Bonjour à tous,
Voilà un extrait du livre du Dr. Al Ajami, que dis vraiment le Coran, au sujet de Jésus et de l'Evangile,
J'espère que vous aurez le courage de tout lire, c'est très intéressant... Et peut-être celà nous rapprochera encore davantage... enfin je l'espère.. Du moins celà nous permettra peut-être d'avancer dans la compréhension de nos textes respectifs... dans le respect et la tolérance...
"Au coeur du long dialogue que le Coran établit avec les autres religions, Jésus, l'Evangile et le Christiannisme occupent une place prépondérante. L'amour de Jésus y transparaît tout comme de lui l'amour irradiait. Ainsi, le discours coranique à l'égard de la troisième branche maîtresse de l'arbre du monothéisme sera d'une particulière subtilité, alliant à la critique positive le respect et la considération.
DE JESUS.
Jésus est nominalement mentionné plus de 25 fois dans le Coran mais, alors que les récits coraniques concernant Moïse suivent généralement le cursus historique du peuple d'Israël, le Coran évoquera la vie de Jésus par touches et allusions.
L'effet produit est semblable à l'image de Jésus dans le monde Chrétien, et le mystère, les ombres, projetées par une telle lumière, subsistent. Le Coran, plus qu'à son habitude encore, néglige volontairement les faits historiques afin de mettre en évidence la dimension spirituelle de ce grand Prophète de Dieu, sa mission universelle et sa fonction eschatologique.
Toutefois, il est possible de dégager du texte coranique cinq points clef de la vie de Jésus : sa conception, les miracles, sa prédication, la crucifixion, l'ascension et son retour sur Terre à la fin des temps.
Jésus Prophète de Dieu
Le Coran, bien évidemment, atteste la fonction prophétique de Jésus en même temps qu'il appelle les Musulmans à en témoigner.
S3.V84. "... Nous croyons en Dieu, en ce qu'Il nous a révélé... Tout comme en ce qu'Il a conféré à Moïse et à Jésus..."
Dans le Coran son nom exacte est : le Messie Jésus fils de Marie (en arabe Al Masih Issâ ibn Maryam, appellation que l'on retrouve dans l'évangile de Marc (6,3). Al Massih signifie exactement l'Oint, ce qui traduit de l'araméen a donné, Messie, tandis que le même sens traduit du grec est Christ.) et il semble d'après le verset suivant avoir été ainsi nommé par Dieu (idem en Luc 2,21)
S3.V45. "Puis les Anges dirent : "Ô Marie, Dieu te fait l'annonce d'un Verbe émanant de Lui, son nom est le Messie Jésus fils de Marie. Il sera illustre en ce bas monde comme dans l'autre, et il sera au nombre des proches de Dieu."
Conception de Jésus.
Le Coran fait état de la conception miraculeuse de Jésus. Parmis d'autres, citons un bref pasage où le dialogue entre l'archange Gabriel (nommé ici l'Esprit) et Marie rend particulièrement vivante "l'annonciation".
S19.V17. "... Puis Nous lui envoyâmes Notre Esprit qui lui parut avoir forme humaine accomplie. Elle dit alors : "Je prends protection en Dieu le Miséricordieux contre toi, puisses-tu le craindre." Il répondit : "Je suis le Messager de ton Seigneur venu t'annoncer un enfant pur." Elle s'exclama : "Comment pourrai-je donc avoir un enfant, je suis vierge, je ne suis pas une dévergondée !" Il répondit : "Il en est ainsi car ton Seigneur a dit : "Celà M'est aisé, il sera un signe Miraculeux* pour l'humanité et une Miséricorde de Notre part ; c'est déjà ordre accompli.""
*en arabe le terme Âyât signifie tout à la fois, merveille, miracle, modèle, signe. Âyât désigne aussi les versets du Coran car ils sont considérés comme étant Signes, références et miracles.
Nature de Jésus.
Le Coran aborde sans faux-fuyant un certain nombre de points essentiels du dogme Chrétien, tant conceptuellement qu'historiquement. L'objectif avoué de cette démarche est de recentrer l'objet du christiannisme sur l'adoration du Dieu unique en soulignant rationnellement les incohérences de certaines positions dogmatiques.
Corporalité.
Parallèlement à l'affirmation sans ambiguïté de la conception miraculeuse de Jésus, le Coran atteste de sa nature humaine tout comme celle de marie.
S5.V75. "Le Christ est bel et bien un prophète identique à tous ceux qui l'ont précédés, sa mère était une femme véridique et tous deux prenaient leur repas..."
Afin de mieux concilier logiquement la naissance miraculeuse d'un enfant sans père biologique par ordonnance divine et sa nature humaine, le Coran établit une comparaison entre la création d'Adam et celle de Jésus. En effet, Adam fut lui aussi créé ex nihilo par l'ordre de Dieu sans que cela n'altère en rien sa réalité biologique.
S3.V59. "Au regard de Dieu il en est de Jésus comme de Adam qu'il créa de terre disant : "Sois, et il fut."
Nous verrons au sujet de la crucifixion que, malgré tout, au delà de la cohérence de ce point de vue, le Coran laisse entrevoir des perspectives différentes.
Les miracles
Quoiqu'il en soit, cette nature humaine a de toute évidence une dimension surnaturelle, au sens étymologique du terme. Jésus est à la fois miracle lui-même, auteur de miracles et "parole de Dieu".
