[ Christianisme ] Protestant
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Posté le: Lun Oct 25, 2004 10:42 am
Sujet du message:
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Salut DD et 7tour;
Je vais tenter de répondre dans l'ordre des questions... pour autant que j'y arrive bien évidemment. Je n'ai pas de réponse à tout.
1) Si j'enlève le livre, la théologie reste . Je l'ai dit. Maintenant de quelle théologie parlons-nous ? Si nous définissons la théologie chrétienne, alors la théologie se base sur la Bible... Mais comme je l'ai écrit dans ma précédente intervention, la théologie dépasse le cadre de la Bible puiqu'elle fait appel à d'autres sources: l'histoire, la linguistique, l'archéologie, l'histoire du texte, l'écriture, la papyrologie, etc. Aucune science ne se suffit à elle-même et tout le monde est bien convaincu de la nécessité de la transdiciplinarité de nos jours. Ce n'est pas vraiment neuf, mais je tiens à le rappeler car j'ai souvent l'impression que ce qu'on croit vrai pour d'autres, ne l'est pas forcément en théologie. Eh bien détrompez-vous, la théologie fait de grands pas grâce, elle ausi,à l'apport des découvertes ou des affinements de la recherche et des méthodes d'investigation! Je ne vois d'ailleurs pas pourquoi la théologie y éhapperait. Seulement voilà, la plupart de ceux qui parlent de théologie ici, ne sont pas des théologiens et parlent de ce qu'ils ne connaissent qu'au travers de quelques livres choisis au bonheur la chance... Sans commentaire donc.
Pour un protestant réformé (évangélique ou non), il va sans dire que toute théologie est nécessairement biblique... Ceci ne signifie pas du tout que le principe du Sola Scriptura soit mis à mal par l'apport d'autres sources dans ses conclusions. L'Ecriture est simplement "première" dans l'ordre du savoir. Pas question donc de supprimer la Bible si l'on veut rester biblique", cela n'aurait plus aucun sens. Que d'aucuns veuillent supprimer la Bible, libre à eux mais alors ils se mettent hors-jeu d'eux-mêmes du cadre "chrétien".
Je disais également que la théologie est historique, ce qui se comprend de soi-même sans autres explications ici, mais également systématique, ceci sinifie que la théologie est téléologique: autrement dit, elle est constamment en quête de cohérence (systima en grec,d'où système), cela signifie qu'elle se doit de "construire", d'édifier (peu importe quoi au stade où je le dis maintenant). Elle a en vue la Communauté. Elle se doit d'être "ptratique" par conséquent. Donc une Théologie systématique présente sous une certaine forme l'essentiel de la foi de manière logique et acceptable pour la raison. Ceci étant, il va sans dire que tout théologien se doit de choisir... mais tout "scientifique le fait" à un moment ou à un autre. Ceci est particulièrement vrai lorsque le donné révélé est lacunaire ou rare et discutable. Exemple, Paul parle dans l'Epître aux Corinthiens du "baptême pour les morts". Un seul verset ne peut étayer une doctrine... valable pour tous, pour toutes les époques. Sans autre information de cette époque, nous en sommes réduits à des conjectures.
2) "Un texte n'est pas écrit", dis-tu ? Cherchez l'erreur... Pas de commentaire. La question n'a aucun sens (contradictio in adjectivo).
Certes avant le texte, d'autres sources peuvent exister. Qui le nie ?
Le texte est conclusif, il vient à la fin d'un travail tant sur le plan de l'oralité (s'il échet) que sur le plan de l'élaboration du texte lui-même. Le Texte sur lequel on travaille est, espérons-le, le produit final. Les conditions de production du texte nous échappent (pas entièrement toutefois) de sorte que nous travaillons forcément sur ce qui existe. Les sources orales ne laissent aucune trace sauf à partir des sources sonores gravées sur bandes magnétiques, mais cette technique est relativement récente comme chacun sait).
3) La Théodicée est bien une "invention humaine". Elle est au fond tout ce que peut produire l'intelligence humaine "sans Dieu", sans la Révélation. C'est pourquoi, ai-je bien spécifié, que toute théodicée, si parfaite soit-elle (comme celle de Spinoza par exemple) dans sa quête, cède le pas à la théologie qui commence alors qu'elle se terminait. Héralite d'Ephèse en Ionie (Asie Mineure, Turquie actuelle) illustre bien cette théodiciée par son" immobilisme divin". Le dieu de ces théodicée n'a rien à faire avec l'humanité: il est l'Être en tant qu'Être, immobile, amorphe, indifférent, insensible et parfait, sans besoin etc. Plus près de nous, Spinoza a écrit une célèbre théodicée facile à se procurer en librairie de nos jours (mais pas très amusant à lire en vérité). Faites votre propre opinion en le lisant.
4) Septour, si tu reconnais toi-même que mille arguments parfaits et convainquants ne te suffisent pas pour changer d'avis, alors tires-en les conséquences logiques. Comment veux-tu que nous puissions poursuivre raisonnablement un dscours construit si tu reconnais d'emblée que toute tentative est "poursuite du vent"?
La réponse est dans tes propos.
J'en prends bonne note pour la suite et j'invite quiconque à le faire aussi. Ce sera plus simple pour la suite de nos conversations qui ne peuvent plus dès lors qu'être des juxtapositions d'idées non discutées. Tu réagis en opposant un argumentaire qui ne peut plus être débattu. Nous devrions alors en faire de même avec toi. Où est alors le dialogue ? Personnellement, je trouve cela dommage, mais c'est ton choix et ta méthode. Merci de nous l'avoir révélé enfin...
