Eviter les pièges de la pensée.

Science et religion ne sont plus considérées comme incompatibles. The Daily Telegraph, Londres, 26 mai 1999.
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J'm'interroge

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Eviter les pièges de la pensée.

Ecrit le 27 oct. 2014, 18:54

Message par J'm'interroge

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Les biais cognitifs

Un biais cognitif est une forme de pensée qui met en oeuvre de manière systématique des distorsions dans le traitement de l'information. Ces biais, qui sont en général inconscients, peuvent conduire à des erreurs de perception, de raisonnement, d'évaluation, d'interprétation logique, de jugement, d'attention, etc., ainsi qu'à des comportements ou à des décisions inadaptées. L'étude de ces biais montre à quel point notre expérience du monde, nos pensées et nos comportements sont nettement moins libres qu'on ne l'imagine.

Vous trouverez ci-dessous un répertoire des biais cognitifs les plus courants, classés en quelques grandes catégories. Il n'est pas nécessaire, je pense, d'essayer de retenir les noms que leur ont donnés les spécialistes. Cependant, il me paraît important d'en connaître leurs descriptions pour pouvoir les repérer lorsqu'on y est confronté dans la vie de tous les jours.

Un piège doit pourtant être évité, c'est celui de détecter les biais cognitifs uniquement chez les autres sans percevoir ceux que l'on commet soi-même. "On voit la paille dans l'oeil de son voisin, mais pas la poutre dans le sien." Le minimum d'introspection qu'il est nécessaire d'entreprendre pour identifier nos propres biais nous sera alors profitable pour mieux comprendre certaines de nos erreurs passées et démasquer nos préjugés. Et au final, il y aura peut-être moins de conflits inutiles et le sentiment d'une plus grande liberté, celle de savoir éviter les traquenards, mais aussi de remettre en cause ses propres schémas de pensée.


Pierre Tourev, 31 decembre 2013


Les biais cognitifs


Biais de mémoire

Biais liés à la façon dont le cerveau mémorise puis restitue à la conscience les informations perçues par les sens.

Biais rétrospectif
Juger, a posteriori, qu'un événement était probable ou prévisible : "je le savais depuis le début".

Effet de simple exposition
L'exposition répétée à une personne ou à quelque chose augmente la probabilité d'avoir un sentiment positif envers elle. 

Effet de récence
Se souvenir plus facilement des dernières informations auxquelles on a été confronté.

Effet de primauté
On se souvient mieux des premiers éléments d'une liste mémorisée.
L'impression générale que l'on a de quelqu'un ou de quelque chose est influencée par la première information perçue.

Effet rebond
Plus on voudrait ne pas penser à quelque chose, plus on y pense.

Oubli de la fréquence de base
Oublier de tenir compte de la fréquence de base d'un événement lorsqu'on cherche à en évaluer la probabilité.

Négliger la taille de l'échantillon.

Ce biais peut aussi être classifié dans les biais liés aux lois statistiques


Biais de raisonnement

Biais de cadrage
La façon d'énoncer un problème influe sur la réponse.

Biais liés aux lois statistiques
Mal évaluer la probabilité d'une situation.

Illusion des séries
Percevoir à tort des coïncidences dans des données au hasard.
Sous-estimer la variabilité des évènements dans une série aléatoire.

Effet râteau
Considérer le hasard plus régulier qu'il ne l'est en réalité.

Biais de conjonction
Surestimer la probabilité d'apparition de deux évènements simultanément (conjonction) par rapport à la probabilité d'apparition de chacun d'entre eux.

Oubli de la fréquence de base
Oublier de tenir compte de la fréquence de base d'un événement lorsqu'on cherche à en évaluer la probabilité.

Négliger la taille de l'échantillon.

Biais de confirmation d'hypothèse
Privilégier les informations qui confortent des préjugés, des idées reçues, des convictions, des hypothèses.

Biais de représentativité
Fonder son jugement sur un nombre limité d'éléments que l'on considère comme représentatifs d'une population.

Biais de disponibilité
Privilégier et surestimer les informations immédiatement disponibles à la mémoire, en particulier lorsqu'elles sont stéréotypées.
"Si je pense à ça, alors c'est vrai ou c'est important."