Le Coran évoque quelques miracles accomplis par Jésus :
S3.V49. "... En vérité, je suis venu à vous avec des signes de la part de votre Seigneur. Il suffit que je façonne d'argile un oiseau, puis qu'en lui j'insuffle, il prend alors son vol de par la permission de Dieu. De même, je guéris l'aveugle, le lépreux et ressuscite les morts de par la permission de Dieu..."
Les trois derniers miracles sont mentionnés dans les Evangiles canoniques, le premier concernant les oiseaux l'est dans l'évangile déclaré apocryphe dit : évangile de l'enfance.
On remarquera que ce verset, par la même occasion, donne une définition coranique du miracle : il s'agit d'un fait en rupture avec la normalité, pouvant être réalisé en apparence par un homme, mais voulu et exécuté par Dieu. On notera la claire détermination à vouloir éviter toute divination de Jésus à travers son activité miraculeuse.
Le Verbe de Dieu.
Ce qualificatif, tant dans le Coran que dans le Christiannisme, est spécifique à Jésus.
S4.V171. "... En vérité, le Christ Jésus fils de Marie est Prophète de Dieu. Son verbe* projeté en Marie, un Esprit* émanant de Dieu..."
*verbe : littéralement Sa parole, c'est à dire la parole de Dieu, mais le parallèle avec ce concept majeur du christianisme est tel que l'on peut sans forcer la traduction employer Verbe de Dieu. L'exégèse musulmane classique élude la question en supposant que cette parole est en réalité l'expression d'existenciation : "Sois" comme V59 S3 précedemment cité.
*Un Esprit : la traduction ne peut être qu'équivoque le terme arabe Ruh, ainsi rendu, signifie tout à la fois souffle, esprit et âme. Toutefois, il est aisé de constater que ce verset résume la terminologie spécifique de la Trinité, ce qui permet logiquement de choisir Esprit pour l'emploi de Ruh
Nous reviendrons sur la portée théologique importante de ce verset, mais notons, dès à présent, que l'expression employée : verbe projeté en Marie, induisant distance et séparation, n'est pas l'équivalent exacte de : il est le verbe de Dieu, c'est à dire le Verbe fait chair. Cette formulation coranique précise clairement l'impossibilité de divinisation par hypostase.
Toutefois, cette aptitude particulière à exprimer "la parole de Dieu" n'a rien de commun avec les capacités humaines. Ainsi, le Coran rapporte que Jésus parlais dès sa naissance. (cet épisode ne figure pas dans les évangiles)
S5.V110 "Lorque Dieu dira : "Ô Jésus fils de Marie, rappelle les grâces que Je répandis sur toi et ta mère, quand Je t'assistai de l'Esprit Saint et qu tu parlas aux hommes dès le berceau, puis à l'âge mûr..."
L'esprit.
Le verset précedemment mentionné a encore un rôle clef :
S4.V171. "... En vérité, le Christ Jésus fils de Marie est Prophète de Dieu. Son verbe projeté en Marie, un Esprit émanant de Dieu..."
Comme nous l'avons précisé en note, le mot Ruh traduit par Esprit, garde en arabe une certaine imprécision. Pour les exégètes du Coran, très prudents en ce domaine, l'emploi de Ruh dans ce verset est à rapprocher de son usage dans les versets traitant de la création miraculeuse d'Adam.
S38.V71-72. "Lorsque ton Seigneur s'adressa aux Anges et dit : "Je vais créer un être humain à partir de l'argile et lorsque Je l'aurais façonné et y aurait insufflé de mon souffle -Ruh-, prosternez-vous à ses pieds."
Le Coran aborde ici, symboliquement, la formation, tout comme la nature mystérieuse de l'âme humaine.
Il est donc établi une origine divine à l'âme mais, dans un même temps, ce Ruh tout à la fois esprit, souffle, âme, reste innaccessible à la préhension intellectuelle.
S17.V85. "On t'interroge quand au "Ruh". Réponds : "Il relève de mon Seigneur, et bien peu de connaissance vous en a été donnée."
Par ailleur, certains versets établissent un lien précis entre l'Esprit et Jésus, usant de l'expression spécifique, Esprit Saint. Ex :
S2.V87. "... Nous avons donné à Jésus des arguments décisifs et l'avons assisté de l'Esprit Saint..."
On notera, une fois de plus, que l'expression "assisté de" marque distanciation et différenciation d'avec la personne de Jésus.
Du reste cet Esprit Saint intervient à plusieurs reprise comme intermédiaire de Dieu.
Il assiste les Prophètes :
S40.V15. "Dieu est le Maître des degrès élevés et le Possesseur du Trône. De par Son ordre est projeté l'Esprit sur celui qu'Il, parmi ses serviteurs, a désigné pour avertir du Jour dernier."
Il assiste aussi les croyants :
S58.V22. "... Dieu a inscrit dans leur coeur la foi et les a assisté d'un Esprit émanant de sa part, Il les fera entrer au Paradis..."
Il est le transmetteur électif de la parole de Dieu (En Islam c'est l'Archange Gabriel qui transmit la révélation du Coran à Muhammad) :
S16.V102. "... Ceci est révélé par l'Esprit Saint, en pure vérité, de la part de ton Seigneur afin d'affermir les croyants, de les guider et de leur faire belle annonce..."
Il est, tout comme les Anges, un effecteur des ordres Divins :
S97.V4. "En cette nuit sublime, par autorisation de leur Seigneur, descendent les Anges et l'Esprit pour tout décret..."
Au final, un certain nombre de fonction de l'Esprit sont précisés dans le Coran mais sa nature exacte n'est jamais abordée. Il appartaît clairement qu'il est indépendant de l'entité Divine mais, dans le même ordre d'idée, son rang particulier le singularise au sein des Anges.
