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| la généalogie de jésus |
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Posté le: Mar Juin 29, 2004 1:01 pm
Sujet du message:
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Bonsoir,
Matthieu 1.1-16; indique la descendance directe de Christ dès Abraham. Luc 3.23-38 donne cette généalogie en sens inverse, en remontant jusqu'à Adam, et jusqu'à Dieu. Matthieu veut prouver le droit légal de Christ au trône de David et aux promesses découlant de l'Alliance que Dieu fit avec Abraham (Matthieu 1.1). Luc, faisant partir la généalogie du second Adam, Fils éternel engendré de Dieu, remonte jusqu'au premier Adam, fils de Dieu par création (Luc 3.38). C'est, semble-t-il, pour faciliter la mémorisation que Matthieu et le registre officiel qu'il cite, mentionnent 3 fois 14 générations, donc 42 générations d'Abraham à Jésus : 14 d'Abraham à David, 14 de David à la captivité babylonienne, et 14 de cette captivité à Jésus-Christ. Pour obtenir cette symétrie, on a omis de citer les rois Ahazia, Joas et Amatsia entre Yoram et Ozias, dans la 2ème période. Il se pourrait qu'il y eût des omissions analogues dans la dernière liste de 14 personnages. De son côté, Luc énumère 41 noms de David à Jésus, tandis que Matthieu en a 28, ou 31 si l'on ajoute les 3 monarques non cités. Si Chéaltiel et Zorobabel mentionnés par Matthieu sont les mêmes personnages que dans la généalogie de Luc, ce qui n'est guère contestable, le problème est le suivant : Matthieu désigne Yékonia comme père de Chéaltiel, alors que Luc donne Néri. En réalité, les 2 évangélistes présentent, de David à Jésus, 2 lignées différentes, qui divergent à partir de David : l'une passe par Salomon, l'autre par son frère Nathan. En les comparant, on constate les différences suivantes :
Généalogie de Matthieu :
David
Salomon
Roboam
Abiya
Asa
Josaphat
Yoram
Ozias
Yotham
Ahaz
Ezéchias
Manassé
Amôn
Josias
Yékonia
Chéaltiel
Zorobabel
Abioud
Eliakim
Azor
Sadoq
Ahim
Elioud
Eléazar
Matthan
Jacob
Joseph, époux de Marie
Généalogie de Luc :
David
Nathan
Mattata
Menna
Méléa
Eliakim
Yonam
Joseph
Juda
Siméon
Lévi
Matthath
Yorim
Eliézer
Jésus
Er
Elmadam
Kosam
Addi
Melki
Néri
Chéaltiel
Zorobabel
Rhésa
Yoanan
Yoda
Joseh
Sémeïn
Mattathias
Maath
Naggaï
Esli
Nahoum
Amos
Mattathias
Joseph
Yannaï
Melki
Lévi
Matthath
Héli
Joseph, époux de Marie
On peut donner, de ces divergences, 2 explications plausibles :
L'Eglise primitive en général pensait que ces deux listes donnent la généalogie de Joseph. Julien l'Africain (220 de notre ère) fut le premier qui, à notre connaissance, étudia la question. Sa théorie est que Melki (Julien a un texte corrompu) et Matthan, les grands-pères de Joseph cités dans les 2 généalogies, ont épousé l'un après l'autre la même femme : Héli et Jacob sont donc demi-frères, ils ont la même mère, mais des pères différents. Héli s'est marié, il est mort sans laisser de descendants. Selon la loi du Lévirat (Deutéronome 25.6) Jacob épousa la veuve et suscita à son frère un fils, Joseph. C'est pourquoi Matthieu peut dire : "Matthan procréa Jacob et Jacob procréa Joseph", tandis que Luc déclare : "Joseph, fils d'Héli, fils de Matthan."
Tout en restant dans la perspective de cette théorie, on peut résoudre le problème plus simplement, en admettant que la liste de Matthieu mentionne les héritiers légaux du trône de David alors que Luc indique l'ascendance paternelle de Joseph. La lignée de Salomon s'éteignit avec Yékonia, connu aussi sous le nom de Yehoyaqim (Jérémie 22.29-30). Le droit de succession passa à la lignée davidique collatérale, née de Nathan, fils de David. C'est Chéaltiel qui représente cette lignée. Pendant un court laps de temps, la descendance royale coïncide avec l'ascendance naturelle de Joseph, mais après Zorobabel, les deux lignées divergèrent. La famille du fils aîné, à laquelle appartenait le droit de succession au trône, finit par s'éteindre et les descendants du cadet héritèrent le droit de succession. Matthat (parfois identifié avec Matthan) qui appartenait à cette lignée, devint héritier présomptif; on suppose qu'il eut 2 fils, Jacob et Héli. Jacob, l'aîné, n'eut pas de fils, mais probablement une fille, Marie. Héli, le cadet, eut un fils, Joseph; comme Jacob n'avait pas de descendant mâle, Joseph devint l'héritier de son oncle et du droit à la succession. Le sens étendu de la terminologie généalogique, permet à Matthieu de dire : "Jacob engendra Joseph" et à Luc d'affirmer : "Joseph, fils d'Héli". Voilà la première théorie.
