Canon Pali : comment reconnaître une mauvaise personne et une bonne personne au regard de l’orgueil et de l'humilité

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Disciple Laïc

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Canon Pali : comment reconnaître une mauvaise personne et une bonne personne au regard de l’orgueil et de l'humilité

Ecrit le 10 nov. 2020, 19:01

Message par Disciple Laïc »

MN 113 Sappurisa Sutta

— Le récit de l’homme excellent —

Ce soutra explique à quoi on peut reconnaître une mauvaise personne et un homme de bien en observant leur niveau d'humilité ou d'arrogance vis-à-vis de leurs distinctions.

Traduction de Christian Maës

Ainsi ai-je entendu.

En ce temps-là le Seigneur séjournait près de Sâvatthi, dans le parc Anâthapiṇḍika du bois Jéta.
En cette occasion le Seigneur s’adressa aux moines :

Moines !

—Oui, Seigneur, lui répondirent les moines.

Le Seigneur leur dit :

Je vais vous montrer, moines, une caractéristique (dhamma) des hommes excellents (sappurisa) et une autre des hommes médiocres (asappurisa). Écoutez et faites bien attention, je vais parler.

—Bien, Seigneur, répondirent les moines.

Et le Seigneur leur dit ceci :

Quelle est, moines, cette caractéristique des hommes excellents ? Prenons d’abord un homme médiocre issu d’une famille noble (de caste guerrière ou brahmane)… d’une grande famille (de caste guerrière, brahmane ou commerçante)… d’une famille riche… ou d’une famille raffinée. Il réfléchit : “Je suis sorti d’une famille noble… d’une grande famille… d’une famille riche… ou d’une famille raffinée ; mais ces autres moines ne sont pas issus de telles familles”. Il s’enorgueillit de sa famille et méprise les autres. Cela caractérise un homme médiocre.

Mais l’homme excellent, lui, réfléchit ainsi : “Ce n’est pas par la famille qu’on détruit la convoitise, qu’on détruit l’aversion, qu’on détruit la confusion. Même si on n’est pas sorti d’une de ces familles, c’est en avançant sur la voie adéquate (dhammanudhamma), en progressant convenablement et en agissant en accord avec la méthode que l’on mérite les offrandes et les louanges”. Quand il a intériorisé cette démarche, il ne s’enorgueillit pas de sa famille et ne méprise pas les autres. Voilà qui caractérise l’homme excellent.

« En outre, moines, quand un homme médiocre est connu et célèbre… qu’il obtient les nécessités que sont le vêtement, la nourriture, le logement et les médicaments… qu’il a beaucoup appris… qu’il détient le vinaya… ou qu’il expose le dhamma, il réfléchit : “Je suis connu et célèbre… j’obtiens les quatre nécessités… j’ai beaucoup appris… je détiens le vinaya… j’expose le dhamma ; mais ces autres moines ne sont ni connus ni célèbres… ils n’obtiennent pas les quatre nécessités… ils n’ont pas beaucoup appris… ils ne détiennent pas le vinaya… ils n’exposent pas le dhamma”. Il s’enorgueillit de ses succès et méprise les autres. Cela caractérise un homme médiocre.

Mais l’homme excellent, lui, réfléchit ainsi : “Ce n’est pas le fait d’être connu et célèbre… d’obtenir les nécessités… d’avoir beaucoup appris… de détenir le vinaya… d’exposer le dhamma, qui détruit la convoitise, qui détruit l’aversion, qui détruit la confusion. Même si on n’a aucune de ces qualités, c’est en avançant sur la voie adéquate, en progressant convenablement et en agissant en accord avec la méthode que l’on mérite les offrandes et les louanges”. Quand il a intériorisé cette démarche, il ne s’enorgueillit pas de ses capacités et ne méprise pas les autres. Voilà qui caractérise l’homme excellent.