Citons un verset d'ordre eschatologique ayant trait au Jour du Jugement.
S78.V38. "Ce jour où l'Esprit et les Anges seront alignés, nul ne pourra prendre la parole sans y avoir été autorisé par le miséricordieux..."
DE LA TRINITE.
Une lecture superficielle du Coran amènerait à penser que celui-ci condamne fermement la trinité (telle que définie depuis le concile de Chalcédoine en 451). De même, bon nombre de musulmans amalgame Trinité et trithéisme, mais demeurent alors embarassés par ce soupçon de polythéisme porté à l'égard des Gens du Livre pourant considérés par le Coran comme croyants (voir chapitres : tolérance, relation avec les autres religions). La contradiction est encore plus manifeste losqu'ils envisangent les liens licites établis par le Coran entre les Gens du Livre et les musulmans notamment en matière de nourriture et de mariage interconfessionnel (le mariage est autorisé entre musulmans et Gens de Livre, tout comme leur nourriture est licite, alors que celà est totalement interdit losqu'il s'agit de polythéistes. Pour plus de détails voir chap : mariage, mariqge mixte).
Il convient de rappeler que, l'unanimité des savants musulmans de l'époque classique a toujours reconnu que les Chrétiens trinitaires ne pouvaient être qualifiés de polythéistes et qu'ils devaient bénéficier du respect et de la reconnaissance que les musulmans doivent à tout croyant et, en particulier, aux croyants monothéistes.
En réalité le Coran aborde le sujet par une double voie : critique des trinités hérétiques, puis mise au point de la trinité dite Chalcédonienne, support du dogme actuel du Christiannisme (il s'agit de la définition commune à l'Eglise de Rome, à l'Eglise orthodoxe, et aux partiarcats d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem).
Les trinités
Les difficultés d'approche de ce sujet sont de trois ordres :
Premièrement, la formulation de la trinité par les Chrétiens eux-même, pose de nombreux problèmes théologiques euphémiquement regroupés dans le "Mystère de la Trinité". Ce "Mystère" est peu à même d'être compris des musulmans car le dogme islamique de l'unicité Divine, de par sa cohérence et sa simplicité, ne les prépare pas aux spéculations scolastiques, pas plus qu'il n'en nécessite.
Deuxièmement, les critiques faites par le Coran, quoique peu nombreuses sont relativement dispercées dans le texte coranique, ce qui ne favorise pas une approche systématisée. Or, il existe bel et bien deux types de remarques ou critiques coraniques. Le premier concerne Les trinités, le second la Trinité. De fait, bien souvent, les musulmans eux-mêmes, pensent que ces versets s'adressent indifféremment à l'ensemble du monde Chrétien.
Troisièmement, il faut forcément tenir compte de la situation religieuse fort complexe de l'Arabie au VIIème siècle. La péninsule arabique était loin d'être un désert spirituel, et en dehors du polythéisme présent dans le Hijaz, du Christiannisme et du Judaïsme au Yémen, données bien connues, sa situation éloignée des grands empires avait attiré de très nombreux courants "hérétiques" fuyant les persécutions.
C'est ainsi que cohabitait à cette époque une pléiade de courants Judéo-Chrétiens ayant gagné à leurs causes de nombreuses tribus Arabes, souvent de façon superficielle. la plupart du temps, leurs apports religieux et dogmatiques s'étaient superposés, aux croyances Arabes. (Le meilleur exemple en est la Mecque qui représentait le carrefour de ce vaste syncrétisme Arabe. La tradition rapporte que l'on trouvait autour ou dans la Kaaba 360 divinités tout comme un portrait de Marie ou d'Abraham. L'on comprend la réduction de ce vaste panthéon hétéroclite à un Dieu unique suscita de nombreuses résistances.)
Nous allons donc voir qu'une analyse rigoureuse et comparative entre les données coraniques, l'histoire de la Trinité et la situation religieuse de l'Arabie au VIIème siècle permet d'aboutir à des conclusions cohérentes. C'est ainsi que l'on peu distinguer un premier train de critique visant cinq des principales mouvances hérétiques d'Arabie. (On notera que l'emble de ces versets emploi des expressions spécifiantes telles que "ceux qui disent", "ils disent", indiquant en celà que la remarque ne concerne pas l'ensemble des Chrétiens mais bien une faction d'entres eux.)
Premièrement, condamnation du Nestorianisme, hérésie dogmatique rejetée par le Concile d'Ephèse en 431 et présente notamment dans les tribus Lakhmides vassales de l'empire Perse.
S10.V68. "Ils disent : "Dieu s'est donné un fils." Par Sa transcendance ! Il se suffit à Lui-même. Tout ce que les cieux et la Terre recèle Lui appartient. Avez-vous la moindre autorité pour avancer celà ? Comment osez-vous tenir de tels propos au sujet de Dieu."(l'expression coranique "Dieu s'est donné un fils", "attakhdha walada", est très précise. Elle n'exprime pas la condamnation de la filiation ou de l'adoption, c'eut été au demeurant puéril et sans objet, mais la consubstancialité divine. Ce verset, en effet, nie que la nature divine puisse, d'une part, être divisée et d'autre part, cohabiter en Jésus. Nestorius, patriarche de Constantinople posa comme principe la dualité en Jésus de la personne divine et de la personne humaine.)
Deuxièmement, condamnation du Monophysme, rejeté par le Concile de Chalcédoine en 451 et présent notamment dans les tribus Taghlib.