Depuis la Réformation, une autre conception des 2 généalogies s'est accréditée à juste titre croyons-nous. Selon cette opinion, le registre de Matthieu donne la généalogie de Joseph et le présente comme l'héritier du trône de David, tandis que Luc expose la généalogie de Marie et montre que Jésus est le véritable fils de David. On base ceci sur 3 arguments : Luc déclare catégoriquement que Jésus n'avait pas de père humain; en hébreu on emploie couramment le mot fils pour désigner un descendant même éloigné; enfin, le texte dit seulement qu'on croyait Jésus fils de Joseph (Luc 3.23). Selon Luc, Jésus est petit-fils d'Héli, le père de Marie, par conséquent descendant direct de David.
L'affirmation de Matthieu, d'après laquelle Chéaltiel était fils du roi Yékonia, alors que Luc le dit fils de Néri, suscite un problème qui ne découle pas uniquement de cette 2ème théorie, mais aussi de la 1ère. La solution peut-être la plus simple est la suivante : En 562 avant Jésus-Christ, 25 ans après la chute de Jérusalem, c'est Yékonia qui paraît, virtuellement être le roi de Juda, survivant malgré de longues années de captivité (2 Rois 25.27). Lors de sa déportation en 597, il n'avait pas de fils. Ce Yékonia (Yehoyaqîn) était relativement jeune, mais (2 Rois 24.8, 12, 15) ne mentionnent pas d'enfants de lui parmi les membres de sa famille. Jérémie avait d'ailleurs prophétisé qu'il n'aurait pas de fils sur le trône (Jérémie 22.30; cf. ce qui est dit de son père au chapitre 36.30). Matthieu 1.12 dit : "Après la déportation à Babylone,Yékonia engendra Chéaltiel." Dans toutes les Saintes Ecritures, les passages parallèles s'harmonisent. Les 2 généalogies sont intelligibles, si ce verset de Matthieu s'entend selon le sens large d'une formule généalogique indiquant la succession royale légale. A la mort de Yékonia, le droit à la couronne passa à Chéaltiel, descendant direct de David. Il peut certainement y avoir eu d'étroits liens de parenté entre Yékonia et Chéaltiel. Si Yékonia n'eut pas de fils, mais seulement une fille, le droit de succession passa aux enfants de celle-ci, selon la Loi (Nombres 27.8-11). La phraséologie de ces généalogies s'expliquerait alors par la supposition que Néri épousa la fille de Yékonia et que Chéaltiel était leur fils. La lignée de Chéaltiel fut dénombrée selon la coutume, en remontant de son père à Nathan et à David; le droit de Chéaltiel à la couronne lui était acquis par Yékonia, son grand-père du côte maternel : Yékonia descendait de Salomon et de David.
Dans 1 Chroniques 3.17 (Bible synodale) nous lisons : "Fils de Jéchonias, le captif : Salathiel, son fils." Le Segond met en note : "Fils de Jéconias, le captif (ou le déporté) : Schealthiel, son fils." L'apposition son fils s'applique spécialement à Chéaltiel; elle le qualifie de façon particulière en ce sens que l'on a jugé nécessaire de répéter à son endroit le mot fils, alors qu'il figurait déjà formellement dans le groupe des fils de Yékonia. Ce titre ainsi souligné de fils stipule que Chéaltiel devait succéder à Yékonia. Si Chéaltiel était fils de la fille de Yékonia, il a pu être appelé fils de ce dernier, de même qu'Abiézer, fils de la soeur de Galaad, fils de Manassé est mis au nombre des fils de Manassé et même après au nombre des fils de Galaad (1 Chroniques 7.14, 18; Nombres 26.30).
3. Comment s'établissaient les généalogies ?
Les listes généalogiques des Hébreux sont établies d'après des principes souvent fort différents de ceux qui sont à la base des généalogies modernes.
Les Hébreux préfèrent observer la symétrie plutôt que de montrer la lignée ininterrompue de père en fils. C'est pourquoi ils ne se gênent pas d'omettre des chaînons et de laisser la nomenclature incomplète : la généalogie hébraïque nomme 10 hommes d'Adam à Noé, et 10 de Sem à Abraham; 70 fils de Noé (descendants de Noé) et 70 personnes de la maisonnée de Jacob (Genèse 46.27) 3 fois 14 générations d'Abraham à Jésus (Matthieu 1.1-16;), voir Chronologie. Il y a aussi des omissions dans les listes d'Exode 6.16-24 et Esdras 7.1-5.
La généalogie se rapporte parfois à la tribu plutôt qu'à l'individu, et le mot fils désigne alors les habitants d'une région, un peuple, ou une tribu (Genèse 10.2-22), une ville (verset 15), rarement une personne (versets 8-10). La même particularité se remarque dans Genèse 25.2-4; 1 Chroniques 2.50-55; voir Fils.
Les expressions enfanter ou engendrer un petit-fils (Genèse 46.12, cf. versets 15, 18, 25), ou un arrière-petit-fils (verset 12 et probablement versets 21, 22), ou le petit-fils d'un petit-fils (Matthieu 1.9), ou même une contrée (Genèse 25.2-3).
Les femmes sont nommées s'il y a quelque chose de frappant à dire sur elles, ou si elles transmettent un droit (Genèse 11.29; 22.23; 25.1-4; 35.22-26; Exode 6.23; Nombres 26.33; 1 Chroniques 2.4, 19, 35, 48-49). Notez les 5 remarquables noms de femmes dans la généalogie de Christ (Matthieu 1.3, 5, 6, 16).
bonne lecture et A+ en amitié |
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