Biais de négativité
Prendre davantage en compte les informations négatives que les positives.

Dissonance cognitive
Des informations qui nous concernent, simultanées et incompatibles entre elles provoquent un état de tension désagréable et incitent à rechercher l'état inverse de "consonance positive".

Biais d'appariement
Se focaliser sur des éléments cités dans l'énoncé d'un problème.

Perception sélective
Interpréter de manière sélective les informations perçues en fonction de notre propre expérience, de nos centres d'intérêt, de nos valeurs.

Problème de l'induction
Croire que le futur ressemblera au passé.

Les risques de la généralisation.

Biais de familiarité
Faire davantage confiance à ce que l'on connaît et croire qu'on le comprend mieux.

Réification du savoir
Considérer les connaissances comme des objets immuables et extérieurs.

Sophisme
Raisonnement séduisant, avec une apparence de vérité, mais incorrect et qui vise à tromper.


Biais de jugement

Effet d'ambiguïté
Tendance à éviter les options pour lesquelles nous manquons d'informations.

Biais d'ancrage
Influence de la première impression, de la première information.

Biais d'immunité à l'erreur
Penser qu'on ne peut pas se tromper.
Ne pas voir ses propres erreurs ou les minimiser.

Biais égocentrique
Surestimer sa contribution dans un groupe et s'attribuer plus de responsabilités que l'on a eues dans la réalité.

Effet de halo
Perception d'une personne, d'un groupe ou d'une chose influencée par l'opinion que l'on a préalablement pour son environnement ou pour l'une de ses caractéristiques.

Biais de confiance excessive
Tendance à surestimer ses connaissances, ses capacités physiques et intellectuelles, son jugement et son aptitude à prédire un évènement incertain.

Effet Dunning-Kruger
Les moins compétents surestiment leurs compétences et, inversement, les plus compétents les sous-estiment.

Illusion de savoir
Se fier à de mauvaises croyances face à la réalité sans chercher à recueillir d'autres informations.

Effet retour de flamme
Une croyance initiale est renforcée en présence de preuves pourtant contradictoires ou invalidantes.

Biais de stabilité
Considérer une information ou une référence chiffrée comme indiscutable et être persuadé qu'il ne faut pas s'en écarter.
"Cela ne s'est jamais produit, il n'y a aucune raison pour que cela se produise un jour !"

Biais d'autorité
Surévaluer la valeur de l'opinion d'une personne que l'on considère comme une autorité.
Craindre de contredire un expert ou un supérieur.

Effet de dotation
Attribuer plus de valeur à un bien qui nous appartient.

Illusion monétaire
Confondre une variation du niveau général des prix avec une variation des prix relatifs.

Illusion de contrôle
Etre persuadé de disposer d'un pouvoir de contrôle ou d'influence sur son environnement, en particulier sur des phénomènes aléatoires.

Effet de contraste
La perception d'une information est affectée par la perception d'une information de nature opposée produite antérieurement ou en même temps.


Biais de gestion de la réalité sociale

Biais d'attribution
Erreurs fréquentes apparaissant dans l'attribution d'un comportement ou d'un évènement à des causes.

Attribution causale: Façon d'attribuer, d'expliquer et de juger la responsabilité d'une situation, à soi-même ou aux autres.

Erreur fondamentale d'attribution
Sous-évaluer les causes externes (situations, évènements extérieurs) au profit des causes personnelles (dispositions personnelles, traits de personnalité, mérites).

Biais d'auto-complaisance
Croire que nos réussites sont dues à nos propres capacités et que nos échecs résultent de causes externes.

Biais acteur/observateur
Attribuer plus de poids aux explications externes (environnement) pour les succès des autres et internes (dispositions personnelles) pour leurs échecs.

Erreur d'attribution de responsabilité injustifiée
Blâmer les victimes d'un accident qui vient de leur arriver.

Erreur ultime d'attribution
Favoriser systématiquement son groupe d'appartenance lors de l'attribution causale, par rapport à un autre groupe.

Effet de faux consensus
Tendance à surestimer le nombre de personnes qui partagent nos opinions ou agissent comme nous.


Biais liés à la personnalité 

Biais culturel
Analyser, interpréter et juger les choses à travers le filtre de ses propres références culturelles.