« En outre, moines, quand un homme médiocre vit dans la forêt… se vêt de rebuts… se nourrit d’aumônes… reste au pied d’un arbre… demeure dans un charnier… vit en plein air… reste assis… demeure à l’endroit prescrit… ou mange en une seule session, il réfléchit : “Je vis dans la forêt… je me vêts de rebuts… je me nourris d’aumônes… je reste au pied d’un arbre… je demeure dans un charnier… je vis en plein air… je reste assis… je demeure à l’endroit prescrit… je mange en une seule session ; mais ces autres moines ne vivent pas dans la forêt… ne se vêtent pas de rebuts… ne se nourrissent pas d’aumônes… ne restent pas au pied d’un arbre… ne demeurent pas dans un charnier… ne vivent pas en plein air… ne restent pas assis… ne demeurent pas à l’endroit prescrit… ou ne mangent pas en une seule session”. Il s’enorgueillit de ses comportements et méprise les autres. Cela caractérise un homme médiocre.

Mais l’homme excellent, lui, réfléchit ainsi : “Ce n’est pas le fait de vivre dans la forêt… de se vêtir de rebuts… de se nourrir d’aumônes… de rester au pied d’un arbre… de demeurer dans un charnier… de vivre en plein air… de rester assis… de demeurer à l’endroit prescrit… ou de manger en une seule session, qui détruit la convoitise, qui détruit l’aversion, qui détruit la confusion. Même si on n’adopte aucun de ces comportements, c’est en avançant sur la voie adéquate, en progressant convenablement et en agissant en accord avec la méthode que l’on mérite les offrandes et les louanges”. Quand il a intériorisé cette démarche, il ne s’enorgueillit pas de ses comportements et ne méprise pas les autres. Voilà qui caractérise l’homme excellent.

« En outre, moines, quand un homme médiocre atteint… le premier jhâna… atteint le deuxième jhâna… atteint le troisième jhâna… atteint le quatrième jhâna… atteint le domaine de l’espace infini… atteint le domaine de la conscience infinie… atteint le domaine du néant… ou atteint le domaine sans perception ni non-perception, il réfléchit : “J’ai atteint le premier jhâna… le deuxième jhâna… le troisième jhâna… le quatrième jhâna… le domaine de l’espace infini… le domaine de la conscience infinie… le domaine du néant… ou le domaine sans perception ni non-perception ; mais ces autres moines n’ont pas atteint de telles réalisations”. Il s’enorgueillit de ce qu’il a réalisé et méprise les autres. Cela caractérise un homme médiocre.

Mais l’homme excellent, lui, réfléchit ainsi : “Le Seigneur a dit de ne pas ambitionner l’obtention du premier jhâna… du deuxième jhâna… du troisième jhâna… du quatrième jhâna… du domaine de l’espace infini… du domaine de la conscience infinie… du domaine du néant… et du domaine sans perception ni non-perception, car de quelque façon qu’on se les imagine, ils sont autrement”. Quand il a intériorisé cette absence d’ambition, il ne s’enorgueillit pas d’avoir atteint le premier jhâna… le deuxième jhâna… le troisième jhâna… le quatrième jhâna… le domaine de l’espace infini… le domaine de la conscience infinie… le domaine du néant… ou le domaine sans perception ni non-perception, et ne méprise pas les autres. Voilà qui caractérise l’homme excellent.

« En outre, moines, en transcendant complètement le domaine sans perception ni non-perception, l’homme excellent atteint l’Arrêt des perceptions et du ressenti, il y demeure, et quand il le regarde avec sagacité, les contaminations sont éradiquées. Et celui-là, moines, n’imagine (maññati) personne, n’imagine aucun endroit, n’imagine aucune façon. »


Ainsi parla le Seigneur.

Les moines furent satisfaits et se réjouirent des paroles du Seigneur.
"Sachant que la vie est courte, pourquoi vous quereller ?" Le Bouddha.

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