement sous forme orale ; or la tradition a transmis surtout des paroles et des récits isolés. Les évangélistes ont tissé des liens, chacun à sa façon, chacun avec sa personnalité propre et ses préoccupations théologiques particulières, entre les récits et les paroles qu’ils ont reçus de la tradition ambiante. Le groupement des paroles de Jésus, comme l’enchaînement des récits par des formules de liaison assez vagues, telles que : (après cela), (aussitôt), …etc, bref le cadre des synoptiques (les trois évangiles de Marc, Matthieu et Luc) sont donc d’ordre purement littéraire et n’ont pas de fondement historique. »
Le même auteur poursuit :
« il faut noter enfin que ce sont les besoins de la prédication de l’enseignement et du culte, plutôt qu’un intérêt biographique qui ont guidé la communauté primitive dans la fixation de cette tradition sur la vie de Jésus. Les apôtres illustraient les vérités de la foi qu’ils prêchaient en racontant les évènements de la vie de Jésus, et ce sont leurs sermons qui donnaient lieu à la fixation des récits. Les paroles de Jésus, elles, se sont transmises particulièrement dans l’enseignement catéchétique de l’église primitive. »
Les commentateurs de la Traduction œcuménique de la bible n’évoquent pas autrement la composition des évangiles : formation d’une tradition orale sous l’influence de la prédication des disciples de Jésus et d’autres prédicateurs, conservation de ces matériaux qu’on trouvera en fin de compte dans les évangiles par la prédication, la liturgie, l’enseignement des fidèles, possibilité d’une matérialisation précoce sous forme écrite de certaines confessions de foi, de certaines paroles de Jésus, de récits de la passion par exemple, recours des évangélistes à ces formes écrites diverses autant qu’à des données de la tradition orale pour produire des textes « s’adaptant aux divers milieux, répondant aux besoins des églises, exprimant une réflexion sur l’écriture, redressant les erreurs et répliquant même à l’occasion aux arguments des adversaires. Les évangélistes ont ainsi recueilli et mis par écrit, selon leur perspective propre, ce qui leur était donné par les traditions orales. »
Une telle prise de position collective, qui émane de plus de cent exégètes du Nouveau testament, catholiques et protestants, diffère notablement de la ligne définie par le concile de Vatican II dans sa constitution dogmatique sur la révélation élaborée entre 1962 et 1965. le concile avait déclaré au sujet de l’ancien testament que les livres qui le composent « contiennent de l’imparfait et du caduc. », mais il n’a pas formulé pareilles réserves à propos des évangiles, bien au contraire, on peut lire ce qui suit :
« il n’échappe à personne qu’entre toutes les Ecritures, même celles du Nouveau Testament, les Evangiles possèdent une supériorité méritée, en tant qu’ils constituent le témoignage par excellence sur la vie et l’enseignement du Verbe incarné, notre Sauveur. Toujours et partout l’Eglise a tenu et tient l’origine apostolique des quatre Evangiles. Ce que les apôtres, en effet, sur l’ordre du Christ, ont prêché, par la suite, eux même et les hommes de leur entourage nous l’ont, sous l’inspiration divine de l’Esprit, transmis dans des écrits qui sont le fondement de la foi, à savoir l’Evangile quadriforme, selon Matthieu, Marc, Luc et Jean. »
« Notre Sainte Mère l’Eglise a tenu et tient fermement et avec la plus grande constance, que ces quatre Evangiles dont elle affirme sans hésiter l’historicité, transmettent fidèlement ce que Jésus, le Fils de Dieu, durant sa vie parmi les hommes, a réellement fait et enseigné pour leur salut éternel, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel…..les auteurs sacrés composent donc des choses vraies et sincères. »
c’est l’affirmation sans aucune ambiguïté de la fidélité de la transmission par les évangélistes des actes et paroles de Jésus, on ne voit guère de compatibilité entre cette affirmation du concile et celles des auteurs précédemment cités, notamment :
« il ne faut plus prendre au pied de la lettre les Evangiles, écrits de circonstance ou de combat, dont les auteurs consignent par écrit les traditions de leurs communautés sur Jésus. »( R.P. Kannengiesser.).
« les Evangiles sont des textes s’adaptant aux divers milieux répondant aux besoins des Eglises, exprimant une réflexion sur l’Ecriture, redressant les erreurs et répliquant même à l’occasion aux arguments des adversaires. Les évangélistes ont ainsi recueilli et mis par écrit, selon leur perspective propre, ce qui leur était donné par les traditions orales. »(Traduction œcuménique de la bible).
Il est bien évident qu’entre la déclaration conciliaire et ces prises de position plus récentes, on se trouve en présence d’affirmations qui se contredisent. Il n’est pas possible de concilier la déclaration de Vatican II selon laquelle on devrait trouver dans les Evangiles une transmission fidèle des actes et paroles de Jésus, avec l’existence dans ces textes des contradictions, invraisemblances, impossibilités matérielles et affirmations contraires à la réalité des choses dûment établie.
Par contre, si l’on regarde les Evangiles comme l’expression des perspectives des collecteurs des traditions orales appartenant à des communautés diverses, comme des écrits de circonstances ou de combat, on ne peut s’étonner de trouver dans les Evangiles tous ces défauts qui sont la marque de leur confection par des hommes en de telles circonstances. Ceux-ci peuvent être tout à fait sincères bien qu’ils relatent des faits dont ils ne soupçonnent pas l’inexactitude, en nous fournissant des narrations en contradiction avec celles d’autres auteurs, notés, en présentant des récits de la vie de Jésus selon une optique tout à fait différente de celle de l’adversaire.
Pourquoi quatre Evangiles ? :
Chaque Évangile fut écrit dans le cadre d'une des premières communautés chrétiennes. Un Évangile n'est pas le résultat d'une enquête historique, mais un témoignage de croyants sur la vie de Jésus, concernant les problèmes qu'une communauté chrétienne avait à résoudre. Ainsi, l'Évangile selon saint Matthieu s'adresse à des chrétiens d'origine juive, qui n'avaient pas les mêmes questions que les Grecs convertis auxquels s'adresse l'Évangile selon saint Luc. Cela explique le caractère particulier de chaque Évangile. La diversité des quatre Évangiles explique l'impossibilité d'écrire une vie de Jésus selon les critères de l'histoire moderne. |
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