S5.V72. "Ceux qui disent : "Dieu est le Christ fils de Marie." ont très certainement dénié la vérité, alors que le Christ a dit : "Ô fils d'Israël, adorez Dieu, mon Seigneur et le vôtre..."
(Les quatres églises monophysites ne reconnaissent à Jésus qu'une nature divine.)
Troisièmement, condamnation de la trinité familiale (cette secte alliait des éléments du manichéisme et du panthéisme dont la trnité divine était la suivante : Dieu le père, Marie la mère, Jésus le fils.), thèse d'origine Egyptienne soutenue notamment par les Priscilliens. Rejetée par le Concile de Nicée en 325 et le Concile de Saragosse en 380, elle fut présente en Arabie.
S5.V73. "Ceux qui disent : "Dieu est le troisième de la Trinité" ont très certainement dénié la vérité, car la divinité ne se concoit qu'en un Dieu unique..."
Quatrièmement, condamnation des Collyridiens, secte du IVème siècle, judéo-chrétiens Marianistes originaires de Thrace et toujours présents en Arabie au VIIème siècle.
S5.V116. "Lorsque Dieu dira : "Ô Jésus fils de Marie, aurais-tu dis aux hommes de te diviniser ainsi que ta mère en lieu et place de Dieu ? Il répondra : "Par ta transcendance ! Comment aurais-je pu proférer ce que je savais ne pas être vérité !..."
(ce verset condamne la divinisation de Jésus et de Marie en une "trinité" bipolaire. En effet, l'Esprit en hébreux, ruah, est féminin, a été assimilé dans ces courants Marianiste à la Vierge Marie.)
Cinquièmement, condamnation du dualisme en général et des développements qu'il a connu dans le gnosticisme. Ces gnoses, de plus en plus syncrétistes, avaient probablement perdurés en Arabie.
S16.V51. "Dieu dit : "Ne concevez pas deux Dieu en deux entités, car Il est Dieu unique et c'est Lui qu'il faut redouter."
(Le dualisme, ou plus exactement les dualismes, ont en commun d'opposer deux forces pour donner sens à l'apparente dualité de la réalité. Le concept coranique de transcendance et de pouvoir absolu lié à l'unité indivisible de Dieu n'est pas compatible avec de pareilles gnoses. voir aussi aux questions dogmatiques : destin et fatallisme, du bien et du mal.)
Au final, nous l'auront remarqué, ces critiques ciblées sont adressées à des sectes passées. Il ne convient donc pas d'en tenir compte lorsque l'on cherche à comprendre la position du Coran concernant le monde Chrétien actuel. Il s'agit pourtant, répétons-le, d'une erreur fréquente, tant de la part des musulmans, que des orientalistes ou de ceux prompts à taxer l'Islam d'antichristiannisme primaire.
Force est de constater, et à décharge, que les difficultés d'approche et de formulation des points de vue spéculatifs concernant la Trinité peuvent poser problème pour le commun des musulmans... et des Chrétiens...
La Trinité.
Le Coran va conclure sa démarche éducative et explicative en s'ardressant cette fois aux Chrétiens post-Chalcédoniens sans condamner implicitement la Trinité, mais en indiquant les difficultés potentielles d'un tel concept, ce qui nous amène à poursuivre l'étude du verset clef mentionné à propos du Verbe et de l'Esprit.
S4.V171. "Ô Gens du Livre, refusez les extrèmes en votre religion, ne professez au sujet de Dieu que la vérité : le Christ Jésus fils de Marie est Prophète de Dieu, Son Verbe projeté en Marie est Esprit émanant de Dieu. Croyez en Dieu et en ses Messagers et ne dites pas : "Il est trois". Cessez de tenir de pareils propos, cela est préférable ! Dieu est Dieu unique. De part sa transcendance, Il ne peut avoir de fils ! Lui appartient ce que recèlent les cieux et la terre, n'est-Il pas suffisant comme appui !..."
A la différence des versets précédents, celui ci s'adresse sans ambiguïté aux Chrétiens dans leur ensemble : "Ô Gens du Livre", au lieu d'employé, comme nous l'avions fait observer, "Ceux qui disent" et autres équivalents, expressions restrictives qui ne concernent que les sectateurs. De plus, on note qu'il n'est pas dit : "ils ont très certainement dénié la vérité", comme antérieurement, mais que le mode est au conseil : "Refusez les extrèmes... cessez, cela est préférable". Il s'agit donc clairement, non d'une condamnation globale de la Trinité, mais d'une mise en garde contre les dérives dogmatiques que peuvent entraîner les spéculations relatives au concept trinitaire.
On notera, comme nous l'avions souligné, que ce verset reprend les trois articles de la formulation trinitaire tout en leur donnant un sens apparemment restrictif.
Le verset suivant, employant la même exhortation confirme la portée de la recommandation coranique.
S5.V77. "Ô Gens du Livre, refusez les extrèmes en votre religion car ils s'opposent à la vérité. Ne suivez pas les passions de ceux qui jadis s'égarèrent, tout comme ceux, qui en grand nombre, les suivirent. Ils s'écartent de la voie droite.
Mission de Jésus.
Le Coran mentionne les trois étapes essentielles de la formation du Christiannisme. Tout d'abord, il rappelle la mission initiale de Jésus, Prophète Juif envoyé au peuple Juif, à charge de réforme et d'enseignement.