Désir de consensus
Tendance des individus à aller dans le sens des décisions prises par le groupe.
"Quand tout le monde est d'accord, c'est suspect."

Effet de mode
Le phénomène des "moutons de Panurge"
Augmentation d'un comportement lorsque l'on sait qu'un grand nombre de personnes ont déjà ce comportement.

Biais de statu quo
La résistance au changement. Toute nouveauté est perçue comme engendrant plus de risques que d'avantages.

Biais linguistique
Influence des caractéristiques d'une langue sur les processus mentaux relatifs à la connaissance.

Effet Barnum
Le stratagème des astrologues, numérologues et autres voyants.
Considérer une description générale et floue de traits de personnalité comme s'appliquant à soi-même.

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Sources
Les descriptions de biais cognitifs résultent de la compilation et de la synthèse de plusieurs sources issues d'Internet, entre 5 et 10 sources différentes pour chacune d'entre elles. Les quelques citations qu'on y trouve sont de couleur mauve.

Parmi ces sources, en voici quelques-unes qui dressent un panorama général de l'ensemble des biais cognitifs : 
wikipedia.org : Biais cognitif
remy-reichhart.olympe.in : Les biais cognitifs
ericlafon.eu : Ces biais qui nous gouvernent
blog.wikimemoires.com : Les biais cognitifs - Les principaux biais comportementaux
ruccs.rutgers.edu : L'homme est-il un animal rationnel ?
capital.fr : Déjouez les pièges que vous tend votre cerveau
eclectic.eklablog.com : Lecture, Petite Philosophie de nos erreurs quotidiennes
podcastscience.fm : Dossier: les biais cognitifs
books.google.fr : Arrêtez de vous tromper ! 52 erreurs de jugement qu'il vaut mieux laisser aux autres...
en.wikipedia.org : List of cognitive biases

http://www.toupie.org/Biais/index.html

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Modifié en dernier par J'm'interroge le 28 oct. 2014, 06:42, modifié 1 fois.
  • UNE INTELLIGENCE OU CONSCIENCE NÉCESSITE UN ORDRE STRUCTURAL, MAIS L'INVERSE N'EST PAS VRAI.

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Re: Eviter les pièges de la pensée.

Ecrit le 27 oct. 2014, 21:39

Message par indian

''Pas mal biaisé notre affaire finalement'' :wink:
Unir l'humanité. Un seul Dieu. Les grandes religions de Dieu. Femmes, hommes sont égaux. Tous les préjugés sont destructeurs et doivent être abandonnés. Chercher la vérité par nous-mêmes. La science et la religion en harmonie. Nos problèmes économiques sont liés à des problèmes spirituels. La famille et son unité sont très importantes.

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Re: Eviter les pièges de la pensée.

Ecrit le 28 oct. 2014, 01:55

Message par Estrabolio

Bonjour J'M'interroge et merci pour ce fil :)
Bonne journée,
Pierre

J'm'interroge

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Re: Eviter les pièges de la pensée.

Ecrit le 28 oct. 2014, 11:04

Message par J'm'interroge

7839 lectures. Publié le 15 October 2013 par Alexis Mandre dans la catégorie Biais Cognitif, Cognition.
http://homofabulus.com/


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Le biais de confirmation

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Imaginons que j’aie en tête une règle pour générer des triplets de nombre. Je vous demande d’essayer de deviner cette règle en proposant vous-même des triplets, sachant qu’un des triplets que peut générer cette règle est (2,4,6). Une des règles possibles qui peut vous venir à l’esprit est : “trois nombres pairs en ordre ascendant”. Vous pourriez donc proposer le triplet (8,10,12) pour essayer de tester la règle. Et c’est ce que font la majorité des gens testés : ils utilisent une stratégie dite de “test positif” pour découvrir la règle, c’est à dire qu’ils vont proposer des triplets qui confirment leur règle plutôt que des triplets qui pourraient l’infirmer.

