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En héraldique, le lion et le léopard désignent le même animal, mais avec une position de tête différente.
Avec la tête de profil, c'est un lion.
Avec la tête de face, c'est un léopard.
La position du corps n'influe pas sur le nom, mais les deux « jumeaux » ont des positions préférées : ainsi le lion est « rampant » (debout), le léopard est « passant » (allongé). La queue du lion est traditionnellement tournée vers l'intérieur, celle du léopard vers l'extérieur, le léopard est moins barbu que le lion... mais il semble que tout cela ne soit que coquetterie d'illustrateurs.
Le « roi des animaux », avec sa réputation de force, de bravoure, de noblesse, si conforme à l'idéal médiéval, ne pouvait que séduire ceux qui voulaient se choisir des armoiries. Et de fait le lion et son alter ego le léopard sont très nombreux, surtout dans la zone anglo-normande (Plantagenêt). Le succès du lion est la cause de sa propre banalisation, ce qu'illustre bien le « dicton héraldique » : « qui n'a pas de blason, porte un lion ».
En fait, le léopard héraldique trouve son origine dans le « lion(leo)-panthère(pa)-bâtard(ard) » qui constituait l'idée médiévale du léopard: bâtard, donc mauvais. Mais les « léopards » plantagenêts n'en sont pas pour l'héraldique anglaise qui les ignore et les blasonne « lion passant regardant ». Royaux chez eux comme tout lion, ils sont vus bâtards et mauvais de l'autre côté de la Manche.
Ayant perdu sa capacité identitaire, le lion s'est vu attribuer toute une série de caractéristiques pour tenter de la recouvrer. On se trouve face à un nombre impressionnant de lions qui ne diffèrent parfois que par d'infimes détails comme la couleur des griffes, ou la position des pattes (si la patte arrière droite est posée, il est alors « sautant » et non plus « rampant »). On est loin de la règle qui veut que les meubles soient clairement identifiables de loin... mais il est vrai aussi que plus le temps passe, plus leur fonction s'éloigne de la poussière des mêlées...