S5.V46. "Puis nous suscitâmes Jésus fils de Marie par rapport à leurs traditions afin de confirmer partie de la torah qu'ils détenaient. Nous lui conférâmes, de même, l'Evangile, à la fois Guidée, Lumière, confirmation d'une part de la torah, mais aussi Guidée et Exhortation pour les "craignant-Dieu".
On remarquera en la finale de ce verset la répétition du terme guidée : "mais aussi Guidée et Exhortation". Ceci met en avant la deuxième fonction de Jésus et de l'Evangile destiné à être le nouveau guide des "craignants-Dieu". Il s'agit vraisemblablement de la destination du premier cercle non Juif qui suivit les enseignements des disciples de Jésus.
Par la suite, le développement plus spécifique Chrétien du message de Jésus, concordant avec son expansion au monde "païen", se retrouve très clairement au verset suivant, de structure volontairement proche du précédent.
S57.V27. "Nous suscitâmes par rapport à leurs traditions nos Prophètes et Nous suscitâmes, de même, Jésus fils de Marie. Nous lui conférâmes l'Evangile et mîmes au coeur de ceux qui le suivirent douceur et compassion..."
Le Coran reconnaît donc implicitement la mission spécifique de Jésus en tant que Prophète fondateur du Christiannisme, et invite les Chrétiens à se conformer à l'Evangile. Pour le Coran en effet, la validité d'une religion et la sincérité de ses membres se mesure à l'effort qu'ils fournissent pour conserver le texte révélé originel lorsqu'il a existé, le lire, l'interpréter correctement et le mettre en oeuvre avec vérité et justice. Il n'y a pas de peuple élu, pas de religion supérieure, mais une permanente obligation faite à l'homme de s'éfforcer à être en conformité avec sa foi.
S5.V48. "... A chacun Nous avons indiqué une voie générale et un chemin spécifique. Si Dieu l'avait voulu, Il aurait fait des hommes une seule communauté religieuse, mais il en est ainsi afin de vous éprouver par ce qu'Il vous a attribué. Rivalisez donc en bonnes oeuvres, car c'est à Dieu que vous ferez tous retour. Il vous informera alors quant à vos divergences."
En conclusion nous pouvons lire le verset suivant :
S5.V47. "Ceci afin que les Gens de l'Evangile* fondent leur jugement en fonction de ce que Dieu y a révélé. Car ceux qui agissent différemment de ce que Dieu a révélé s'écartent avec indécence des préceptes divins."
*cette expression spécifique ne figure qu'en cet unique verset.
De la crucifixion.
Seuls deux verset du Coran évoquent cet important élément du dogme Chrétien, et nous allons voir, qu'au-delà des apparences, subsistent des pans d'interrogation.
Un premier verset affirme "l'ascension" de Jésus, sans mentionner expressément sa mort ou sa "résurection". Toutefois, y est indiqué, en mode allusif, que Jésus n'a pas connu la mort.
S3.V55. "Et lorsque Dieu dit : "Ô Jésus, je vais te ravir à ce monde*, t'élever vers Moi et te purifier des dénégateurs. Je placerai ceux qui te suivent au-dessus des dénégateurs jusqu'au jour de la Résurection..."
*En arabe Mutawaffîka ; les exégètes classiques ont divergés sur le sens précis de ce verbe qui n'est pas synonyme de : "je vais te faire mourir", comme on peut le lire dans certaines traductions. Quoi qu'il en soit la traduction : "je vais te ravir à ce monde" est explicite et ne s'écarte pas du consensus.
On notera que sont reconnues explicitement la validité et la dignité du Christianisme. C'est qu'en effet, le Coran ne cherche pas, en la matière, à rétablir "la vérité historique" (il est utile ici de rappeler une thèse développée au chapitre : Tolérance et prosélytisme. La vérité du point de vue de l'Homme ne peut être que relative. Or, le sentiment, pour certains, de détenir à eux seuls l'unique vérité est à l'origine de toutes les intolérances et violences qui en découlent.) mais à conforter l'idée que, de part la volonté Divine, les religions divergent en dogmatique et en pratique mais convergent toutes vers Dieu.
Ce qu'exprime clairement la suite du même verset :
S3.V55. "...Ensuite, c'est vers Moi que tous vous retournerez, j'arbitrerai vos différends."
Le deuxième verset concerné précise que Jésus n'a été ni tué ni crucifié.
S4.V157. "Ils ont affirmé : "Nous avons tué le Christ Jésus fils de Marie le Prophète de Dieu", mais ils ne l'ont pas tué et ne l'on pas crucifié..."
La suite du verset propose une explication d'abord délicat :
S4.V157. "...Ils ne l'ont pas tué et ne l'ont pas crucifié mais c'est ce qui leur a semblé..."
La phrase employée : walâkin chubbiha lahum, est extrèmement sibylline et notre traduction littéraliste "mais c'est ce qui leur a semblé" rend autant que faire se peut l'imprecision de la formulation arabe souvent traduite ainsi : "mais une apparence leur a été donné."
Ceux qui prennent appui sur la thèse classique de l'exégèse proposent généralement ce type de traduction : "mais à leurs yeux quelqu'un lui fut rendu semblable". Plus explicitement encore : "mais c'est quelqu'un lui ressemblant qui fut crucifié". Il font ainsi mention de la théorie du sosie : Un homme ressemblant à Jésus aurait été crucifié à sa place. Cette explication manque absolument de preuve méthodologique (les bases fondamentales de l'exégèse coranique sont les suivantes : ou le verset est explicite en lui même, ou il peut être explicité par un autre verset dont le sens est connu, ou bien encore, le Prophète Muhammad a fourni une explication dûment authentifiée. Rien de tout celà concernant la "théorie du sosie", dont l'origine remonte aux spéculations des premiers milieux chrétiens.), et laisse dubitative du point de vue rationnel.