Ce genre de résultats est souvent utilisé pour démontrer l’existence d’un “biais de confirmation” chez l’Homme, c’est à dire un manque de recherche d’arguments ou de preuves qui iraient à l’encontre de ce que nous croyons déjà. En soi ce n’est pas faux, mais je voudrais insister sur le fait que dans la tâche présentée ci-dessus, il ne s’agit pas d’un biais de raisonnement, tout simplement car il n’y a pas de raisonnement impliqué. Lorsqu’ils effectuent cette tâche, les gens utilisent simplement leurs intuitions, utilisant ce qu’on appelle une “heuristique” en psychologie du raisonnement, c’est à dire un “chemin de pensée” pré-tracé qui ne demande pas de réflexion particulière, une règle simple et efficace que l’on applique sans en avoir conscience.

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Heuristique:

Comment cherchez-vous vos clés de voiture ?

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Et dans la vie de tous les jours, ces heuristiques fonctionnent très bien généralement et ne constituent donc pas vraiment des erreurs ! Imaginons que vous pensez que vos clés sont dans votre chambre parce que vous vous rappelez les avoir mises là en dernier. Quelques heures passent, et vous devez maintenant récupérer vos clés. En principe, elles pourraient maintenant être n’importe où dans votre maison, car quelqu’un pourrait les avoir changées de place. Mais ça serait stupide de commencer par aller vérifier dans la cuisine, la salle de bains, le salon, avant d’aller vérifier dans la chambre ! Si vos clés ne se trouvent pas dans la cuisine, vous n’êtes pas plus avancés pour savoir si votre croyance, que les clés sont dans la chambre, est vraie ou fausse. Bref, utiliser une stratégie de “test positif” se révèle très efficace dans la vie de tous les jours, et avoir confiance en ses croyances n’a pas à être présenté comme un biais de raisonnement. Ce n’est qu’au laboratoire, confronté à l’expérience démoniaque du psychologue machiavélique, que ces heuristiques s’avèrent être mauvaises pour la bonne réalisation de la tâche.

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Le test de Wason

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La même interprétation pourrait être faite d’une autre expérience célèbre en psychologie du raisonnement : la tâche de sélection de Wason (la tâche ci-dessus de découverte de règle avait aussi été popularisée par le même Wason pour la petite histoire). Imaginons que je pose quatre cartes devant vous sur la table portant sur une face des lettres, et sur l’autre face des chiffres. Vous avez par exemple devant vous quatre cartes affichant 4, E, 7 et K. Quelles cartes devez-vous retourner pour vérifier que la règle “S’il y a une voyelle d’un côté d’une carte, alors il y a un nombre pair de l’autre” est vraie ?

Image

Quelles cartes devez-vous retourner pour vérifier que la règle “S’il y a une voyelle d’un côté d’une carte, alors il y a un nombre pair de l’autre” est vraie ? (en retournant le minimum de cartes bien sûr)

C’est une tâche très difficile : les gens ont généralement tendance à retourner la carte comportant le E, et la carte comportant le 4. Alors que la bonne réponse est de retourner le E et le 7. En effet, la règle ne dit pas que derrière un nombre pair il doit forcément y avoir une voyelle, retourner le 4 ne sert donc à rien ! Plus exactement, retourner le 4 permet de confirmer la règle mais pas de l’infirmer. C’est ce qui pousse les gens à dire que cette tâche montre l’existence d’un biais de confirmation chez l’Homme, mais cette expérience à elle seule ne suffit pas !

En effet, il suffit d’observer que la simple addition d’une négation dans la règle (“S’il y a une voyelle d’un côté de la carte, alors il n’y a PAS de nombre pair de l’autre côté” au lieu de “S’il y a une voyelle d’un côté de la carte, alors il y A un nombre pair de l’autre côté”) ne change pas les réponses des gens ! Les gens sélectionnent toujours le E et le 4, mais le E et le 4 sont cette fois-ci les réponses correctes de la tâche, c’est à dire les réponses falsifiantes, qui permettent d’infirmer la règle et non de la confirmer ! Si on suppose que la tâche de Wason permet de montrer l’existence d’un quelconque biais de raisonnement, le biais peut autant être de confirmation que de falsification.