5) Tu dis que tu n'es pas sûr d'avoir raison mais que tu es dans le vrai !!!! Excuse-moi, c'est bien pire... Je cherche les nuances. Je ne suis pas certain de ce que je dis mais je sais avec une quasi certitude que je suis dans le vrai, autrement dit, quoique mon interlocuteur dise,si'il n'est pas en accord avec moi, c'est que logiquement il est dans le faux, puisque je suis dans le Vrai. L'alternative est "simple" mais ne se vérifie jamais comme telle dans la vie.
Ici aussi, c'est ta méthode et tes propres a prioris méthodologiques. Je ne puis qu'en prendre bonne note et tenter d'en tenir compte lors de nos prochaines confrontations d'idées. Masi je ne psui m'empêcher de penser que cette attitude est "sectaire" et impérialiste, en tout cas très "autoritaire".
Peu importe ce que je pense d'ailleurs, chacun se fera sa propre idée sur tes prétentions idéologiques.
Comme tu le dis, je n'ai personnellement aucune de ces prétentions, car j'ai tout appris, crois-tu, sur les bancs de 'l'Université. Eh oui! Et je n'en ai nulle honte car il a bien fallu y passer et crois-moi, c'est un fameux filtre et une excellente Ecole de construction de la pensée. Je crois deviner que tu ignores ce qu'est l'Université, mais elle tout, sauf un dictateur de la pensée, tout au plus "un maitre à penser", càd qu'elle nous apprend à penser et forme notre intelligence conceptuelle. L'Université nous apprend à réfléchir et ne nous donne pas des réponses toutes faites que nous devrions répéter une fois sortis du sérail. C'est méconnaitre la liberté de pensée qui a cours dans nos Universités occidentales. En plus, tu ignores que tu as affaire à un protestant réformé pour lequel la liberté de conscience n'est pas un simple"concept", mais une réalité à vivre chaque jour en confrontant foi et raison. Je n'ai pas écrit "concilier", mais "confronter", donc remettre en question, débattre... Je ne puis ici défendre les catholiques romains qui eux seuls peuvent répondre pour eux-mêmes à l'intérieur de l'Institution. Pour eux, le débat et les enjeux sont légèrement différents des miens, même si parfois nous sommes très proches. Martin Luther contraint devant la Diète de Worms de se rétracter en a appelé à deux principes qui sont les colonnes de la dialectique protestante: le principe de l'Ecriture par lequel tout doit passer par son crible, et le principe de la liberté de conscience (ce sont les raisons logiques au sens "naturel" du mot en philosophie).
5) Je ne crois pas manquer d'humour en général, mais il est vrai je ne ris pas de tout, et lorsque les questions débattues sont importantes, même si tu en parles de manière enjouée ou incisive à l'égard d'un tiers, elles méritent toujours des réponses étayées. J'essaye toujours de construire mes réponses...
Que dirais-tu si sur un forum médical, un médecin répondait en rigolant des maladies des uns et des autres?
J'avoue que si je viens ici, c'est parce que c'est un forum (espace publique par définition) où l'on peut débattre sereinement des sujets les plus divers ayant un rapport avec la religion. Or il se fait que je suis théologien. Il me parait assez dans la nature des choses que j'y vienne et de prendre le temps de répondre à quiconque pose des questions.
Je ne puis m'intéresser à tout et je choisis les sujets, comme tu le fais sans doute toi-même aussi. Il se fait que si nous nous rencontrons, c'est parce que des sujets similaires nous chatouillent l'esprit, non ? Qu'y puis-je ? Si je m'oppose à ce que tu dis, je te retourne l'argument, tu te fais une spécialité toi aussi de me contrer. Je ne le prends pas mal puisque qje t'ai souvent dit que tu auiguisais mon esprit en m'obligeant à fouiller un peu plus. Je t'en ai déjà dit merci pour cela. Je reconnais donc que tes interventions sont stimulantes à certains moments. N'est-ce pas fair-play ? Ne m'en demande pas plus. Je conçois que sur un forum des idées contradictoires soient émises... Chacun se forme sa propre idée par la confrontation de nos échanges si j'en juge par le nombre de ceux qui nous lisent. Autrement dit, je n'oublie pas ce public lorsque j'écris. C'est un peu comme dans ma classe d'élèves, il y a toujours des élèves qui semblent ne pas participer parce qu'ils ne disent rien, mais je sais qu'ils écoutent et se forgent également une opinion et c'est parfois eux qui sont les plus intéressants même s'ils n'osent rien dire par manque d'habitude.
6) Mon rôle de pasteur. Pour moi, il ne s'agit nullement d'un rôle, mais d'un état particulier et d'une mission répondant à une vocation religieuse.
Si j'étais un chien, je répondrais sans doute en chien, mais puis-je changer de peau ? Je n'en vois pas l'intérêt.
Pour moi, je n'oublie jamais Colossiens 3:17 "Tout ce que vous dites ou faites, faits-le au nom du Seigneur Jésus..." C'est cela "revêtir l'homme nouveau" dont Paul parle quelques versets plus haut (3: 5-17). C'est le genre de verset qu'un "chrétien" ne saurait oublier car c'est cela même qui le conditionne et le constitue en tant que chrétien. C'est de la condition même de chrétien qu'il s'agit au-delà duquel on ne pourrait plus parler de chrétien en réalité. Dans les échanges que j'aie avec les uns ou les autres, je tente toujours de répondre en sorte que ce soit l'universel qui l'emporte sur le particulier et cela, toujours, dans une perspective biblique autant se faire que peut.
7) Je crois avoir essayé de répondre honnêtement aux questions posées. Si j'en ai oubliées, qu'on m'en excuse.
Bonne soirée.
P' |
_________________ Forum http://www.arbre-a-palabre.net/
DIEU EST GRAND! (la Bible, I Chron 16:25; Psaume 48:1; Job 37:23)
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