Elle n'est pas soutenable non plus du point de vue de la cohérence du discours coranique car il est bien établi que l'Islam enseigne la responsabilité individuelle. Autrement dit nul, ne peut être jugé ou pis condamné pour les fautes d'un autre. Ex : "nul ne portera le fardeau d'autrui." S53.V38. Paradoxalement, c'est ce même raisonnement qui, fort logiquement, et conformément à la vision morale du monde que propose le Coran, amène les musulmans à penser que jamais Dieu, à forciori, n'aurait pu sacrifier une créature innocente pour racheter les fautes de l'humanité. (l'Islam rejette la notion de péché originel considéré comme incompatible avec la justice divine. Alors même que l'enfant n'est pas responsable des actes de ses parents comment l'homme pourrait-il être responsable du péché commis par ses ancêtres originels? Le péché ne pouvant découler de cette hérédité il n'est donc pas ni nécessaire ni cohérent de concevoir une rédemption universelle de l'humanité. Pour l'islam, la rédemption ou la damnation sont individuelles. Chaque être est l'acteur de sa réussite ou de son échec spirituel et porte en lui le potentiel nécessaire pour franchir cette étape. il n'y a donc pas de culpabilité intrinsèque opposant l'esprit et la chair, le royaume des cieux à la possession du monde et chacun est renvoyé à son propre effort, c'est-à-dire à la mise en oeuvre sincère et positive de sa foi : S53.V39. "L'homme, n'obtient que le fruit de ses efforts.")
La suite du verset ne lève pas pour antant le mystère :
S4.V157. "...Ils ne l'ont pas tué et ne l'ont pas crucifié mais c'est ce qui leur a semblé. Quoi qu'il en soit, ceux qui controversèrent à ce sujet eurent toujours des doutes car, en fait de connaissance, ils n'échafaudèrent que des hypothèses sans pouvoir conclure."
"Ils n'échafaudèrent que des hypothèses sans pouvoir conclure". Ceci est le plus fréquemment traduit par : "Ils ne l'ont pas tué avec certitude" renforçant ainsi la thèse du sosie. Or, cette traduction de ma quatâlahu yaquîna suit le texte mot à mot sans tenir compte du fait qu'il s'agit d'un arabisme signifiant : ils n'y ont pas mis un terme avec certitude, ce qui dans le contexte prend le sens de : "ils n'ont pas mis un terme avec certitude, (à la controverse)". Il nous a donc paru plus logique et plus correct de traduire par : "Ils n'échafaudèrent que des hypothèses sans pouvoir conclure". Ceci est conforme à l'avis du grand exégète classique Tabarî.
Le courant de pensé mystique musulmane a depuis fort longtemps proposé une hypothèse élégante à même de concilier les antagonismes que l'ensemble de notre étude a mis en évidence. D'aprèsle Coran, Jésus est à la fois homme et Esprit émanant de Dieu, il est chair puisant sa vie dans les nourritures terrestres mais sa naissance est surnaturelle, il n'a pas connu la mort tout en n'étant plus présent, il est Prophète donc homme et Verbe de Dieu donc transcendé.
De ce point de vue donc, Jésus apparaît comme étant Esprit de Dieu, c'est-à-dire être immatériel, tout come il est parole de Dieu. Il n'est pas pour autant d'essence divine mais appartient aux créatures dépouillées de corporalité (c'est le cas par exemple des Anges. Nous avons précédemment vu le récit coranique de l'annonciation où l'Archange Gabriel apparaît sous la forme d'un homme à Marie or, le verset dit plus exactement : "il parut avoir forme humaine accomplie". La tradition authentique rapporte également que Gabriel se manifesta, en certaines occasions, au Prophète Muhammad et à ses Compagnons sous forme humaine.) Ce qui a vécu et a été crucifié n'est que la manifestation au monde des réalités perçues tandis que l'essence véritable de Jésus a été élevée vers Dieu. Nous allons voir que cette conception du Christ propre aux mystiques musulmans explicite de même facilement le retour de Jésus aux temps eschatologiques.
Le Christ de la Parousie.
Les musulmans croient qu'à la fin des temps Jésus redescendra sur Terre et que son règne s'accompagnera de la paix universelle. Ensuite, il mourra et sera la fin du cycle terrestre pour l'humanité. Puis, en ces temps eschatologiques, après qu'eut retentit le Cor, sera le Jour de la Résurrection générale, la comparution devant Dieu qui jugera les hommes à la balance en fonction de leurs actes bon ou mauvais.
Ce point fondamental de la croyance des Musulmans, le retour de Jésus, est essentiellement explicité par les traditions prophétiques attribuées authentiquement à Muhammad. Un seul passage dans le Coran semble en attester :
S43.V59 à 61. "Jésus a été un adorateur de Dieu que Nous avons comblé de Nos grâces et donné en exemple aux fils d'Israël. Si Nous l'avions voulu, Nous aurions mis sur la terre des Anges pour vous succéder. Il est, en vérité, science de l'Heure : "Ne doutez pas de cela et suivez-moi, ceci est une voie de rectitude."
Notre traduction essaie de rester proche de la formulation énigmatique de ces verset diversement interprétés, du reste, par les exégètes. On remarquera que l'insertion a priori décalé du corps de phrase : Si Nous l'avions voulu Nous aurions mis sur Terre des Anges pour vous succéder, peut-être entendu comme une allusion à la nature réelle du Christ tel que le conçoivent les mystiques musulmans.