L’interprétation la plus acceptée de ces “mauvais” résultats sur la tâche de Wason classique est qu’une fois de plus, les gens utilisent des heuristiques, c’est à dire leurs intuitions pour résoudre cette tâche. Par exemple, dans le monde réel, il est souvent pertinent d’interpréter une règle telle que “Si P alors Q” (avec P et Q étant des propositions quelconques) comme voulant dire non seulement “Si P alors Q” mais également “Si Q alors P”. Autrement dit, on interprète souvent ces règles conditionnelles de façon biconditionnelle, et on suppose que la règle veut dire en fait que P et Q sont toujours là en même temps. Par exemple, si vous apprenez que “Si quelqu’un gagne beaucoup d’argent alors il peut s’acheter une Ferrari”, vous pouvez faire l’association “beaucoup d’argent = Ferrari” mais aussi “Ferrari = beaucoup d’argent”. Dans la vie de tous les jours, c’est vrai dans 99% des cas, même si le raisonnement en lui-même est faux ! Ce genre d’heuristiques pourrait donc expliquer les résultats de la tâche de Wason.

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Le véritable biais de confirmation

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Cela dit, je ne fais pas cet article pour dire qu’il n’existe pas de biais de confirmation chez l’Homme : au contraire, ce biais existe bien mais ne se situe pas à ce niveau. Le biais est visible dans un second temps quand on demande aux gens de justifier la réponse (intuitive) initiale qu’ils ont apportée : ils raisonnent alors non pas pour évaluer impartialement et éventuellement corriger leur réponse, mais simplement pour la justifier ! La même chose se produit dans la première tâche présentée, la tâche de devinette de la règle par proposition de triplets : même quand les sujets ont pour consigne de falsifier leur réponse, moins d’un sur dix est capable de le faire ! Nous avons ici affaire à un réel biais de raisonnement : “une recherche ou interprétation de preuves ne se faisant pas de façon impartiale mais étant assujettie aux croyances, attentes ou hypothèses sous-jacentes du sujet”.

Et ce biais de confirmation n’est pas restreint à ces deux expériences de psychologie ! C’est un biais omni-présent dans notre vie de tous les jours. On a accusé le biais de confirmation d’être à l’origine du conservatisme dans la science, du fiasco de la baie aux cochons, de la catastrophe de Challenger ! Mais vous-même, prenez un peu de recul lors d’une prochaine discussion de fin de repas, vous verrez que les gens sont extrêmement sélectifs dans les arguments qu’ils utilisent, pas du tout à la recherche de la vérité, uniquement en train d’essayer de sauver leurs positions !

Terminons sur une note positive : il est parfaitement possible de tirer profit de ce biais de confirmation en le transformant en outil de division du travail cognitif! Quand un groupe d’individus est à la recherche de la meilleure solution à un problème par exemple, il sera bien plus efficace que chaque individu cherche des arguments en faveur d’une hypothèse précise plutôt que tout le monde réfléchisse en même temps à l’efficacité de toutes les solutions. Puis chaque individu exposera pourquoi sa solution est la meilleure, étant évidemment partiel à cause du biais de confirmation, mais, si chacun effectue ce travail, et si les individus sont sensibles aux bons arguments (et des expériences montrent qu’ils le sont généralement), alors la recherche de la vérité s’en trouvera simplifiée ! Quand la tâche de Wason est effectuée en solo, le taux de bonne réponse est uniquement de 10 %. Alors que quand cette tâche est effectuée en groupe, on obtient un taux de 80 % de bonnes réponses!
Les implications pour l’éducation sont nombreuses : et si on arrêtait par exemple de faire travailler les élèves sur des copies individuelles, mais qu’on les faisait plutôt chercher des solutions en groupe ? A condition que chacun dans le groupe défende une solution précise, le biais de confirmation devrait faciliter la production d’arguments et donc au final la résolution du problème.

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À retenir:

Le raisonnement humain n'est pas impartial, mais biaisé par un "biais de confirmation" !

Le biais de confirmation consiste à ne pas voir ni chercher d'arguments qui vont à l'encontre de nos croyances, mais à se focaliser sur ceux qui confirment ce que l'on pense déjà
.


.........................................................................................................................................

Pour approfondir...

