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LES ABEILLES QUI VOULAIENT IMITER LES HOMMES

Posté : 03 nov.19, 00:22
par J'm'interroge
LES ABEILLES QUI VOULAIENT IMITER LES HOMMES

Un essaim d’abeilles on ne sait par quel mystère
Élu domicile derrière le volet d’un grand ministère.
Elles y bâtirent des rayons de cire en toute hâte
Les remplirent de bon miel abondant à cette date.

On était au mois de mai l’air sentait bon l’acacia,
Les œufs éclosaient les larves naissaient à tour de bras.
Peu d’études, c’est sur le tas qu’on apprenait son métier,
La colonie vivait sans fastes mais dans la prospérité.

La vieille reine fatiguée arrivant à la fin de sa vie
Fut remplacée sans ménagement et sans préavis.
Il n’y eut pas d’élection pour choisir la nouvelle,
Puisque la première née était bien la plus belle.

Un matin de pluie sans travail ou la ruche était calme
Elles eurent cette folle idée d’observer les hommes.
Bien placées derrière la fenêtre d’un grand bureau,
Elles voyaient, entendait tout, elles apprirent leurs mots.

En admiration, derrière la vitre, elles décidèrent de faire pareil.
La jeune souveraine au pouvoir rassembla tout le conseil,
On fit des réunions, on nomma de nouveaux responsables,
Comment être aussi inorganisées… elles se sentirent coupables.

Pour chaque tâche on inventa des nouvelles normes,
Des commissions, des polices et encore des contrôles.
On créa de nouveaux métiers, de nouveaux protocoles,
Fini l’initiative individuelle, on créa la Hiérarchie.
Fini la pagaille, fini le désordre, fini la chienlit…

Désormais pour qu’une butineuse puisse quérir son nectar,
On fait d’abord des plans de vol, des analyses : pas de hasard.
Demandes d’autorisation permis de ceci, permis de cela.
Pendant ce temps les alvéoles de nectar ne se remplissent pas
On puise dans les réserves, les stocks de pollen sont au plus bas.

Une vieille ouvrière consciente de cette fulgurante décadence
Prit la parole pour dire que les guêpes auraient enfin leur vengeance.
Celles qui ne savent pas faire le miel, habitent des maisons de papier,
Voient la famine et la mort du bas peuple à la fin de chaque été !

Heureusement un vieil apiculteur passionné décida de les loger.
Leur offrit une ruche neuve, des cadres aux alvéoles bien dessinés
De peuple plein de vaillance elles devinrent une horde d’assistées.

Voyant le peu de réserves, il décida de les aider dans leur ruine,
Il leur offrit du miel bon marché, de celui qui vient de Chine.
La morale de cette fable c’est que la plus brillante des civilisations
Peut être rapidement réduite à néant par un excès d’administration.


Emile Molès
MUSEE DU MIEL
EARL LA MIELLERIE
82120 GRAMONT – France


Ajouté 3 minutes 56 secondes après :


Le GARDIEN des ABEILLES et les 3 CONS[/youtube]

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