DE L'EVANGILE.
Nous avons vu précédemment que Jésus eut plusieurs missions et que notamment, en sa fonction judaïque, il fut à charge de réformer la Torah, ou plus exactement de la réactualiser.
Par ailleurs, Jésus fut spécifiquement le transmetteur d'une parole différente et différenciée.
S3.V48. "Et Dieu lui enseigna le Livre, la Sagesse, la Torah et l'Evangile."
L'ordre des termes est significatif : le Livre est le Livre prototypique que nous avons déjà évoqué au chap : relation avec les aures religions - Gens du Livre. La Sagesse, par ailleurs explicitée dans le Coran, est, en toute vraisemblance, la capacité d'interprétation originale et originelle que possédait Jésus de la Torah. L'Evangile est la troisième somme de connaissance propre à Jésus.
L'Evangile est mentionné nominalement 12 fois dans le Coran. Le terme Evangile lui même n'est pas d'origine arabe et semble emprunté directement à l'araméen avec le sens de "bonne nouvelle" ou "belle annonce". Il convient de préciser que son emploi dans le Coran est toujours au singulier, paradoxale résonnance d'avec l'usage dans le monde Chrétien du pluriel : les Evangiles.
L'Evangile, livre ou parole ?
L'Islam ne possède pas de point de vue uniforme quant à cette question cruciale. Une lecture superficielle du Coran et une méconnaissance de l'histoire de l'écriture des Evangiles Chrétiens amènent à adopter le point de vue suivant : l'Evangile dont parle le Coran serait l'écrit initial apporté par Jésus, reçu directement par révélation divine, et les Evangiles actuels, apocryphes ou canoniques, ne seraient que des altérations de l'original. Cette compréhension est d'autant plus facilement acquise par les musulmans qu'elle est corroborée en apparence par la théorie générale de l'altération des Ecritures Sacrées largement commentée dans le Coran. (Confère à ce sujet au chap : Moïse, la Torah, les remarques faites quant aux mécanismes d'altération de la Torah et de toutes les écritures sacrées lors de leur historisation. Concernant les évangiles il convient de préciser que, contrairement à l'histoire de la Torah que l'on veut faire remonter à la révélation directe de la parole de Dieu adressé à Moïse puis au peuple Juif, jamais l'exégèse Chrétienne moderne n'a formulé pareille assertion. Bien au contraire la distance temporelle entre la prédication de Jésus et la rédaction de la main d'homme des évangiles et bien établie. Il n'y a donc pas de continuum, seul le recours supposé à l'intervention de l'Esprit Saint est utilisé afin de maintenir un lien entre ces évangiles et le Révélé.)
Cependant, l'on peut faire les remarques suivantes : autant l'on recense, sans difficulté, des versets associant clairement les termes Livre, Ecrit, aux terme Coran, Torah, Psaumes de David, Tables de la loi, autant, en réalité, aucun verset mentionnant l'Evangile ne spécifie sa mise en écrit. Au contraire, il est fait usage de verbes indiquant plutôt sa forme immatérielle. Ex :
S3.V65. "...Nous n'avons révélé la Torah et l'Evangile que postérieurement à Abraham..."
S5.V110. "Lorsque Dieu dit : "Ô Jésus fils de Marie... Je t'ai enseigné le Livre, la Sagesse, la Torah et l'Evangile..."
S57.V27. "...Nous suscitâmes, de même, Jésus fils de Marie. Nous lui conférâmes l'Evangile et mîmes au coeur de ceux qui le suivirent douceur et compassion..."
De plus, comme nous l'avons vu précédemment, Jésus est aux yeux du Coran Parole de Dieu et dépositaire de la Sagesse, et tout porte à croire que l'Evangile, conformément à son étymologie, n'est que l'irradiation orale de cette connaissance divine débordant du coeur de Jésus.
S4.V171. "...En vérité, le Christ Jésus fils de Marie est Prophète de Dieu, Son verbe projeté en Marie, un Esprit émanant de Dieu..."
S5.V110. "Lorsque Dieu dira : "Ô Jésus fils de Marie, rappelle les grâces que Je répandis sur toi et ta mère, quand Je t'assistai de l'Esprit Saint et que tu parlas aux hommes dès le berceau, puis à l'âge mûr..."
A l'inverse, un verset spécifie clairement que les Evangiles Chrétiens sont chose écrite mais ne reflètent que pour une part ce que fut l'original :
S7.V157. "...le Prophète illettré* qui est mentionné en toute lettres dans ce qu'ils détiennent de la Torah et de l'Evangile*..."
*Le Coran appelle ainsi à plusieurs reprises le Prophète Muhammad.
*Ce verset fait allusion à un passage de l'Evangile de Saint Jean XVI :7-16)
L'on retrouve le même phénomène au verset suivant qui rappelle la parabole évangélique du grain de sénevé (Matthieu XIII : 31-32, Marc IV 31-32) :
S48.V29. "...La parabole que l'on en donne en l'Evangile est la suivante : ils sont tel le grain qui germe, jeune pousse, puis se fortifie, s'épanouit et dresse enfin sur sa tige, émerveillant le semeur..."
Il y a donc dans le Coran superposition de l'emploi général du terme Evangile, message non transcrit englobant la totalité de la parole de Jésus et des Evangiles, somme écrite reconnue par les Chrétiens. mais cette superposition n'a de valeur réelle que lorsque le message retranscrit correspond à la parole initiale de Jésus.