Biais de confirmation et raisonnement motivé semblent être identifiés de façon indépendante dans la littérature en psychologie du raisonnement. La différence entre les deux me paraît néanmoins très subtile. Le biais de confirmation, comme nous l'avons vu, est défini comme "une recherche ou interprétation de preuves ne se faisant pas de façon impartiale mais étant assujettie aux croyances, attentes ou hypothèses sous-jacentes du sujet". Le raisonnement motivé est défini comme la tendance à vouloir trouver des raisons à ce que l'on pense, des justifications à nos croyances. En soi, peut-être que le raisonnement motivé n'est donc pas biaisé à la base, même s'il produit certains biais, de mémoire sélective par exemple.
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Re: Eviter les pièges de la pensée.

Ecrit le 28 oct. 2014, 11:58

Message par pierrem333

C’est quoi le contraire de Sophisme ?
L’HommeS est actuellement dans l’égarement à 99% Dieu n'a jamais perdu le contrôle de sa création. Le jour où l’Homme va découvrir le stratagème des démons de nous pousser toujours dans la mauvaise direction ils vont être enchainés pour mille ans. Parce qu’ils n'auront plus de pouvoir sur nous. :Bye:

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Re: Eviter les pièges de la pensée.

Ecrit le 28 oct. 2014, 12:00

Message par J'm'interroge

C'est raisonnement vrai.
  • UNE INTELLIGENCE OU CONSCIENCE NÉCESSITE UN ORDRE STRUCTURAL, MAIS L'INVERSE N'EST PAS VRAI.

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Re: Eviter les pièges de la pensée.

Ecrit le 28 oct. 2014, 12:51

Message par pierrem333

Sophisme
Raisonnement séduisant, avec une apparence de vérité, mais incorrect et qui vise à tromper.

le contraire de Sophisme
Raisonnement biscornu avec une apparence d’invention, mais correct et qui vise à démystifier.lol
L’HommeS est actuellement dans l’égarement à 99% Dieu n'a jamais perdu le contrôle de sa création. Le jour où l’Homme va découvrir le stratagème des démons de nous pousser toujours dans la mauvaise direction ils vont être enchainés pour mille ans. Parce qu’ils n'auront plus de pouvoir sur nous. :Bye:

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Re: Eviter les pièges de la pensée.

Ecrit le 28 oct. 2014, 14:56

Message par Estrabolio

Mais la solution n'est elle pas tout simplement la modestie ?
Le fait d'être conscient que nous ne sommes pas parfaits, que nous nous trompons sur bien des choses ou, tout simplement, comme le disait Gabin à la fin de sa chanson "Je sais" "Maintenant JE SAIS, JE SAIS QU'ON NE SAIT JAMAIS !".
Le fait d'être autodidacte est peut être un avantage car l'autodidacte a toujours l'impression d'avoir quelque chose à apprendre, à comprendre mais c'est mon avis personnel.
Perso, je trouve ça formidable cette capacité qu'a l'humain de pouvoir tout mettre en cause, repartir de 0 son raisonnement

J'm'interroge

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Re: Eviter les pièges de la pensée.

Ecrit le 28 oct. 2014, 15:33

Message par J'm'interroge

---> (y)
  • UNE INTELLIGENCE OU CONSCIENCE NÉCESSITE UN ORDRE STRUCTURAL, MAIS L'INVERSE N'EST PAS VRAI.

    TOUT APPARAÎTRE LIÉ, TOUTE COMPRÉHENSION-CONCEPTION, NÉCESSITE UN ORDRE EN SOI LES PERMETTANT.

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ultrafiltre


Re: Eviter les pièges de la pensée.

Ecrit le 16 avr. 2015, 07:05

Message par ultrafiltre

je fais remonter ce fil car j'avais oublié de réfléchir dessus

encore merci JMI et n'hesite pas à me le balancer à la figure de temps à autre (j'ai du mal à l'ingérer) ...

au final pour moi c'est pas évident mais c'est hyper utile ton fil

J'm'interroge

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Re: Eviter les pièges de la pensée.

Ecrit le 24 févr. 2018, 18:02

Message par J'm'interroge

  • UNE INTELLIGENCE OU CONSCIENCE NÉCESSITE UN ORDRE STRUCTURAL, MAIS L'INVERSE N'EST PAS VRAI.

    TOUT APPARAÎTRE LIÉ, TOUTE COMPRÉHENSION-CONCEPTION, NÉCESSITE UN ORDRE EN SOI LES PERMETTANT.

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