Au final, l'imprecision voulue par le Coran semble destiné à éviter la polémique plutôt qu'à l'alimenter. En effet, comme nous l'avons déjà mentionné, le Coran appelle les Chrétiens à appliquer le contenu de leurs écritures en fournissant un effort d'analyse sincère du texte afin, notamment, de ne pas y interpôler les digressions métaphysiques injustifiables.
S5.V47. "Ceci afin que les Gens de l'Evangile fondent leur jugement en fonction de ce que Dieu y a révélé. Car ceux qui agissent différemment de ce que Dieu à révélé s'écartent avec indécence des préceptes divins."
Cette même prise de position, cohérente et tolérante, est applicable logiquement aux Gens du Livre c'est-à-dire, en la matière, à la Bible.
S5.V68. "Dis : "Ô Gens du Livre, vous ne reposez sur rien de tangible tant que vous ne vous conformerez pas à la Torah, à l'Evangile et à ce qui vous a été révélé par votre Seigneur..."
Il ne s'agit donc pas, pour chacune des trois religions soeurs, de sombrer dans la controverse afin de savoir qui d'entres elles détient la vérité absolu. Les hommes ne sont dépositaires que d'une vérité relative, chacun ayant reçu sa part et nul n'est autorisé à mépriser ou à rejeter l'autre. Il y a somme toute, dans les trois Ecritures, un corpus commun de guidée et de sagesse.
S9.V111. "...Promesse véridique de Dieu dans la Torah, l'Evangile et le Coran..."
Conclusion.
L'Islam professe que l'amour de Dieu tout comme le respect de sa parole doivent amener les croyants à rechercher ce qui les unit plutôt que ce qui les différencie.
Le Coran, tout en donnant sa pleine dimension spirituelle au Prophète Jésus, mystique abreuvé de lumière et de compassion, souligne les différences de point de vue des uns et des autres. Mais l'approche coranique maintient en permanence un voile généreux sur ces divergences, appelant par là même au respect mutuel et à la tolérance au nom de l'amour de la parole divine.
La proximité des Chrétiens et des Musulmans et telle qu'elle doit les inciter à préserver leur patrimoine commun afin d'agir pour la sauvegarde spirituelle de l'humanité.
A ce sujet, le Prophète Muhammad a dit en une tradition authentifiée : "Les Prophètes sont frères, issus de mères différentes, mais leur religion est unique. Je suis l'homme le plus proche de Jésus fils de Marie, il n'y a pas eu entre lui et moi d'autres Prophètes. Il sera lors de son retour sur Terre l'Imam de ma communauté..."
Que dit vraiment le Coran ? Jésus, l'Evangile
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Le dialogue interreligieux est une forme organisée de dialogue entre des religions ou spiritualités différentes. Ultérieurement, la religion a considéré l'autre comme n'étant pas la vérité révélée. C'est ainsi que les premiers contacts entre l'islam et le christianisme furent souvent difficiles, et donnèrent lieu à des guerres impitoyables comme les croisades.
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- mari
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Que dit vraiment le Coran ? Jésus, l'Evangile
Ecrit le 13 janv.09, 09:56
Modifié en dernier par mari le 13 janv.09, 13:11, modifié 1 fois.
- petite fleur
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Ecrit le 13 janv.09, 10:41
dans le fond tout le problême reside en la facon de l'interprété car vous croyez que Jésus revient ,que Dieu est le suprême,et que marie est la mère de Jésus.je crois que... il a apporter son esprit saint sur des gens sur terre pour apporter la nouvelle un peu partout au travers le monde et c'est bien...bon stratageme contre le démon
donc ainsi se fesant il ne peuvent pas corrompe tous.. il ...a donné la flamme dans le coeur des gens qui apprécie la paix...puisque le message est de paix pour la fin..donc c'est bien! je voie pas réelement de problême moi dans le fond" la parole" c'est pour le meilleur et non pour le pire qu'elle a été apporter a la terre! toute entière...message de paix et d'espoir! comme je le dis c'est dans le coeur qu'elle doit être gravé et non sur les lèvres ...La parole

ce qui ne nous tue pas nous rends plus forts!
le temps dévoilera ce que l'astuce cache en ses replis:la honte finira par confondre ceux qui dissimulent leurs vices!
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- petite fleur
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Ecrit le 13 janv.09, 12:38
oui mais faut pas trop sen faire non plus vous savez ,c'est une pluie pourtant prévu!!!! que a la fin il y aura division et disettes,que nation se lèvera contre nation .. donc je crois que le mieux est de rester zen, fasses a nos interlocuteurs,avoir l'esprit de paix en nous!!..et pas trop se faire du soucie...moi je trouves cela riche de partager vous savez!!! c'est justement en partageant que la lumière va jaillir!|
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Ecrit le 14 janv.09, 01:38
le coran reconnait jesus comme un prophete et en m^me temps nie la veracite des evangiles qui definissent la nature et le role de jesus pour l'obtention de la vie eternelle.
comment tu peux concilier tout celA mari?
sur quels textes ou autre se basent les musulmans pour dire que jesus est prophete ?
comment tu peux concilier tout celA mari?
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- mari
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Ecrit le 14 janv.09, 11:15
Je rapporte juste les propos de quelqu'un qui explique ce qui paraissait être des différences (et que tout le monde croyait être des différences) différemment... Pour nous montrer qu'au final, il n'y a pas tant de différences que celà... Et pour que ce qui nous éloignait nous rapproche.. Les efforts c'est nous qui devons les faires... ils ne vont pas tomber du ciel...
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